‹ De Paris au SoudanChapitre 8 sur 112 · LE CHEMIN DE FER DU HAUT-FLEUVE · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE FER DU HAUT-FLEUVE

» situé à 12 kilomètres en aval de Médine, sur un sol insa- » lubre de la rive gauche ; les travaux commencèrent en » 1881 et furent continués pendant trois campagnes : mais » l'écart considérable que la dépense offrît avec les pre- » miers devis, la mortalité des ouvriers italiens et marc- » cains, qui, d'après les documents officiels, s'éleva au » quart de l'effectif, et par dessus tout la certitude, désor- » mais acquise en France, que l'œuvre avait été mal com- » mencée, firent interrompre l'entreprise. Le chemin de fer » de Kayes est terminé sur une longueur de 63 kilomètres, » jusqu'au-delà de Diarmou et sert à l'occasion pour le » transport des troupes et des approvisionnements. Au- » delà, la plate-forme est achevée sur une distance moin- » dre et, plus loin, la ligne du tracé est partiellement » débroussaillée jusqu'à Bafoulabé, au confluent du Baflng » et du Bakhoy (1). »

Devant le scandale de cette entreprise, les frais ont été arrêtés. Va-t-on recommencer la même école ? J'espère que le bons sens français s'y refusera. Que l'on étende la zone soumise à la France dans l'Afrique occidentale, que l'on construise progressivement et économiquement un chemin (le fer de la Sénégambie au Soudan : c'est bien. Mais qu'on prétende ouvrir toute l'Afrique centrale au commerce français par cette artère nouvelle, en utilisant la navigation du Sénégal : c'est incompréhensible.

Les conditions de navigabilité de ce fleuve sont en effet des plus défectueuses. Sur ce point, les renseignements fournis par M. Ernest Fallot, Membre de la Société de Géographie de Marseille, sont très exacts quand il dit :

« Si un chemin de fer entre Kayes et la côte n'offre actu- » ellement aucune utilité, il est d'une extrême urgence » d'améliorer le cours du Sénégal. Peut-être même eut-il » été plus sage d'exécuter ces travaux indispensables avant » de se lancer dans le Soudan. Les navires qui peuvent » franchir la barre remontent toute l'année jusqu'au Mafou » à 60 kilomètres au-dessus de Podor ; du 15 juillet au » l*** novembre ils peuvent atteindre Bakel ; du l*''* août au » l*' octobre ils remontent jusqu'à Médine \ passé le 15 » novembre le barrage de Mafou devient infranchissable.

(4 ) Elisée Reclus* Nouvelle Ôèographie VntverseUe. t, Xtl. Afrique occidentale^ p. 244.

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