‹ De Paris au SoudanChapitre 9 sur 112 · LE CHEMIN DE FER DU HAUT-FLEUVE · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE FER DU HAUT-FLEUVE

» Ces dates n'ont d'ailleurs rien de strictement exact; elles » varient chaque année de quelques jours suivant l'intensité » de la crue. Pendant toute la saison sèche les chalands » qui ne calent pas plus de 30 centimètres à vide, se ren- » dent à Bakel en aécharçent leurs marchandises au pied » des barrages qu'ils franchissent sur des rouleaux à force » de bras. On comprend les entraves que cet état de choses » apporte au commerce. Au point de vue politique il devient » un sujet de graves préoccupations depuis que le Soudan » est occupé par nos troupes, qui se trouvent une grande B partie de l'année presque entièrement séparées du reste » du monde et éloignées de tout secours en cas de soulè- » vement. Une semblable situation pourrait amener de » sérieuses complications. On n'a pas oublié, en effet, que » lors du siège de Médine, l'héroïsme de Paul Holle aurait » été vain, si la crue du fleuve s'était fait attendre seule- » ment quelques jours de plus. Il faut chercher sans plus » tarder à améliorer la navigation du Sénégal pendant la » saison sèche. Malgré les études de MM. Braouëzec (1) et » Parchappe (1860), Cazet et Touchard (1862), Aube et Dor- » lodot des Essarts (1878), les avis sont encore partagés » sur les moyens à employer (2). Les uns proposent de » creuser à la drague des' chenaux dans les principaux

(4) « Au commencement de .l'année 1860, au plus fort de la saison sèche^ une » expédition se fit de St~Louis à Bakel, par la voie du fleuve, pour en constater » exactement le régime et dresser le plan des passages les plus dangereux. Les » chalands employés par M. Braouëzec^ n'avaient, avec leur cargaison, qu'un » tirant de 60 centimètres; déchargés, ils ne s'enfonçaient dans Teau que de 35

> centimètres, et pourtant il fallut les traîner trente-cinq fois sur des fonds inégaux 9 de sable et de rocher, où l'eau offrait une épaisseur de quelques décimètres » seulement : sur un des seuils, le tilet d'eau n'était que de ô centimètres. On

> employa quatorze jours de travail pour haler les chalands sur les racles de »- Verma, à une petite distance en aval de Bakel : le voyage entier dura 79 jours. » Braouëzec. Revue Maritime et Coloniale, janvier-février 1861.

(3) c Si, dans la partie inférieure de son cours, le Sénégal offre plus de pro- A fondeur et se laisse remonter par les petits bateaux à vapeur jusqu'à Mafou, en s amont de Podor, soit à 350 kilomètres de son embouchure, c'est que la marée

> vient soutenir le courant fluvial. Le bas Sénégal se change en estuaire. L'eau » douce^ plus légère, glisse à la surface, tandis que le flot marin, plus pesant, suit » le fond du lit et gagne vers l'amont. A mesure que se prolonge la sécheresse, la » teneur saline de la masse liquide s'accroît et le flux de marée, d'abord simple i refoulement des eaux douces, finit par amener le sel dans tout le lit inférieur » jusqu'à 75 kilomètres de l'embouchure. Le débit du Sénégal pendant la période » des maigres est évalué seulement à 50 mètres cubes par seconde. » Elisée Beclus, Nouvelle Géographie Universelle. T. XII. Afrique occidentale, p. 18%

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