SECTION D'EL-GOLÉA A IN-SALAH
peu abondante. Il pousse là quelques gommiers absaq ^cacia arabica) et tamat (acacia cavenia) avec un peu de fourrage.
Sur un versant de la gara (sing. de gour) de l'Ouest, iaillit une source salée, Aln-el-Malha, qui serait la tête de rOued-Farès-oum-Ellil ou Irès-Mallen, par la vallée duquel la ligne peut redescendre sur le versant méridional du Tadmaït.
Après une trentaine de kilomètres de descente, sur un terrain facile, au milieu de bouquets de gommiers absaq et tamat, à travers des pâturages d'arassou (calligonum camosum) et de touUoult (aristida pungens), la voie ferrée sera posée sur un terrain plat et uni. La vallée, s'élargissant toujours, la route à suivre passe à Ibenkar-Irès-Mallen où il y a de Teau d'assez mauvaise qualité dans des ibenkar (sing. abenkour, cuvette à fond d'argile ou de roche, retenant plus ou moins longtemps les eaux de pluie). Le bois n'y fait pas défaut et se compose d'azour (en arabe fersigue, variété de tamarix gallica), de gommiers absaq (acacia arabica) et d'ethel (tamarix articulata) qui atteignent de grandes proportions. Comme pâturages, il y a du toulloult (aristida pungens), de l'afezzou (scabiosa camelorum), de l'askaf (variété de baguel, anabasis articulata), de l'arassou (calligonum camosum) et du ftezzan (en arabe chebreg, zilla macroptera).
Sortant alors de l'Oued-Irès-Mallen et contournant les assises inférieures et largement établies d'un contrefort du Tadmaït, la voie ferrée entrera, sans peine ,dans la vallée de l'Oued-Moungar à Hassi-el-Moungar (24 kilom.) où il y a beaucoup d'eau excellente fournie par un puits profond de 7 mètres environ, autour duquel les gommiers absaq et le toulloult abondent. De là, toujours en plaine, elle gagnera Foggaret-6z-2Soua (38 kilom.), où il y a de l'eau à profusion et très bonne, des arbres et des pâturages en abondance.
Foggaret-ez-Zoua fait, comme In-Salan, partie du Tidikelt; avec le district qui en dépend et le groupe d'Igosten, cette réunion d'oasis compte 2.300 âmes et 100.000 palmiers.
De Foggaret-ez-Zoua au Hassi-Djedid (12 kilom.) la ligne continuera à longer le pied du gradin méridional du Tadmaït, laissant au Sud, à huit kilomètres environ, Foggaretel-Arab ou Foggaret-Ouled-Badjouda, groupe d'oasis dépendant d'In-Salah, avec 150 habitants et 30.000 palmiers.
Restent 38 kilomètres pour arriver à In-Salah, métropole du Tidikelt, centre de rayonnement du commerce saharien; une des plus grandes gares à prévoir.
Résumé du parcours du Hassûlnilel à Jn-Salah
Hassi-Inifel — Daya-Delaat-Bakha 50 kilom.
Daya-Delaat-Bakha — Aïssa-ou-Mbella 23 —
Aïssa-ou-Mbella — Oaed-Aghrid 44 —
Oued-Aghrid — Hassi-In-Sokki 28 ' —
Hassi-lD-Sokki — Oued-Akaïki 42 —
Oued-Akaïki — Aïn-el-Malha 30 —
Aïn-el-Malha — Irès-Mallen 30 —
Irès-Mallen — Ibenkar-Irès-Mallen 12 —
Ibenkar-Irès-Mallen — Hassi-el-Moungar 24 —
Hassi-el-Moungar — Fog^aret-ez-Zoua 38 —
Foggaret-ez-Zoua — Hassi-Djedid i 2 —
Hassi-Djedid — In-Salah 38 —
Total da parcours 373 kilom.
4* SECTION — DMN-SALAH A UADRAR-AHNET, 487 KILOM.
Cette section se divise elle-même en deux parties :
1'« Partie — D'In-Salah a Akabli i08 kilom.
2» — — D' Akabli A l'Adrar-Ahnet 379 —
Longueur totale de la V section 487 kilom.
En quittant In-Salah, la voie ferrée suivra encore le pied méridional des plateaux jusqu'à Tit, sons les hauteurs d'EI-Kreib. Piquant ensuite au Sud, elle dépassera Akabli et (liera en plaine d'abord boisée, puis stérile, jusqu'aux premières ondulations de TAdrar ou Baten-Ahnet. Recoupant alors et suivant pinsieurs petites vallées, le Transsaharien s'engagera dans un long couloir en s'appuya nt sur le versant occidental de l'Adrar-Ahnet, jusqu'à l'extrémité Sud de ce massif boisé et bien pourvu d'eau.
La section d'In-Salah à T Ahnet une fois ouverte à la circulation des trains, soldats et voyageurs seront à quelques journées de marche des points de culture les plus importants du Anaggar (Djebel-Hoggar). Il ne restera qu'à occuper solidement un point stratégique pour entraîner la soumission d'une fraction importante des Touareg de TOuest. A ce moment, il est très probable que les caravanes du Soudan commenceront à converger vers la tête de ligue de la voie ferrée.
D'In-Salah à Akabli, la construction du chemin de fer provisoire, sur un terrain uni, ne présentera aucune difïiculté d'exécution. D'Akabli à l'Adrar-Ahnet, sauf une petite chebka (plateau raviné), on ne rencontrera aucun accident de terrain capable d'entraver la pose rapide des rails.
J'ai préféré la direction Akabli, Adrar-Ahnet, Silet, à la direction Tadjemout (Mouydir), Tahela-Ohat, In-Amediel, Tit^ Abalassa, Silet. Le motif en est que la première dessert tout le Ticlikelt, passe à portée du Touat et suit un passage facile et abondamment pourvu d'eau. La seconde au contraire laisserait le Tidikelt à l'Ouest, puis trouverait, dans la traversée du Mouyxlir et sur les contreforts du Djebel-Hoggar, des difficultés de constructioD considérables.
V* Partie— D'In-Salah a Akabli, 108 kilom.
Les oasis d'In-Salah bien arrosées, avec 3,400 habitants et 230.000 palmiers, sont au nombre de douze et se développent h l'Est d'une grande Sebkha (lac saléj, que la route à suivre contourne au Nord. Celte route se dirige en plaine vers l'Ouest, sur un terrain facile, en rencontrant l'Aïn-Sissa, source que signale un palmier très élevé ; l'eau en est abondante mais saumàtre. Plus loin, l'Aïn-Tokbara, autre source aujourd'hui tarie.
A Inghar ou Meliana (52 kilom.) l'eau de bonne qualité abonde. Le groupe comprend 7 ksour, avec 3,000 habitants et 140,000 palmiers. Inghar est une des étapes obligées des caravanes qui, du Touat, se rendent à In-Salah, Rhadamès (Ghadamès) et Rhat (Ghat).
Toujours en plaine et sur un terrain solide, la li^ne laissera successivement à l'Ouest, l'Aïn-Cheikh, fontaine dont l'eau est bonne. Deux petits groupes de palmiers et quelques maisons sont à proximité de cette fontaine. Plus loin, l'Aïn-Milok, source de médiocre qualité où il n'y a ni habitants ni palmiers.
En plaine encore, la voie ferrée rencontrera Tit (38 kilom.) où l'eau est abondante et de très bonne qualité. C'est un village de marabouts, de l'ordre de Mouley-Taïeb, qui compte 1.500 habitants et 30.000 palmiers. Dans cette oasis, d après les indigènes, les jardins renferment des vignes, des figuiers et des grenadiers comme on n'en voit nulle part.
En allant vers Akabli (18 kilom), la route suit une direction Sud-Ouest, sur un terrain plat. On appelle Akabli un faisceau d'oasis où il y a de l'eau courante de boime qualité à profusion et qui compte 5,500 habitants répartis en sept groupes : Zaouiet-Cheikh-bou-Naâma, Gasbet-Sidel-Abed, El-Mansour, Casbet-Ould-Zenan, Erg-Chach, Sahel, Athram. On estime à 220,000 le nombre des palmiers de ce district.
A une cinquantaine de kilomètres du tracé projeté, s'étend l'Aoulef, où il y a toujours de l'eau courante excellente. Ce district se divise en deux groupes distincts : celui d'Aoulef-ech-Chorfa, comprenant 9 ksour habités surtout par des marabouts, et celui d'Aoulef-el-Arab comprenant
SECTION D'IN-SALAH A L'ADRAR-AHNET 181
10 ksour habités par des Arabes de la tribu des Ouled- Zenan. Ces derniers, suivant la coutume à peu près générale du Tidikelt, s'habillent comme les Touareg dont ils ont adopté en partie les mœurs et le langage :
Résumé du parcours d'In-Salah à Akabli
In-Salah — Inghar 52 kilom.
Inghar — Tit 38 —
Tit— Akabli iS —
Parcours total 108 kilom.
2« Partie — D* Akabli a l'Adrar-Ahnet, 379 KaoM.
Prenant la direction du Sud, la route à suivre entre dans une forêt de zeita (limoniastrum guyonianum) ; elle fait 20 kilomètres en plaine, partie sablonneuse et partie caillouteuse, et passe près a'Aïn-Terga, source assez abondante mais saumàtre. Elle laisse ainsi, à une douzaine de kilomètres sur la droite, TOglat-el-R'aba, où les puits, nombreux et toujours pourvus d'eau, n'ont qu'une brasse de profondeur et sont souvent ensablés. Dans ce cas, on les recreuse. Il y a là un bois de dattiers.
Toujours en forêt, la ligne atteint Ahrat (6 kilom.) où il n'y a pas d'eau. On trouve toutefois, à quatre kilomètres environ sur la droite, l'Aïn-Baba-Ahmed, source d'eau courante mais un peu saumàtre.
La forêt de zeita continue jusqu'à In-Tounès (28 kilom.), sans eau, avec des boisements d'azour (en arabe fersiçue, variété de tamarix gallica). Puis la ligne, quittant la plame, pénétrera dans les bas-fond d'une chebka à la sortie de laquelle s'ouvre une longue dépression entre des hauteurs, jusqu'à Tiir'echDumine (32 kilom ). A l'Ouest et à une vingtaine de kilomètres, s'étend une plaine où le sel brille au soleil. L'eau de Tir'echoumine est très abondante mais saumàtre : on la trouve à 1 m. 70 de profondeur environ. Il y a là aussi des azour en grande quantité.
La route directe des caravanes de Tin-Bektou continue
droit au Sud, tandis que la voie ferrée s'infléchissant vers le Sud-Est, se dirigera vers TAdrar-Ahnet. Passant par une plaine unie et sans eau, à Tilingouma (25 kiloui.) elle atteindra la vallée de rOued-In-Ar1al, où il y a quelques gomnniers absaq (acacia arabica) et un peu de toulloult (aristida pun-
§ens). Les deux puits de In-Arlal (22 kilom.) sont d'un faible ébit et ont environ 4 m. 25 de profondeur. Mais Teau est de bonne qualité.
Entre Tir'echoumine et In-Ar'lal, au lieu de passer par Tilingouma qui n'a point dVau, on pourrait faire un détour parla source très petite mais constante de Moui-Gueddenou, sortant du pied d un kef (b(u*ge abrupte) d'une dizaine de mètres de hauteur.
Quittant la vallée d'In-Ar'Ial et franchissant la plaine unie de Tiguentfup (27 kilom.), la ligne arrivera dans la vallée de rOued-Tadr'emt (28 kilom.), sans eau. Tournant à l'Est, elle remontera la vallée de l'Oued-Tar'djerdja où il n'y a pas d'arbres, mais assez de paturoges de tahar (cornulaca monacantha) et de toulloult (aristida pungens), pour gagner Tar'djerdja (30 kilom.), lac considérable toujours pourvu d'eau excellente, sur les bords duquel poussent l'ethel (tamarix articulata) et l'azour (variété de tamarix gallica) et où le toulloult est abondant.
Traversant les berges d(î l'Oued-Tar'djerdja et remontant insensiblement vers le Sud, une vallée secondaire ô l'Est du })lateau de l'Acedjeradh, on trouvera Seggaflh (25 kilom.) à 'Est duquel, distant de 3 kilom. environ, dans un ravin du Djebel-Tar'it, est situé le puits de Tikeddabatin. Ce puits donne une eau abondante et bonne à une profondeur de 3 m. 50 environ. Il n'y a pas d'arbres mais seulement des pâturages de toulloult (aristida pungens).
Remontant toujours, par une pente légère, la vallée entre TAcedjerah à l'Ouest et le Djebel-Tar'it à l'Est, la route à suivre
Sasse à Ahadjerine (27 kilom.), sans eau, avec quelques bois e gommiers tamat (acacia caveniaj et un peu de toulloult (aristida pungens). Dans la vallée se dresse à l'Ouest, le Djebel-Zrak.
Puis tournant à l'Est, franchissant un col peu élevé entre le Djebel-Tar'it et le Djebel-Tar'aït, qu'elle laisse à sa droite, la route descend dans la vallée de TOued-Amdja où on rencontre les premières autruches. Elle reprend la direction du Sud à Adjelmam-Tamada (25 kilom.) où il y a un étang renfermant une eau bonne et abondante.
SECTION D'IN-SALAH A L'ADRAR-AHNET 183
La route remonte une belle vallée remplie de bouquets de gommiers absaq (acacia arabica) et tamat (acacia cavenia) ainsi que d'ethel (tamarix articulata).
Par un terrain uni et facile, la voie ferrée suivra le bord de la rivière qui ne coule qu'après les pluies et qui reçoit à l'Est, du massif montagneux de FAdrar-Ahnet, les affluents nommés Oued-In-Terdja, Oued-Anadjou et Oued-Tin-Adhar.
A Koussab (40 kilomètres), il y a un puits de 3 m. 25 environ, donnant une eau un peu saumâtre mais abondante. C'est à cet endroit que débouchent à l'Est, dans rOued-Amdja, les gorges grandioses, percées par l'Oued- Tegoulgoulet dans la montagne d'Ahnet. De tous côtés poussent l'absaq, le tamat et l'ethel.
De Koussab à Adjelmam-Aneflodjen (38 kilom.)^ la vallée est très boisée ; à gauche, se dressent les flancs escarpés et tachetés de plaques verdoyantes du curieux et important massif montagneux de l'Adrar-Ahnet. Les gommiers deviennent de plus en plus beaux et nombreux.
Le lac d'AnefTodjen, bien pourvu d'eau, est sur la rive droite de l'Oued-Amdja, au pied de l'Adrar-Ahnet et à peu près en face de l'extrémité Nord-Est de l'Allous-Aneffbdjen. immense dune de sable à arête tranchante, située sur le plateau, à l'Ouest de la vallée.
Résumé du parcours d'Akabli à VAdrar-Ahnet
Akabli -^ Aïn-Terga 20 kilom.
AÏD-Terga — Ahrat 6 —
Ahrat — In-Toanès 28 —
In-Tounès — Tir'echoumine 32 —
Tir'echoumine — Tilincouma 25 —
Tilingouma — In-Ar1al 22 —
In-Ar'lal — Tiguentar 27 —
Tigueotar — Oued-Tadr'emt 28 —
Oued-Tadr'emt — Tar'djerdja 36 —
Tar'djerdja — Seggafih 25 —
Seggafih — Ahadjerine 27 —
Aharijerine — Adjelmam-Tamada 25 —
Adjelman-Tamada — Koussab 40 —
Koussab — Aneffodjen 38 —
Parcours total 379 kilom.