‹ De Paris au SoudanChapitre 98 sur 112 · LE MARCHÉ AFRICAIN · texte numérisé non relu

LE MARCHÉ AFRICAIN

ils n'ont rénssi qu'à le mieux fermer. Tant pis pour eux^ mais ils ne larderont pas à tenter un nouvH effort qui, cette fois peut-être, sera couronné de succès. Menacés dans l'Inde par les Russes, ils ne peuvent tarder à concentrer leur puissance colonisatrice pour tenter Tassant en règle de l'Afrique équatonale.

Non content d étendre leur influence et de multiplier leurs comptoirs dans l'Afrique Australe, les Anglais, jaloux de notre position de premier ordre en Algérie, cherchent à couper sous nos pieds une herbe que nous ne savons pas cueillir. Ils font chorus avec les Allemands pour jeter le Maroc daus les bras de TEspagne et excitent les Italiens à nous créer mille embarras en Tunisie. Puis, espérant bien pécher un jour dans l'eau troublée par eux, ils trament sournoisement une occupation lente et sûre de la côte Atlantique depuis le détroit de Gibraltar jusqu'au banc d'Arguin. Port-Hilsborough est un premier jalon jeté sur la côte marocaine; d'autres viendront le compléter bientôt. *

En attendant, les ingénieurs anglais travaillent énergiquement aux études d'un chemin de ter qui partirait de la côte occidentale du Maroc pour pénétrer dans le Soudan. Si la France ne se hâte pas, le Transsaharien sera fait par les Anglais, au grand préjudice des intérêts français en Afrique. Et cependant, l'Empereur du Maroc au lieu de se défler de la France qui est son alliée naturelle, ferait bien de se méfier un peu plus des Anglais et des Prussiens qui exploitent ses Etats.

Une certaine presse, il faut le reconnaître, est bien pour quelque chose dans ces méfiances que nous témoigne sa majesté chérifienne. Quelques journaux algériens, pour défendre un tracé occidental du Transsahanen, voyant l'impossibilité de le construire dans les sables de la province d'Oran, ont proposé de le faire passer dans le Maroc et de s'emparer en conséguence de tout le territoire nécessaire à cette combinaison au moins imprudente. Ces prétentions nous ont aliéné les sympathies de tous nos voisins du Maghreb.

C'est bien gratuitement que ces journaux ont été si maladroits, car si le Transsaharien doit se faire, il sera certainement construit par Alger, Laghouat et le Tidikelt. L'occupation de cette dernière contrée^ que nous demandons depuis longtemps aéjà, ne pourra en rien blesser l'Empereur du Maroc, qui n'en a jamais eu la suzeraineté politique et qui n'y possède qu'une bien faible influence religieuse. En faisant cette proposition, nous ne prenons pas le Pirée pour un nom d'homme, et, comme VAkhbar, il y a quelques jours, le cœur du Maroc pour le sud de la province d'Oran.

Il est temps de se mettre à l'œuvre, il faut trancher le nœud gordien qui nous ferme le passage du Sud et qui n'est que la conséquence d'un long régime d'arbitraire et d'imprévoyance. Il ne faut pas que les intérêts

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