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L'étain existe en quantité assez considérable aussi bien dans le Nord que dans le Sud de la Weslralie. On connaît actuellement et Ton exploite deux régions distinctes où l'on a surtout recueilli jusqu'à présent du minerai d'alluvion.
Dans le Nord-Ouest se trouvent les champs d'étain de la Western Sbaw. Ils sont actuellement reliés à cette ville par une assez bonne route.
Les prospections ont montré que des dépôts d'étain sont répartis en ce point sur une longueur et une étendue de plusieurs kilomètres. Les premiers travaux ont eu surtout pour objet de récolter le minerai d'alluvion, le seul qui provoque les recherches des mineurs; mais du même coup ils ont conduit à reconnaître sur les concessions de MM, Eley et G** la présence d'un filon de 3 mètres environ de puissance où le minerai se trouve en place. La nature et l'aspect de lacassitérite recueillie à la surface, ses formes anguleuses et, pour ainsi dire, sans usure des arêtes des cristaux, pouvaient faire pré-
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voir que la roche qui la fournissait ne devait pas être bien éloignée, et c'est ce que l'expérience a établi. La cassitérile que l'on a exploitée est très pore; le seul inconvénient que l'on a rencontré, c'est la distance des gisemeats à la côte et c'est ce qui a fait arrêter les travaux.
X gisemcDls d'éCain de Greent>u4hes.
A 800 mètres environ de la précédente concession, on rencontre aussi le minerai en place dans un autre fiton près de la station de MM. Witnell. C'est un gisement bien défini, qui traverse le daim en diagonale, qui a une puissance de 70 à 80 centimètres et un pendage de I sur 4 centimètres. La roche encaissanle au mur est une masse porph^rique; celle du toit est du granit. La surface claimée et sur laquelle on a pu suivre ce filon est d'environ 9 hectares.
Dans le Sud de la Weslralie se trouvent les champs d'étain de Greenbushes, dont l'étendue proclamée par
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arrêté du Gouvernement est d'environ 126 kilomètres carrés. Ils sont situés dans la partie la plus élevée du Darling Range, entre Bunburry et Bridgetown, à 83 kilomètres de la première et à i5 kilomètres environ de la seconde. Ils sont sur la rive Nord-Est de la rivière Black Wood et entre deux de ses affluents.
A leur partie centrale surgit une sorte de pic d'où descendent les divers chenaux où l'on trouve principalement le minerai. D'une manière générale, ces chenaux sont mieux définis à l'Ouest et au Sud que sur les autres versants.
Dans ce district, les roches se composent principalement de schistes cristallins, de gneiss et de granits, avec des intrusions de diorite et de granit et des veines de tourmaline. La surface est recouverte de dépôts récents de schistes nodulaires, de sables et de grès ferrugineux. Dans les dépressions du terrain on trouve un sable argileux, associé souvent avec un charbon récent, terreux et de mauvaise qualité.
Les dépôts alluvionnaires varient dans de très larges limites en puissance, en richesse et en qualité. Le lavage d'une battée (environ une douzaine de kilos de terre) donne des résultats qui vont depuis 100 grammes jusqu'à 5 kilos par opération. La puissance varie depuis i5 centimètres jusqu'à 6 mètres.
Tout le gisement est recouvert par des formations récentes, de sorte qu'il est nécessaire de faire une prospection soignée pour découvrir le minerai. Ce dernier n'a pas encore été trouvé en place d'une manière bien positive ; et cela tient, sans nul doute, à ce qu'aucun travail de recherche n'a été conduit systématiquement; car la cassitérile se montre en cristaux bien formés à angles vifs, qui semblent établir qu'elle n'a pas été transportée bien loin par les eaux. Elle provient très
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probablement d^in stock werk qui traverse des granits plus ou moins décomposés.
A Greenbushes le minerai se rencontre principalement par poches dans un d^'ke porphyritique décomposé, coupé par des veines de quartz granulaire qui contiennent fréquemment de grandes quantités de tourmaline et quelquefois d'étain. Le terrain encaissant a une direction Nord-Nord-Ouest avec pendage à l'Ouest; il se compose de roches schisteuses et, en quelques points, de véritables micaschistes. Toutefois ces roches sont en général tellement décomposées à la surface qu'il est bien difficile de diagnostiquer leur nature exacte. Au delà de la zone minéralisée, qui a une largeur d'environ 2^™, 5, le terrain se compose de gneiss et de granits très durs, avec des intrusions de diorite qu'on voit surtout dans le lit des ruisseaux.
La ligne des dépôts stannifères les plus importants a une largeur qui varie de quelques centaines de mètres à près de i kilomètre. On la suit facilement sur le terrain par les riches dépôts de minerai anguleux qu'on trouve dans les alluvions. Elle part de la léte de Dumping Gully en se dirigeant au Sud-Sud-Ëst, passe à 4oo mètres environ à l'Est de Court House (où l'on a foncé deux puits dans lesquels on a trouvé quelques poches riches), coupe la route qu'elle suit ensuite sur le côté Ouest de Greenbushes Wells jusqu'au côté Ouest de la réserve à Hester's Trouhs. Les prospections ne se sont pas étendues plus au Sud de ce point.
Dans sa portion la plus méridionale, celle ligne est caractérisée par le volume considérable des morceaux de cassilérile, dont quelques-uns atteignaient le poids de plusieurs kilogrammes, l^e fer tilané y est presque partout associé au minerai, et cela rend la préparation mécanique et la séparation de ce dernier des plus diffi-
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cîles quand il est en grains un peu fins. Les cristaux les plus parfaits se trouvent généralement sur le porphyre décomposé; dans ce dernier on rencontre aussi des cristaux disséminés, mais on ne Ta pas prospecté, bien qu'on voie ses affleurements en pluisieurs endroits. Dans un des puits, près de Court House, on a trouvé, paraît-il, des paquets de cristaux dans un filon bien défini ; le travail aurait été abandonné faute de capitaux.
A l'Est de la bande centrale dont nous venons de parler et à une distance d'environ i kilomètre, on a constaté la présence d'une autre bande d'alluvions stannifères; mais elles ne paraisisent ni riches, ni très étendues.
A 2 kilomètres environ à l'Ouest de la ligne principale, on a reconnu l'existence d'une autre bande sensi' blement parallèle aux deux précédentes, mais beaucoup plus riche et surtout plus large que celle de l'Est. A Spring Gullj on a extrait une grande quantité de minerai provenant en partie des alluvions, en partie d'un filon. En dehors de ce point spécial, on a fait peu de travaux dans cette région.
D'après une note de M. Rudolph Wachmuth, publiée parles soins du Gouvernement, il existerait une veine bien définie (True fissure lode)^ limitée par des éponles solides de granit. Sa direction serait Nord 8® Est, Sud 8** Ouest; son remplissage consisterait en spath calcaire (?) avec divers autres carbonates, en débris de mica et enfin en cassitérite. Ce minerai serait disséminé assez régulièrement dans toute la masse et représenterait de cinq à huit pour cent de celle-ci. D'après l'auteur, il devrait exister d'autres filons parallèles et perpendiculaires au premier; tout cela mériterait d'être confirmé par une étude géologique sérieuse.
La quantité de minerai exportée chaque année depuis
la découverte de cette région stannifère peut être évaluée en moyenne à 35o tonnes; c'est un chiffre bien peu élevé eu égard à son étendue.
On voit d'après ce qui précède que ce district minier est encore bien peu connu; cela tient en grande partie à ce qu'il faut beaucoup de prospections pour découvrir et suivre les anciens chenaux dans lesquels on trouve généralement les alluvions les plus riches et pour rechercher les gîtes qui leur ont donné naissance. Il convient d'ajouter en outre que la plupart des mineurs c|ui sont venus dans la région avaient peu l'expérience des gisements de cette nature et manquaient de capitaux.
Une autre difficulté réside dans la question de l'eau pour le lavage des alluvions. La quantité d'eau qui tombe chaque année dans cette région s'élève en moyenne à' o",9i, et c'est surtout pendant les mois d'hiver que les pluies se manifestent. Or, si l'on tient compte de ce que les terrains à exploiter se trouvent à un niveau relativement élevé, on comprendra que Teauy soit rare pendant l'été et souvent trop abondante pendant la saison d'hiver. En saison moyenne, on rencontre des nappes aquifères à une petite distance de la surface du sol. Les puits les plus profonds ont toujours recoupé ces nappes entre i5 et 22 mètres de profondeur; fourniraient-elles un débit assez continu pour pouvoir permettre de travailler toute l'année? C'est ce qu'il est impossible de dire, faute d'expérience suffisante.
Pendant la saison des pluies on a généralement plus d'eau que l'on n'en veut et cette abondance même rend les travaux pénibles et quelquefois dangereux. La méthode qui paraîtrait la plus avantageuse au point de vue pratique consisterait à recueillir et à mettre en
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dépôt les alluviohs pendant la saison sèche et à les traiter pendant les mois d'hiver au moyen de sluices analogues à celles qu'on emploie pour l'or, ou à l'aide de tout moyen mécanique et hydraulique approprié. C'est ce que l'on a commencé à faire dans certains points, sur une petite échelle. Il ne faut pas se dissimuler néanmoins que ce n'est là qu'un expédient et qu'une exploitation rationnelle intensive demanderait d'autres moyens.
Il ressort du rapide exposé que nous venons de faire que la région stannifère de Greenbushes mériterait de fixer davantage l'attention des mineurs et des capitalistes. 11 ne paraît pas douteux que des recherches méthodiquement conduites ne permettent de reconnaître les chenaux anciens où doivent se trouver les alluvions les plus riches, et fort probablement la roche qui renferme le minerai d'étain in situ.
Pour atteindre ce but, il faudrait nécessairement commencer par modifier, au point de vue spécial de l'étain, la loi minière actuellement en vigueur dans la Westralie. Les claims de trop petite étendue n'attirent pas et ne peuvent rationnellement pas attirer les capitaux. Ce sont seulement des compagnies puissantes qui pourraient entreprendre les recherches nécessaires; mais il est indispensable pour cela qu'elles puissent disposer de concessions d'étendue suffisante pour avoir des chances, non seulement de récupérer les capitaux engagés dans les travaux, mais encore d'assurer des bénéfices raisonnables à ceux qui auront couru les premiers risques. Il ne semble pas que le régime actuel permette de répondre à ce desideratum; aussi est-il bien à craindre que celte riche contrée minière, déjà trop livrée au gaspillage superficiel, ne reste pratiquement improductive pendant de longues années.
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