FER
On peut dire, sans être taxé d'exagération, que la Westralie est par excellence la région du fer sous toutes les formes où on le connaît . On ne peut pas faire une excursion de quelque étendue sans rencontrer de puissants gisements de ce métal, surtout dans les parties du pays où affleurent les roches anciennes. Nous avons personnellement vu nombre de ces gisements dont la masse peut se calculer par dizaines de millions de tonnes.
Les minerais qu'on trouve le plus généralement sont de la magnélite et de l'hématite. Nous avons également constaté l'existence de fer oligiste et de carbonates, mais en quantité relativement restreinte. Beaucoup de ces minerais sont d'une très grande pureté. Quelquesuns renferment, au moins à la surface, de l'or en quantité appréciable. Toutefois la répartition en est si irrégulière qu'on ne peut pas songer à l'exploiter dans la plupart des cas.
Si la main-d'œuvre était moins chère et si les moyens de transport étaient plus perfectionnés et par suite moins coûteux, la Westralie pourrait alimenter le monde entier de minerais de qualité supérieure et pen- . dant un temps pour ainsi dire indéfini. Actuellement toute cette richesse est et restera probablement sans emploi.
iir i.\ es e-
el
ii CHARBON.
La présence du charbon en Westralie a une importance capitale au point de vue du développement et de
J(i'^/i:rrùi,Ji^.
RESSOVRGBS MINERALES DE LA WBSTRALIB.
CARIE GEOLOGIQUE DES GISEMENTS D'ETMN
DE GREENBUSHES
(d'après ]VITH.P.Woodwapd)
Tavenir des mines de toute nature que renferme celle colonie. Nous aurons Toccasion de revenir plus longuement sur ce point intéressant quand nous parlerons de la production de l'énergie sur les champs d'or. Nous nous contenterons pour le moment de dire que le bois, qui a été jusqu'à présent le seul moyen de chauffage industriel et domestique, est forcément destiné à devenir déplus en plus rare dans un temps prochain, malgré son abondance relative au moment présent. On conçoit d'après cela l'immense intérêt qu'a présenté la découverte du charbon dans la Westralie.
Dès i84t> on signalait l'existence du charbon en deux points absolument distincts et fort éloignés l'un de l'autre : le premier sur la rivière Irwin, et le second sur les rivières Fitzgerald et Philipps.
Dans le premier de ces points, des études subséquentes ont établi l'existence de couches assez bien défînies au milieu de la formation carbonifère caractéristique. Nous allons nous en occuper ci-après. Dans le second il a été à peu près démontré qu'on avait affaire seulement à des dépôts qu'on pourrait appeler accidentels. Deux géologues bien connus en Australie, M. H.-D.-Y. Brown et le Révérend G.-G. Nicolav, après avoir étudié la localité avec le plus grand soin, n'y ont constaté aucune trace de formation carbonifère.
D'après M. P. Woodward, ancien géologue du Gouvernement de la Westralie, l'exi3tence du charbon paraît très probable dans la partie nord du district de Rimberley, dans le voisinage de Wyndham. Le terrain carbonifère y serait très développé, les grès et les schistes caracléristiques présentant une élévation de plus de 3oo mètres au-dessus du niveau du sol naturel. Dans le puits de Bastion Hill, on les aurait également recoupés jusqu'à une profondeur dépassant 3o mètres.
Des sondages pourraient seuls faire reconnaître la présence de couches de houille sous-jacentes, si tant est qu^elles existent. Quand bien même ce travail ne donnerait pas les résultats qu'on en peut espérer^ il aurait au moins pour conséquence très utile de fournir de Peau à la ville qui en manque fort souvent.
En fonçant un puits pour rechercher de Teau près d* Albany , s ur TËastwood Esta te appar tenan t à M . T .-W. Powell, on a rencontré, en 1892, à la profondeur d'à peu près 20 mètres, une couche d'environ i mètre d'épaisseur d'un charbon contenant une grande quantité de matières terreuses. C'est une substance d'un noir terne, présentant des traces de restes de végétaux, assez compacte, mais friable et tachant les doigts en brun noir. A l'analyse, elle donne :
Eau 6,275
Matières volatiles 18 ,84
Carbone fixe ii,835
Gendres 60 ,o5
Les cendres sont blanchâtres ou de couleur crème. Leur proportion infiniment trop considérable ne permet pas d'utiliser pratiquement ce combustible.
Cette découverte présentait néanmoins un si grand intérêt à cause de sa proximité du port d'Albany et du Southern Railway, que le Gouvernement envoya spécialement sur les lieux M. Woodward, alors géologue de la Westralie, pour examiner si l'on pouvait espérer trouver de la houille de bonne qualité soit sur place, soit dans le voisinage.
De son rapport publié en 1898, nous extrayons ce qui suit. Un sondage a été exécuté à 12 kilomètres d'Albany, près de la propriété de M. Powell. 11 a traversé les couches suivantes :
Pieds. Pouces.
Tourbe sableuse 8 6
Grès ferrugineux r o
Sable et argile noire 5 6
Sable bouillant 5 o
. Grès ferrugineux i
Sable bouillant 3o o
Argile noire compacte 4 o
Sable bouillant , lo o
Charbon brun. 3 o
Un accident survenu aux appareils n'a pas permis de continuer le sondage.
Après avoir donné un aperçu de tous les terrains qui constituent le pays,» M. Woodward conclut ainsi : « Il est évident qu'il existe un bassin étendu entouré de granits et de roches, probablement de Tépôque paléozoïque, qui affleurent à la partie Sud. Le charbon existe-t-il ou non dans celte région? Gela reste à prouver et ne pourra se faire que par une série de sondages méthodiques. Il n'y a pas de raison pour qu'on ne trouve pas de houille sous les marais et les plaines sablonneuses de ce bassin. Si cela était bien établi, la découverte aurait une valeur considérable, en raison de la proximité d'un aussi bon port. » La dépense, selon lui , serait peu importante et les sondages devraient être poussés jusqu'à rencontre du granit et des terrains primaires.
Il ne semble pas que l'industrie privée, pas plus que le Gouvernement, aient jusqu'à présent tiré parti de ces avis.
Enfin, on a trouvé du charbon sur le Fly Brook, affluent de la rivière Donnelyn qui se jette dans la mer à 48 kilomètres environ à l'Est du cap Leeuwin, et aussi sur la rivière Gollie, à ^o kilomètres à l'Est de Bunburrv.
RESSOURCES MINERALES DE L\ WESTRALIE. 125
Ces deux localités et celle que nous avons signalée plus haut sur la rivière Irwin sont à proprement parler les seules qui méritent jusqu'à présent de fixer TattenlioQ, quoique à des degrés très différents.
Bassin houlller de llrinriii.
Les rapports présentés au Gouvernement de la Wesiralie pour 1896 nous donnent tous les détails actuellement connus sur ce bassin.
Peu de temps après sa découverte, en 1846, le D"" von Sommer y constatait la présence de couches de i™,8o et 2™,4o d'épaisseur, et le Gouvernement proclamait une réserve de 4ooo hectares sur ce point. Longtemps après, le Révérend G. -G. Nicolay, envoyé tout spécialement pour étudier le terrain au point de vue géologique, concluait à ce que l'eau était trop abondante et le charbon trop pauvre pour donner lieu à une exploitation rémunératrice. Comme il n« se prononçait pas sur la possibilité de trouver mieux, tout fut abandonné jusqu'en 1889, époque à laquelle MM. Bell et ËUiot tombèrent sur des échantillons de meilleure qualité, sur un autre affluent de Tlrwin. En recherchant leur lieu d'origine, ils reconnurent d'abord dans la colline une couche d'environ i™,20 d'épaisseur, dont le pendage était au Nord, et ils la suivirent en galerie. Toutefois, comme la qualité laissait aussi à désirer, les travaux furent bientôt interrompus sur ce point.
Six autres couches furent découvertes postérieurement. Une d'elles était de bonne qualité et l'on en fit un envoi de dix tonnes pour être soumis aux essais. On a également ouvert plusieurs couches sur l'affluent de la rivière Gregory ; mais aucune d'elles n'a paru jusqu'à
présent susceptible de donner des résultats commerciaux suffisants.
Deux analyses ont fourni les chiffres suivants :
Eau '7>o4 12, 4o
Matières volatiles 28,61 82,20
Carbone fixe. 4i»'^9 43, 5o
Gendres i3,o6 11,90
La proportion notable de cendres paraît tenir à ce que les couches sont séparées en bancs minces par des feuillets de schiste carbonifère. Malgré cet inconvénient, il se peut qu'on songe à les utiliser à un moment donné, quand le bois sera devenu plus rare dans la région.
Dans son rapport, M. Woodward estime à 5oo kilomètres carrés l'étendue du terrain carbonifère en ce point. Sa plus grande longueur (en direction Nord-Sud) serait de 48 kilomètres, et sa plus grande largeur, de Mingenow à Narandagry, serait de 27 kilomètres. Au point de vue géologique, la formation se compose d'une série de couches de schistes, de grès et de calcaires. Ces derniers renferment surtout les fossiles du carbonifère inférieur; jusqu'à présent, on n'y a pas trouvé de végétaux fossiles.
La très petite quantité de houille que l'on a extraite jusqu'ici provient uniquement des affleurements. Il serait donc prématuré de porter quant à présent un jugement sur la qualité que l'on peut rencontrer en profondeur. Il serait bien à désirer que des sondages méthodiques fussent exécutés sur l'emplacement présumé des couches. Cela serait d'autant plus facile que le Gouvernement possède une sonde à couronne de diamants noirs qui a été employée déjà pour les recherches d'eau douce et pour la reconnaissance des
138 CH&PITBE VII.
deux autres charbonnages dont nous parlerons dans un instant.
Une autre bande de terrain carbonifère, d'environ Sa kilomètres de largeur, se développe depuis la rivière Irwin jusque vers le Nord, en passant les rivières Gree- Dough, Murchison, Woramel, Gascogne, Lyons et Mi-
nïl^a. Elle va de là aux rivières Henry, Asbburion et Fortescue et constitue la majeure partie du grand plateau qui s'étend jusqu'aux sources de la rivière De Gtey, Jusqu'à présent on n'en connaît que des couches , de schistes carbonifères, et tous les fossiles que l'on a trouvés appartiennent soit au carbonifère inférieur, soit au terrain dévonien. En prenant en considération l'énorme étendue de cette formation, M. Woodward considère comme très probable l'existence de couches de houille plus au Nord de la rivière Irwin. 11 serait du
plas haut intérêt de pratiquer quelques sondages en divers points.
Bassin houiller de Fly Brooks.
Les anciens habitants de la colonie connaissaient depuis longtemps l'existence de la houille dans cette région; néanmoins, c'est seulement en 1888 que le Gouvernement a reçu quelques demandes de concessions. Les travaux qui en ont été la conséquence ont amené la découverte de quatre couches de charbon de bonne qualité affleurant dans un ravin.
Dès 1890, M. Richard Baxter a procédé à une série de sondages méthodiques qui ont permis de reconnaître leur continuité sur une vaste étendue de terrain. Néanmoins, il n'a pas pu déterminer l'épaisseur totale de la formation parce que, faisant ses recherches sans tubage, la grande quantité d'eau qu'il a rencontrée en profondeur amenait constamment la chute des parois du trou de sonde. Il a pu néanmoins pousser l'un de ses sondages jusqu'à la profondeur de 128 pieds • (38™, 40); il a reconnu la présence en ce point d'une épaisseur de lignite d'environ 7 mètres, divisée en dix-sept bancs par des feuillets d'argile.
Ce lignite a un aspect brillant qui rappelle celui du jais, mais il n'en a pas la dureté. Quelques échantillons montrent d'une manière indiscutable une structure ligneuse et leur composition est presque identique à celle des lignites crétacés de la côte du Pacifique dans l'Amérique du Nord. Aux essais, ils n'ont donné que deux pour cent de cendres.
D'après M. Woodward, les couches du terrain se composeraient de grès grossiers et de bancs d^argile c. 9
l3o CHAPITRE VU.
souvent micacée; le tout serait recouvert d'une couche de conglomérat ferrugineux contenant des galets très arrondis de quartzite, de quartz et d'autres roches cristallines.
Les ports. les plus voisins, ceux de Hamlin et d'Augusta, sont à environ 48 kilomètres à l'Ouest. L'exploitation rie rencontrera donc pas de difficultés sérieuses au point de vue des transports le jour où l'on se décidera à utiliser ces combustibles.
Bassin houiller de la rivière GoUie.
Ce bassin est de beaucoup le plus important de tous ceux que nous avons passés en revue jusqu'à présent. C'est aussi celui qui a été le plus et le mieux étudié, grâce aux sondages exécutés par les soins et aux frais du Gouvernement.
Les quelques travaux effectués par les premiers prospecteurs étaient malheureusement complètement remplis d'eau, lors de notre visite, et nous n'avons pu voir que leurs emplacements et les témoins ramenés dans les divers sondages. Néanmoins, les publications officielles du Gouvernement donnent suffisamment de détails pour qu'on puisse se faire une idée de l'élendue et de la valeur de ce bassin.
La rivière CoUie, qui lui a donné son nom, prend sa source à l'Est de la chaîne du Darling Range, à 80 kilomètres environ de la côte à vol d'oiseau; sa longueur est de 112 kilomètres. Sur les 56 premiers kilomètres à partir de son origine, elle coule à travers une plaine tantôt sableuse, tantôt marécageuse, coupée çà et là de collines de grès et de graviers. Sur les 4o kilomètres suivants, elle roule dans une gorge profonde qu'elle
RESSOURCES MINÉRALES DE LA WESTRALIB. l3l
s'est ouverte au travers du Darlîng Range, au miliea de schistes cristallins et de granits. Au delà elle traverse dés plaines sableuses, argileuses et marécageuses jusqu'à Australind) où elle se ï^éunità la rivière Brunswick pour se rendre avec rile dansPestuaireLeschenault. La ville de Bunburry se développe à l'embôu^hurcf de ce dernier.
La découverte de c© bassin houiller remonte à 1889; elle est due à M. David Haj, de Bunburry. En examinant les divers fragments de roches entraînés et roulés par les eaux de la rivière CoUie, il y trouva des morceaux de charbon. Après quelques tâtonnements et quelques travaux subséquents de recherche, on fut amené à reconnaître tout d'abord l'existence de deux couches qui affleurent dans le lit de la rivière même. La première, celle qui est le plus à l'Ouest, se trouve juste sur le versant Est du Darling Range ; elle doit donc être très voisine de la rencontre de la formation carbonifère avec les terrains plus anciens et les roches cristallines. Mais, comme la surface est recouverte degrés ferrugineux et d'argiles nodulaires, on n'a pas encore pu établir d'une manière bien positive la ligne de démarcation.
La seconde couche est située à environ 8 kilomètres en amont du côté Est, à peu près à 4o kilomètres à TEst de Bunburry à vol d'oiseau.
Au moment de la découverte, un premier puits a été foncé sur la première couche et au bord de l'eau; il était plein d'eau au moment de notre visite. On pouvait néanmoins reconnaître à l'Est une couche de charbon bien visible, recouvçrle d'une bande de grès blanchâtre. Cette même couche affleure aussi au fond de la rivière et présente un pendage d'environ 20** à l'Ouest. Ceci semble établir que, dans cette portion de la colonie, les soulèvements postérieurs au dépôt de la couche ont été surtout plus accentués du côté Est.
l3a CHAPITRE Vtl.
D'autres puits ont également été commencés sur cette même couclie. Ou y a, paratt-tl, rencontré des quantités d'eau considérable et, comme on ne disposait que de moyens d'épuisement très imparfaits, on a dû renoncer à les continuer.
Sur la seconde couche on a aussi commencé le fon-
Le bush prés de la rifière Collie.
cage d'un puits sur le bord de la rivière; il était rempli d'eau comme les autres. On y aurait recoupé, nous a-t-on dit, 4"'ii2 de charbon de bonne qualité.
Un grand nombre d'essais effectués, tant sur le charbon provenant des travaux de surface que sur les échantillons ramenés par les sondages subséquents, ont donné les moyennes suivantes :
Matières volatiles 3a, lo
Soufre 0.90
Carbone fixe 3i, ao
Cendres 4,35
RESSOUBCES MINÉRALES DE LA WESTRALIE. i33
Ce sont, comme on le voit, des résultats très satisfaisants, sauf peut-être en ce qui regarde la teneur en soufre.
Le bassin s'étend dans une direction Nord-Sud à l'Est du Darling Range, sur une longueur d'environ 160 kilomètres. Les roches qu'on y a rencontrées sont semblables à celles que nous avons déjà eu l'occasion de signaler; ce sont principalement des grès blancs ou ferrugineux, quelquefois micacés, des argiles et des schistes noirs. L'absence de fossiles caractéristiques n'avait pas permis de fixer exactement l'âge géologique des couches, et M. Woodward pensait tout d'abord qu'on avait affaire à un charbon mésozoïque ancien, parce qu'il a de grandes ressemblances avec un lignite. Mais des restes de plantes trouvés plus récemment conduisent à le rattacher à la série carbonifère proprement dite.
Dans les dernières années le Gouvernement a fait exécuter toute une série de sondages, tant à la sonde ordinaire qu'avec la sonde au diamant noir. Ces travaux établissent d'une manière incontestable la présence de couches importantes sur la majeure partie du bassin ; mais, jusqu'à présent, toute cette richesse est restée improductive faute de capitaux. Il ne faut pas se dissimuler que les eaux viendront apporter de sérieuses difficultés à l'exploitation, mais ce n'est pas un obstacle insurmontable à beaucoup près. Le Gouvernement fait avec juste raison tout ce qu'il peut pour encourager les tentatives de l'industrie privée.
Il existe probablement d'autres bassins du même genre à l'Est du Darling Range; les quelques notions que l'on possède sur la géologie du pays permettent de le supposer, mais leur présence n'est pas encore établie d'une façon même approximative*
|34 CHAPITRE Vllf.
Pour pouvoir donner une description suffisamment exacte et complète des champs d'or qui ont effectivement tiré la Westralie de l'oubli où elle était tombée depuis longtemps, il faudrait posséder un ensemble d'études et de constatations géologiques qui font à peu près complètement défaut.
Cet état de choses tient à un certain nombre de causes parmi lesquelles il convient de menlionner en première ligne : l'énoroie étendue du pays, les difficultés très grandes, souvent presque insurmontables, que le manque d'eau et de nourriture oppose à la pénétration dans l'intérieur et aux voyages de quelque étendue; la connaissance plus que rudimenlaire, même au point de vue géographique, que l'on possède de la partie centrale du grand désert australien, le long duquel s'échelonnent les exploitations actuelles; le peu d'empressement que les ingénieurs miniers de la Westralie, en général plus praticiens que théoriciens, mettent à faire connaître les résultats de leur expérience des mines qu'ils ont été appelés à expertiser ou à diriger; enfin le soin jaloux avec lequel un grand nombre des compagnies actuelles interdisent l'entrée de leurs propriétés même aux ingénieurs qui demandent à les visiter uniquement au point de vue purement théorique de l'étude
LES CHAMPS d'or. r35
et de ta reconnaissaDce de laconstilution miaéralogique et géologique du pays. Nous aurons à revenir plus loin sur cette particularité.
Les émissions de compagnies nouvelles (et Dieu sait si le nombre en a été grand dans ces dernières années) ont donné lieu à la publication d^une grande quantité de rapports particuliers, reproduits presque tous dans les prospectus. Si ces documents avaient été rédigés avec quelque souci de précision et d'exactitude, ne serait-ce qu'au point de vue géologique et pétrographique, le dépouillement et la coordination des renseignements résultant de leur ensemble formerait une contribution précieuse pour l'établissement de la carte géologique du pays. Il n'en est malheureusement rien et, dans la plupart des cas, ces rapports sont conçus dans des termes tels qu'il est absolument impossible d'en tirer aucun renseignement digne de foi. Pour n'en citer qu'un exemple, le mot G reensto ne (ivdidaclion littérâile, pierre verte), qui normalement devrait être réservé aux diorites , est appliqué indistinctement à tout un ensemble déroches dont la caractéristique physique est leur coloration verte plus ou moins foncée, et peut se rapporter à des diorites, des diabases, des schistes amphibolitiques, etc. (Nous l'avons vu donné à des roches presque complètement transformées en serpentine.) Il semble même que le plus souvent ce mot ait été intentionnellement choisi pour éviter d'avoir à fournir un diagnostic précis dans les cas très nombreux où, la roche étant micro ou cryptocristalline, sa détermination exacte exigerait l'emploi du microscope et des coupes minces. Nous pourrions multiplier les exemples de ce genre.
Les géologues du Gouvernement de la Westralie, et parmi eux nous citerons en première ligne M. Gôczel et M. Woodward, en rendant compte des visites et des
CHAfITHB VIII.
excursions auxquelles ils se sont livrés, ont fait les plus louables efforts pour débrouiller la constitution très complexe des champs d'or. Leurs mémoires, publiés chaque ann<!e par les soins du Gouvernement, sont les seuls documents sérieux que nous ayons eus à notre disposition pendant notre séjour en Westralie; nous en
Un puits de prospection.
avons déjà fait et en ferons un très fréquent usage. Depuis notre reloiirj M. le baron Sloet van Oldruitenborgh, que nous avions eu la bonne fortune de rencontrer en Westrahe, a publié, sous le titre de Observations techniques sur les Goldfields de Coolgardie, un travail des plus intéressants sur la constitution et la genèse des régions aurifères du centre. Avec son autorisation, nous aurons à y faire de nombreux emprunts.
' A un point de vue un peu spécial et pour rendre plus facile la description des immenses étendues où l'on rencontre de l'or, on pourrait diviser les goldGelds en
LES CHAMPS D*OR. l37
deux groupes : ceux du Nord et Nord-Ouest et ceux du centre. Le premier groupe contiendrait ainsi : Kimberley, Pîlbarra, Pilbarra-Ouest, Ashburton et Gascoyne, tandis que le second serait fornié de : Peak Hill, Murchison, Murchison-Est, Yalgoo, Coolgardie- Nord, Mount Margaret, Broad Arrow, Yilgarn, Coolgardie, Coolgardie-Ëst et Dundas. Tous ces derniers se touchent sans solution de continuité. Ce n'est pas qu'on ne puisse voir d'une manière générale la liaison des premiers avec les seconds et un temps viendra sans doute où leur connexion sera établie d'une manière positive ; déjà Murchison se trouve en contact avec Âshburton, par Peak Hill. Pilbarra s'y reliera probablement un jour; toutefois, en l'absence de documents probants, nous nous. contenterons de cette mention en passant et sains insister davantage.
Il existe en outre quelques autres points isolés où l'on a constaté la présence de l'or; mais on les a encore très peu prospectés et pour ainsi dire pas exploités jusqu'ici.
L'étendue des principaux champs d'or légalement proclamés est la suivante :
Kimberley 121 382^™<ï
Pilbarra 90 3oo
Pilbarra-Ouest 24 543
Ashburton 1 8 loi
Gascoyoe i3 102
Peak Hill 3 1 568
Murchison 53 io5
Yalgoo 48 985
Murchîson-Est 73 1 15
Mount Margaret 109 1 3o
Goolgardie Nord 79î*|3
Goolgardie Nord-Est 55 770
Broad Arrow 1 528
A reporter 719872'^™*!
l38 CHAPITRE VIII.
Réport 7 19872 ''™q
Goolgardie-Est 1 636
Goolgardie 3 1 000
Yilgarn 4^370
Dundas 46207
Soit en tout 839086 i^»q
Nous allons passer successivement en revue chacun de ces champs d'or. Nous étudierons d'abord séparément les premiers entre lesquels on n'a pas encore établi de liaison, non plus qu'avec ceux du Centre. Après quoi nous considérerons ces derniers en bloc; car, d'une part, leurs caractères généraux ne permettent guère de les séparer les uns des autres, et d'autre part leur étude d'ensemble pourra contribuer dans une certaine mesure à élucider la géologie de cette région du centre encore si peu connue.
Goldfleld de Kimberley.
La découverte de For dans cette partie de la Westralie date de i885. Elle est due à M. Edward T. Hardman, géologue du Gouvernement à cette époque.
Ce champ d'or est situé dans la partie Nord-Est de la Westralie, et les principaux centres aurifères sont près de la limite Est de la colonie, à 35o kilomètres au Sud de Wyndham (sur le golfe de Cambridge) et à 5oo kilomètres à l'Est de Derby (sur le King's Sound). Le chef-lieu officiel est Hall's Creek, qui est relié lélégraphiquement à Wyndham et à Derby. Une bonne route de 400 kilomètres de longueur, et le long de laquelle on trouve partout de l'eau, le met en communication avec Wvndham.
Nous extrayons la majeure partie des renseignements
LES CHAMPS DOR. i39
qui suivent des rapports officiels publiés par les soins (lu Gouvernement.
Les centres miniers principaux sont au nombre de cinq, savoir : Panton Mount Coghian, HalPs Creek, Broockman, Rubv et Dockrell. Leur ensemble est situé sur une ligne ayant une direction approximative Nord 3o® Est et une longueur de près de 200 kilomètres pour la partie nettement reconnue. 11 est assez probable que les formations aurifères vont beaucoup plus loin, car on trouve des roches, semblables à celles qui entrent dans la constitution des centres précités, dans la partie araont de la rivière l'Ord, jusqu'à la chaîne de montagnes appelée le Burt Range.
La partie où les prospections ont fait reconnaître la présence indiscutable de For commence près du Mont Cecil, sur la rive gauche de TOrd, et descend jusqu^à Christmass Creek, à 65 kilomètres environ au Sud- Ouest du Mont Dockrell. Sa plus grande largeur, environ 32 kilomètres, s'accuse à la hauteur de Hall's Creek ; elle diminue progressivement au fur et à mesure qu'on remonte vers le Nord.
La portion Sud est limitée à l'Ouest par des granits, à l'Est par les formations dévoniennes de l'Albert Range, le grand plateau basaltique d'Ântrim, l'Osmond Range (qu'on rapporte au dévonien) et les collines tabulaires appartenant au carbonifère, sous lesquelles elle semble provisoirement disparaître.
Les roches qui entrent dans la constitution de cette bande aurifère sont des quartzites, des grès grossiers, des schistes, des gneiss et des granits, le tout recoupé par de nombreux filons de quartz et de calcite, et par des d^^kes de basalte, de diorite, de granit et de syénile (?). Leur direction est celle que nous avons rapportée plus haut; leur pendage, qui se rapproche le
l4o CHAPITRE VIII.
plus souvent de la verticale, est tantôt à FEst et tantôt à rOuest.
Le centre minier de Panton est le premier qu'on rencontre en venant de Wyndham. Ce sont des dépôts alluvionnaires qui ont attiré les premiers l'attention et qui ont été exploités en premier lieu. Us étaient situés à 3oo kilomètres environ de Wyndham, le long du ruisseau de Grant et de la crique de Dead Finish. Dans leur voisinage immédiat on a trouvé quelques fiions de quartz peu puissants mais assez riches. Les prospecteurs, n'ayant pas les ressources nécessaires pour T érection d'une batterie, se sont vus obh'gés de les abandonner, mais ils ne l'ont fait qu'après avoir dépensé tout ce qu'ils possédaient, tant était grande leur conviction de la valeur de leurs daims.
On a trouvé à Panton deux séries de reefs. Les premiers ont une direction Nord-Est- Sud- Ouest; c'est celle de l'ensemble des roches du pays. Les autres vont sensiblement de l'Est à l'Ouest. Les premiers sont de puissance relativement restreinte, mais paraissent être des filons bien caractérisés; on peut suivre leurs affleurements sur une grande longueur à la surface du sol et c'est sur leur parcours que se trouvent la majeure partie des daims.
Les seconds se manifestent par de larges affleurements de quartz; mais il est difficile de les suivre sur une certaine longueur à la surface, et, à part deux ou trois exceptions telles que les mines de Comet et de Persévérance, ils ne paraissent pas contenir d'or en quantité payante.
Dans la première série de reefs, on distingue principalement deux lignes bien définies. Sur la première nous citerons les mines Caledonian, Lady Panton et Brockman King. Le quartz y est en général de couleur
LE8 CUAHPB D'OB. i4i
bleue no!re, souvent moucheté; on peut)' reconnaître facilement de l'or visible, des grains verts de sels de cuivre et des taches d'oxjde de fer. Tout ceci semblerait indiquer que l'or visible doit probablement provenir de la décomposition de jjjrîtes de fer et de cuivre. On rencontre l'eau à une assez faible profondeur, ■ 5 mètres
environ, et elle est le plus souvent assez abondante. C'est cette circonstance et plus encore le manque de capitaux qui ont empêché les prospecteurs de faire des travaux- de développement suflisants.
L'autre ligne, qui est plus à l'Ouest, présente les mêmes caractères phj'siques, mais les pyrites y sont plus abondantes près de la surface et le quartz y renferme en plus des mouches de galène. Au milieu de ces dernières on aperçoit quelquefois des grains d'or visible.
Un peu au Nord-Esi on a trouvé un reef assez riche
l42 CHAPITRE VIII.
au Mount Cogfalan. Après quelques Iravaux de prospection, il a été abandonné, les inventeurs n^ayatit pas les ressources suffisantes pour l'exploiter.
De Panton à HalFs Creek, la distance est d'à peu près 6ô kilomètres. A moitié chemin, on rencontre le Daffer Rush. On a fait quelques travaux actuellement abandonnés. A peu de distance au Nord-Est, on avait exploré un reef aurifère qui a fourni de très beaux échantillons de minerai; faute de capitaux, il a été délaissé comme bien d'autres.
Hall's Creek a commencé tout d'abord par être un centre d'exploitation d'alluvions assez riches. Lesreefs, d'où l'or paraît être provenu et qu'on n'a découverts que postérieurement, ont été travaillés ensuite sur un certain nombre de daims. Ils sont généralement peu puissants, ils n'ont ni toit ni mur défini, et se confondent insensiblement avec la roche encaissante. Il est impossible de les suivre à la surface et dans la plupart des cas ils disparaissent à peu de profondeur. Il convient de dire que les puits n'ont pas été poussés bien avant, et cette conclusion est peut-être prématurée. Il se peut que dans certains cas on ait eu affaire à des dykes aurifères analogues à ceux de Coolgardie et Hannan et qu'on a méconnus, faute d'en avoir déjà rencontré de semblables. On trouve les reefs proprement dits au milieu des schistes que traversent des djkes de quartz et de basalte et ils doivent probablement leur origine à la venue de ces derniers. Les principales concessions : Jackson's Reef, n® 1 South Jackson, n? 1 Lady Broome, The Lady Broome, n" 2 South Black Mount, The Black Mount, The Gladstone, The Jubilee, sont abandonnées. Le minerai se composait, comme dans les autres, de quartz renfermant des oxydes de fer et de cuivre et de la galène. Un broyage de neuf tonnes
LES CHAMPS DOR. l43
déminerai (probablement choisi et trié) aurait donné 4o3 onces d*or (?).
En suivant la bande de terrain aurifère à partir de Hall's Creek dans la direction du Sud-Ouest, les roches qu^OQ rencontre sont principalement des schistes renfermant de nombreux reefs de quartz, quelques veines (le calcite et des djkes de diorite. Au passage de la rivière Black Elvira, quelques bancs de schistes bleus assez durs afQeurent au travers de ce cours d^eau et constituent une sorte de réservoir naturel. Entre ce point et Hairs Creek, on a trouvé beaucoup d^or d'alluvion. Au Sud, le ruisseau de Mac Phee, qui s'est creusé un lit au milieu de roches dures, présente aussi une suite de barrages naturels où Ton a également récolté For en abondance.
Les plaines de la rivière Mary, qu^on traverse plus loin, ont aussi fourni beaucoup de métal précieux. Il s'y est présenté ce fait curieux, au moins pour l'Australie, que l'or y est associé avec la calcite et que souvent même il se trouve au milieu de morceaux de cette substance.
De la rivière Mary au mont Dookrell, la route longe le flanc Nord-Ouest du Mac Clintock Range. Les roches qu'on rencontre sont des schistes et des phyllades gris et bleus, ainsi que des roches gneissiques avec de nombreux reefs de quartz. La direction générale des formations est Nord-Est-Sud-Ouest.
Le mont Dockrell est à iio kilomètres environ au Sud-Ouest de Hall's Creek. On a exploité quelques riches gisements alluvionnaires à 7 ou 8 kilomètres sur le flanc Sud-Ouest de cette montagne, dans des gorges profondes. C'est ce qui a conduit à la découverte et à la prospection d'un certain nombre de reefs. Celui qu'a trouvé Mac Neil présentait cette particularité que la
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partie riche se composait en grande partie de galène au milieu de laquelle on pouvait voir Tor libre. A cette mine, 4o tonnes de minerai ont donné 35 1 onces dW. Sur un autre claim, The Victoria, 4 tonnes ont fourni 123 onces; on ne dit pas si le minerai était trié, ce qui est fort probable.
li s'en faut de beaucoup que les autres reefs ou même l'ensemble des deux reefs précités accuse une égale richesse. Tout ce que Ton peut dire, c'est que les filons de quartz sont assez nombreux, qu'ils sont bien définis et que le quartz y présente un caractère de minéralisation très prononcée, qui permet de bien augurer de leur continuité en profondeur.
Il ne faut pas se dissimuler toutefois que cette forte minéralisation pourra apporter certaines difficultés si l'on compte opérer le traitement par les procédés ordinaires. Et c'est peut-être bien pour cette raison que cette intéressante région n'a pas été aussi soigneusement prospectée qu'elle paraît le mériter.
Christmass Creek, qui est à 65 kilomètres au Sud- Ouest, n'a fourni jusqu'à présent que de l'ord'alluvion.
A l'est de la rivière Mary se trouve le point de partage des bassins des rivières Ord et Fitz-Roy. Les roches qui constituent le pays sont principalement des schistes et des phyllades de direction Nord-Est-Sud-Ouest. Elles forment une série d'escarpements parallèles. Quand on approche de Ruby Creek, on constate qu'ils contiennent de larges veines de quartz ayant la même direction. Ce sont les affleurements de ces veines qui donnent naissance aux principales élévations de la contrée et qui la surmontent souvent de 8o à 1 5o mètres. A quelques kilomètres à l'Est de Ruby Creek, s'élève l'Albert Range qui forme des escarpements abrupts de grès appartenant au dévonien et où l'on trouve de
LES CHAMPS DOR. l45
bonnes source^ dans les canons que la rivière a découpés dans les massifs en les traversant.
Le centre minier de Ruby Creek a une longueur apparente d'environ 8 kilomètres suivant la direction moyenne des reefs. Le terrain se trouve caractérisé par de larges filons de quartz qui en forment les principales éminences et dont la direction est légèrement Nord- Sud. A l'Est il est borné par les massifs de l'Albert Range, à l'Ouest par une bande de schistes et de quartzites. ^
Le plus grand nombre des daims se trouvent situés sur un seul et même alignement et leur ensemble se répartit sur une longueur d'environ 5 kilomètres. On rencontre ensuite une lacune de 900 à 1000 mètres sur laquelle on n'a rien trouvé, puis les claims se continuent au delà.
La mine The Ruby Queen a donné son nom au pays environnant. Elle a été ouverte par une galerie à travers des bancs de direction Nord-Sud, en partant d'un ravin qui coupe le reef à environ 3o mètres au-dessous de son sommet. Le minerai y est de bonne qualité et il aurait donné des résultats payants dès le principe si tous les bénéfices n'avaient pas été mangés par la construction d'une route d'environ 2^™, 5oo de long, destinée amener le minerai à l'usine où on le traite. La mine présente cet avantage qu'elle peut être travaillée très économiquement et sans épuisements. L'eau manque bien quelquefois pour les broyages, mais on pourrait aisément résoudre cette difficulté en fonçant un puits plus profond que celui qui sert actuellement.
Au Nord, le n* l North Ruby Queen, le n*» 2 North
Ruby Queen et le Scandinavian ont à peine été touchés.
Plus au Nord, le reef principal n'a pas été entamé ; on
a exploité seulement des ramifications riches en or sur
l46 CHAPITRE Vin.
la Pvramide, sur les claims Unioa et sur la mine Wesl and Left. Toutes ces ramifications sont riches et semblent converger vers le filon principal dont elles ne sont probablement que les apophyses. Cependant les petits reefs sont si bien définis dans cette région que leur permanence en profondeur paraît très probable.
Sur le Goliath et la Ruby Queen North Extended, on a fait fort peu de chose. Le Rising Sun, situé sur la même ligne ^et sur la rive Nord du ruisseau, a fourni une grande quantité de bon minerai. Mais on a dépensé ici, comme sur presque tous les claims, une grande quantité d'argent d'une manière parfaitement inutile. La batterie n'a pas assez de puissance et Teau y est en volume insuffisant. Il ne manque pourtant pas d'eau dans le sous-sol, et avec des puits suffisamment profonds on pourrait s'en procurer tant qu'on en voudrait.
A l'Ouest existent deux autres lignes de reefs qui présentent du minerai de bonne qualité; mais on n'y a pas ou peu travaillé.
Le manque de capitaux n'a pas permis de mettre sur chaque mine le matériel nécessaire pour traiter ce qu'elle produit. Aussi les prospecteurs qui travaillent pour leur propre compte sont-ils obligés de mener leur minerai aux moulins des autres claims qui fonctionnent pour eux-mêmes et pour le public. Comme les frais de transport et les pertes au broyage mangent une bonne partie de sa valeur, comme de plus on ne rend pas toujours d'une manière bien scrupuleuse tout l'or qui a été extrait et que les taillings sont le plus souvent laissés sur place, il en résulte qu'on n'a exploité jusqu'ici que du minerai riche et trié et qu'une bonne portion de ce qui a été extrait reste sur le carreau des mines, alors qu'on pourrait, dans des conditions meil-
LES CHAllPS d'or. f47
leurôs, en retirer des bénéfices qui ne seraient pas à dédaigner ettjiii rendraient bien des exploitations plus viables. i . ; ;: .
A i6 kilomètres au Sud-Est de Hàll's Greek, sur le ruisseau de Bulcher, affluent de la rivière Black Elvira, se trouve le centre minier de Broockman. La bande aurifère y est étroite, mais elle a une longueur de 5 à 6 kilomètres, en direction Nord-Sud. Le sol y est assez tourmenté, il est traversé par un large reef de quartz qui en forme la hauteur principale et qui s'élève jusqu^à 100 mètres environ au-dessus du pays environnant. C'est le long de ce reef que s'échelonnent les principaux claims. lien existe aussi d*autres sur un autre reef moins élevé, qui court à quelque distance à l'Ouest.
Le reef principal a été rejeté en plusieurs points par des failles. Il a le plus souvent pour toit un grès plus ou moins ferrugineux et pour mur des schistes qui renferment en certains points des veines de graphite et quarlz assez pyriteux. Le minerai est en général de couleur blanc bleuâtre, plus ou moins moucheté ou teinté par des oxydes de fer.
Sur la majeure partie des claims, le filon a été attaqué au moyen de puits, alors que des galeries à travers bancs auraient coûté moins et donné des résultats pratiques infiniment meilleurs. C'est ce dernier système qui a été suivi en partie sur le claim du Mount Bradley ; toutefois l'emplacement du tunnel a été assez mal choisi.
En résumé, si l'on lient compte de l'étendue du champ d'or de Kimberley constitué par les divers centres miniers que nous venons de passer très rapidement en revue, du caractère bien défini des filons, de leur bonne teneur movenne, de l'abondance du bois et de l'eau, des facilités que présente l'extraction et de
l4S CHAPiTftK VIII.
son bon marché relatif, on est étooné de l'éUt de délaissemenl dans lequel on le trouve actuellement. En i8p6, il n'y avait plus à travailler d'une manière régulière et continue que les concessions de Mouot Bradley, de Ruby Queeo el de Saint-Lawrence, et la
Une eipëdition airirant au campement.
population minière y comptait moins de trois cents personnes.
Cette situation tient à plusieurs causes. Quand ce champ d'or a été découvert, la spéculation s'y est de suite portée follement. Comme il est éloigné, que les communications y étaient difficiles, que les managers non surveillés étaient peu scrupuleux, pas du tout économes el souvent au-dessous de leur mission, on y a dépensé des sommes considérables, le plus souvent en pure perle ; les fonds de roulement el de travauii. ont été épuisés avant que les mines aient pu produire et la plupart des sociétés ont dû liquider. Les opératious mi-
LES CHAMPS d'or. i49
nières dans Kimberley ont été en suspicion à dater de ce jour et les capitaux n^ont plus voulu s'y intéresser.
C'est à peu près à cette époque que s'est produit le grand rush, amené par les découvertes de Coolgardie et d'Hannan ; les mineurs se sont portés en foule sur ces nouveaux champs d'or, qu'on représentait comme un nouvel El Dorado, et ils ont délaissé les anciens. Les quelques pionniers de la première heure, qui ont conservé la foi dans la valeur de leurs propriétés, se sont vus obligés de contracter des dettes pour pouvoir continuer les travaux; ils se sont mis dans les mains des store keepers et leurs claims sont devenus bien plus la propriété de ces derniers que la leur. Leurs prétentions sont malgré cela restées fort élevées et les capitaux, fortement découragés par les insuccès financiers précédents, se sont complètement détournés du champ d'or de Kimberley pour aller se porter ailleurs.
Tant que les mineurs pourront extraire du minerai riche, sans trop de difficultés et en payant à peu près leurs dépenses, la situation restera probablement la même au grand détriment de ce district bien plus favorisé de la nature que ceux de la partie centrale de la colonie et qui mériterait de fixer à nouveau l'attention des capitalistes désireux de faire de l'industrie minière et non du jeu, comme cela a été le plus souvent le cas.
La chaleur y est, il est vrai, assez grande pendant les mois d'été, mais les nuits sont généralement assez fraîches quand la saison des pluies est passée, et comme ensemble la salubrité du climat laisse peu à désirer.
On ne connaît pas exactement la quantité d'or qui a élé extraite depuis 1888. Dans le début l'or était frappé d'un droit d'exportation. Aussi beaucoup des sorties du métal précieux se faisaient en fraude; et comme de plus une bonne partie des échanges s'effectuaient au
i:>0 CHAPITRE VIII.
moyen de la poudre d'or, les statistiques ne fournissent que des informations sans aucune valeur. Les quelques chiffres authentiques cités par M. Woodward montrent en somme que les reefs travaillés étaient presque tçus payants. La moyenne des broyages pris en bloc donne plus d'une once à la tonne ; et, comme les frais d'exploitation sont relativement peu élevés et diminueraient certainement encore par l'emploi de perforatrices, on peut en conclure que des exploitations conduites d'une manière rationnelle et économique devraient certainement produire des résultats rémunérateurs.
Goldfleld de Pilbarra.
Nous comprenons sous cette dénomination unique Pilbarra et Pilbarra-Ouest.
Ce champ d'or est situé dans le Nord-Ouest de la colonie. Il est borné au Nord parla mer, à l'Ouest et au Sud par la rivière Forlescue, et à l'Est par la rivière de Gray et le grand plateau tabulaire ( Table Land) sableux de Warburton. 11 est compris tout entier, comme le précédent, dans la zone intertropicale.
Le long de la côte on trouve de larges plaines .d'alluvions d'où surgissent çà et et là quelques collines rocheuses; puis le terrain se relève progressivemeiît pour aller rejoindre au Sud et à l'Est le grand plateau intérieur. Sa partie Nord renferme les sources de plusieurs rivières importantes; elles s'y sont frayé passage par des gorges profondes qui recoupent les terrains superficiels et qui montrent en un grand nombre de points les roches cristallines sous-jacentes. Les couches qu'elles traversent sont des calcaires et des schistes, des quartzites, dés grès et des conglomérats qui renferment en
quelques places des djkes de trapp et de basalte. On trouve dans leurs Hls des agates, des cristaux de calcite, etc.; on prétend même y avoir recueilli des pierres précieuses, mais le fait mériterait confirmation.
La découverte de Tor dans cette région remonte à Tannée 1888. Ce sont surtout des alluvions riches qui ont tout d^abord attiré l'attention ; mais on a reconnu postérieurement et Ton exploite actuellement des reefs importants et nombreux.
La caractéristique géologique du champ d'or de Pilbarra est Timmense étendue des formations granitiques. La chaîne de montagne du Black Range, qui est presque uniquement constituée par cette roche, s'étend sur une seule ligne de près de 80 kilomètres de longueur, sans autre interruption que la coupure où coule la rivière Shaw. Entre les affleurements granitiques s'étendent des bandes de terrains dont la direction est à peu près Nord- Sud et qui ont entre eux une grande ressemblance. Le ; calcaire magnésien ('), auquel on donne dans le pays le nom A^opaliney paraît être la roche dans laquelle les reefs aurifères se présentent le plus fréquemment.
Au moment où nous étions en Australie, les centres miniers principaux de Pilbarra étaient : Marble Bar, Bamboo Creek, Coongan, NuUagine, Talga-talga, Northern Shaw, Western ShaWjTamboura Creek, Pilbarra Peewah, Egina, Malina, Groydon, The Nicol et Whim Creek.
Le centre administratif se trouve à Marble Bar, résidence du Warden (c'est le magistrat local qui cumule les fonctions judiciaires, administratives et de police du champ d'or). Marble Bar est en même temps le point le plus important comme population; il compte 260 habitants.
(') Ce calcaire est fortement imprégné de silice calcédonieuse.
Le premier centre aurifère qu'on rencontre en s éloignant de la c6te est celui de Malina. 11 se trouve à environ 1 1 a kilomètres à l'est de Rœbourne et à 3a kilomètres à vol d'oiseau de la mer. Le premier reef a été découvert en 1888 dans la plaine d'alluvions qui s'étend le long de la côte Nord-Ouest. C'est un filon de quartz
d'épaisseur variable, de couleur blanchâtre, qui forme une sorte de colline courant de l'Est à l'Ouest. Od en a presque en même temps reconnu un second sur le versant Sud de la même colline, dont il suit le contour en paraissant plonger vers le premier. Sa puissance varie de o, ao à o, 60. C'est dans ce dernier qu'on a tout d'abord trouvé de l'or exploitable, le premier étant relativement pauvre. Tous deux renferment une certaine quantité d'antimoine. Le minerai le plus riche a été généralement rencontré au mur du second lîlon. La majeure partie des claims qu'on avait marqués
LES CHAMPS d'or. i53
sur ces deux reefs ont été provisoirement abandonnés à la suite de découvertes de riches alluvions dans d^ autres parties du même district.
A environ i kilomètre à FEst, il existe un autre reef à peu près parallèle aux deux précédents et qui a comme eux son pendage au Nord. Ses affleurements sont peu marqués et ils ne pouvaient pas faire prévoir sa largeur de près de 3 mètres que les travaux en profondeur ont permis de constater. A proprement parler, il se compose plutôt de deux veines plus ou moins réunies en une seule; Tune, épaisse de o"*,45 à o™,6o seulement, forme le toit et est riche en or, tandis que l'autre, plus puissante, paraît plus pauvre.
Ces divers gisements présentent à peu près tous cette particularité qu'ils renferment une assez grande quantité de sulfure d'antimoine au milieu duquel de l'or libre est souvent visible. Quand il se trouve à cet état, le métal précieux peut être recueilli par l'amalgamation, bien que la présence de la stibine paraisse diminuer très notablement la puissance absorbante du mercure ((( le rende malade », disent les mineurs). Mais, de plus, l'expérience et les analyses ont établi qu'en outre de l'or libre, il en existe une notable quantité engagée dans une sorte de combinaison dans le sulfure et que tout ce métal échappe à l'amalgamation et passe tout entier dans les taillings. Aussi les broyages n'ont-ils pas toujours donné à beaucoup près les rendements que les essais pyrognostiques avaient fait prévoir.
Ainsi à Peeawah, situé à 8 kilomètres à TEst de MaJina, un reef de 0,60 à 0,90 de puissance, découvert par MM. Wells et C°, accusait aux essais de 7 à 10 onces d'or, tandis qu'on n'en retirait sur les plaques et dans la batterie que 2 onces à 2 onces ^. On pense qu'un grillage méthodiquement exécuté, avant de passer le
l54 CHAPITRE VIII.
minerai aux pilons, permettrait probablement d^augmenlerle premier rendement et préparerait les taillings pour un traitement ultérieur par cjanuration, chloruration'ou tout autre système approprié.
On a récemment découvert dans la localité de Towranna, à â4 kilomètres de Malina, une nouvelle bande aurifère où le minerai est de nature différente. C'est un quarU de couleur généralement bleuâtre, qui contient du fer et de la galène. La contrée environnante est principalement constituée par des phyllades que traversent des veines de diorile et d'opaline. (Nous avons indiqué plus haut la signification de ce mot.) Les reefs se rencontrent au milieu de schistes; de phyllades et, quelquefois, de porphyres. L'or s'j trouve à la fois à l'état de grains assez gros et de particules extrêmement fines. Les parties les plus riches du quarlz sont celles qui sont minéralisées par le fer et le plomb.
Encore plus au Sud que Towranna, on rencontre la région de Croydon où Ton a retiré une grande quantité d'or d'alluvions. Toutefois, on n'y a pas encore reconnu de reefs à la présence desquels on puisse rattacher les dépôts du métal précieux.
Le centre minier d'Egina, situé à l'Est de Peeawah et à environ 8 kilomètres au Sud-Ouest du mont Langenbeck, se trouve dans les mêmes conditions. C'est en ce point qu'on a découvert le premier placer de cettepartie de la colonie. Le champ d'or se compose d'alluvions de peu d'épaisseur, au milieu de collines de schistes que traversent quelques veinules de quartz. On prétend, mais sans preuves bien certaines à l'appui, que sur toute la distance entre Egina et Croydon, on rencontrerait toute une série de dépôts de même nature.
L'exploitation se fait par criblage et vannage- à sec au moyen de ventilateurs ou de petites machines souf-
LES CHAMPS d'or. I 55
fiantes mues à la main {dry blowing); la rareté de l'eau, ici comme dans bien d'autres points, ne permet pas d'employer les procédés ordinaires de lavage.
On trouve de Tor, paraît-il, dans presque toutes les dépressions du terrain et, dans quelques points en particulier, on a rencontré des poches d'une richesse phénoménale. Les prospecteurs feraient bien de se mettre à la recherche des reefs dont la désagrégation doit avoir fourni tout ce qui a été récolté.
Pilbarra est le centre d'une bande aurifère relativement étroite, située à 20 kilomètres au Sud-Est d'Egina et à environ i3 kilomètres à l'Ouest de la rivière Yule. Elle a une largeur d'environ 3 kilomètres et s'étend dans la direction Nord-Est et Sud-Ouest. Elle est limitée à l'Est par une masse intrusive de granit et à rOuest par un grand dyke de quartz ferrugineux.
Dans cette région, l'or se trouve en dépôts superficiels d'étendue limitée, mais généralement riches. Son aspect anguleux semble établir qu'il n'a pas subi un long transport et que les reefs d'où il provient ne doivent pas être très éloignés. L'ensemble des dépôts reconnus se développe sur une longueur d'une dizaine de kilomètres environ.
On a bien trouvé des quartz aurifères, comme celui qu'on a nommé le Broken Reef, et qu'on peut tracer sur une certaine étendue à la surface. Ce sont plutôt des séries de masses lenticulaires formant chapelet, dont quelques-unes sont riches par places; le métal précieux semble s'y présenter en colonnes de position et de direction indéterminées, le reste étant généralement pauvre. Leur origine paraît en relation avec le soulèvement de la masse de granit située à l'Est. Ce seraient des fentes ou des fractures qui se seraient produites tout près de cette intrusion et qui auraient
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été remplies postérieurement. Si celte hypothèse est justifiée, il y aurait peu de chance qu'elles soient continues en profondeur.
Dans ces derniers temps, on a découvert, à lo kilomètres au ?Jord-Ouest, une nouvelle série de filoos qui paraissent de meilleure nature. Leur emplacement a été
Une mine du goldâed de Pilbarra.
appelé Hong-Kong, du nom du Chinois qui a le premier signalé l'or en cet endroit. Quelques broyages d'essai auraient fourni, à ce que l'on rapporte, des rendements très satisfaisants. Néanmoins, étant donnés la faible profondeur des puits et le peu de développement des travaux, il n'est pas encore possible de se prononcer sur la valeur future de celte nouvelle région. La plupart des reefs d'une certaine puissance se rencontrent le long des collines. En général, ce sont aussi les moins riches. A côté d'eus, on a reconnu des veines beaucoup moins larges, mais plus riches, qui Ira-
LES CHAMPS d'or. l5y
versent les schistes el les opalines. C'est probablement â la décomposition de ces dernières qu'il faut rapporter l'origine de l'or des placers exploités en premier lieu. Celte région, du reste, est bien loin d'être entièrement prospectée el il se peut que Ton y trouve d'un moment à l'autre d'autres filons plus continus que ceux que Ton a travaillés jusqu'à présent.
Le centre minier suivant est celui de Western Shaw, connu depuis un certain nombre d'années pour ses alluvions aurifères. Il est situé sur le bord de la grande formation granitique dont nous avons parlé en commençant. Le terrain y est extrêmement tourmenlé. D'énormes bandes de quartzites, généralement constituées par des couches parallèles diversement colorées (Jasper /or mations) y forment les crêtes de collines de diorite, d'opaline, de phyllades et de schistes, qui ont une direction générale uniforme du Nord-Ouest au Sud-Est. Les couches sont très relevées et ont leur pendage à l'Ouest.
Après avoir épuisé les placers, on a trouvé dans celle région toute une série deVeefs aurifères; sur plusieurs d'entre eux, qui sont puissants et qui paraissent continus, on a déjà exécuté une grande quantité de travaux et extrait du minerai de bonne qualité. On a même commencé l'érection d'une batterie de dix pilons. Au contraire de ce que nous avons eu à constater jusqu'ici pour l'ensemble du champ d'or, l'eau ne paraît pas faire défaut et on la trouve à peu de profondeur. De plus, le bois serait assez abondant pour alimenter, au moins pour un certain nombre d'années, les travaux intérieurs des mines et le chauffage des machines. Ce sont évidemment des conditions excellentes.
Tamboura Creek est située dans la même contrée et
l58 CHAPITRE VIII.
au Nord de Western Shaw. Comme lui, il est sur la bordure d'une autre formation granitique de très grande surface qui s'étend vers le Nord-Ouest. Le ter*rain y est beaucoup moins accidenté, les collines y sont plus basses et à formes plus arrondies. Les formations, en tatit que roches, y diffèrent également, car elles se composent principalement de schistes amphibolitiques, de diorites et d'opalines. Les affleurements des reefs y sont généralement assez étroits, mais la plupart augmentent de puissance en profondeur. Beaucoup d'entre eux, en outre de l'or, accusent une forte minéralisation, due surtout à des oxydes de fer, de cuivre et de manganèse. Le minerai s'y présente sous un aspect meilleur, plus engageant que dans les centres miniers précédents. Jusqu'à présent, l'or qu'on y a rencontré est à l'état libre; mais, comme les travaux sont encore peu poussés en profondeur, il est assez probable que, quand on aura dépassé la zone où les actions atmosphériques ont pu exercer leur influence, on le trouvera mélangé ou combiné avec des sulfures. On peut remarquer, du reste, des traces de ces derniers tout près de la surface du sol.
En continuant à remonter vers le Nord, et parallèlement à la chaîne de montagnes du Black Range, on traverse la rivière Shaw. C'est près de ses bords et à l'Est du Black Range que se trouvent les champs d'étain dont nous avons parlé plus haut et qui sont maintenant à peu près délaissés en raison de l'attraction bien plus puissante de l'or.
Plus au Nord, et à l'Ouest du Black Range, on rencontre le centre minier de North Shaw. 11 est situé à FOuest d'une série presque continue de collines sensiblement parallèles au Black Range. Les formations se composent de schistes amphibolitiques, de diorites,
LES CHAMPS d'or. iSq
d'opalines et de schistes ordinaires. On y trouve des reefs de quartz et des formations ferrugineuses qui contiennent pas mal d'or dans les parties superficielles. • Néanmoins, dans ces dernières, le minerai parait s'appauvrir en général dans la profondeur. Ce n'est, du reste, pas là un fait isolé et particulier à la région, mais une constatation que l'on peut faire trop souvent sur tous les champs d'or de la Westralie. Dans la plupart de ces formations ferrugineuses, il semble que l'or se soit concentré dans les parties superficielles des filons par une sorte d'effet chimique ou mécanique que l'on n'a pas encore pu expliquer.
On a fait beaucoup de travaux de prospection, mais ceux de développement ne sont pas encore assez avancés à l'heure actuelle pour qu'on puisse se prononcer en connaissance de cause sur la richesse et l'avenir probable de ce centre.
Marble Bar est la plus importante de ces diverses localités minières; c'est aussi le lieu de résidence du Warden du champ d'or de Pilbarra.
Elle est à TEst de la rivière Goongan, près de sa jonction avec l'Emu Creek, à une distance d'environ Sai kilomètres de Rœbourne, de i6o kilomètres au Sud du petit port de Condon et à i85 kilomètres au Sud- Est du port de Hedland. Bien qu'elle n'ait commencé à être exploitée que depuis quelques années seulement, un assez grand nombre de propriétés sont maintenant aux mains de compagnies anglaises, coloniales et même locales.
La bande de pays dans laquelle se rencontrent les principaux reefs bien reconnus est limitée à l'Ouest par la grande formation granitique et à l'Est par une série de dômes ou de djkes arrondis de diorite, qui on souvent aux affleurements un caractère presque basai-
lique. Sa direction géoérale esl Nord-Nord-Est. Elle se compose principalement de schistes, de quartzites et d'opalines. Dans les points où les schistes ont été refoulés contre le granit par les venues dioritiques subséquentes, on les trouve souvent transformés par métamorphisme en serpentine et en talc.
Viïite aux mines de Normaobj.
Le reef le plus régulier, le mieux reconnu et le plus puissant est celui <\a\, en partant du Nord, traverse successivement les claims North Auslralian, Band of Hope, South Australîan, Iron Clad et Iron Clad South. C'est un énorme filon dont la puissance varie depuis I "", 20 jusqu'à a", I o suivant les points où on l'a étudié. Le quartz qui le constitue renferme, avec de l'or libre, des oxydes de fer, des carbonates de cuivre bleus et verts, et souvent aussi le sulfure plombo-cuprifère de bismuth, connu sous le nom A'aikinite ou de patrihite. C'est surtout dans les parties ferrugineuses que
LES CHAMPS D*OR. l6l
l'or se trouve en plus grande abondance; il esta croire qu'en profondeur on le rencontrera associé avec les sulfures des métaux que nous venons de ^iter; et, ce qui tend à l'établir, c'est qu'en différents points on peut voir, en outre de grains de pyrites, des nids de galène au milieu desquels brillent des particules d'or natif.
En plus du reef principal précité, on a constaté sur les claims précédents la présence de plusieurs autres reefs parallèles ou divergents de puissance moindre et sur lesquels on a fait jusqu'ici très peu de travaux. Sur tous ces claims, des broyages de minerai, recueilli il est vrai à de faibles profondeurs, n'ont pas donné de rendements inférieurs à 2 onces ^ à la tonne.
Au Sud de la mine Iron Clad South, le reef est dévié à l'Ouest par une puissante intrusion de diorite. On croit l'avoir retrouvé sur lé claim Bohemian^ situé au Sud-Ouest de l'Iron Clad South. Sur le claim précité, on a aussi constaté la présence de deux autres reefs ; l'un d'eux s'infléchit à l'Est en remontant vers l'Iron Clad, tandis que le second, qui présente d'abord une direction Nord-Sud, s'incline ensuite à l'Est et traverse l'Iron Duke, comme le fait le précédent, pour aller ensuite sur le Contest. Le pendage de tous ces reefs est à l'Ouest et au Sud-Ouest.
Un autre reef, qui descend au Sud-Est avec pendage au Sud-Ouest, part de la limite de l'Iron Duke et traverse le General et le Reward Claim. On trouve aussi sur ces derniers plusieurs veines {leaders) de faible épaisseur, mais assez riches en or.
Enfin, à la même hauteur, un reef à direction Est- Ouest avec pendage au Sud a été reconnu sur toute l'étendue du Westward et du Patent Lock et au delà, de part et d'autre.