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(On peut dire, sans êlre taxé d'exagération, que cette préoccupation constante du jeu sur les titres a été un des grands obstacles au développement des entreprises minières.)
L'expérience a montré que ces craintes n'avaient pas leur raison d'être. Si, comme cela arrive souvent, le titre des minerais s'est trouvé un peu moins élevé quand on est descendu plus bas, les progrès réalisés aussi bien dans leur extraction que dans leur traitement ont couïpensé, et au delà, la dimiaution du métal précieux. En 189^, la moyenne de la production par tonne de tout ce champ d'or a été de 2 onces i4 dwt. 1 5 grains, tandis que celle de Coolgardie n'a été que de 1 once 12 dwt. Depuis elle a toujours été en augmentant. Des rendements de 6 à ^ onces d'or à la tonne ne sont pas une rareté et les profondeurs atteintes sont de 1000 pieds et au delà.
Si l'on se reporte à ce que nous avons dit de la genèse probable des grands dykes aurifères, il est probable qu'on arrivera, à un moment donné, aux points où la zone décomposée n'existera plus en profondeur et où l'or libre ne se trouvera plus en aussi grande abondance. 11 faudra alors le faire sortir des diverses combinaisons qui le renferment (sulfures, arsénio-sulfures, tellurures, etc.). Le mode de traitement nécessairement ne sera plus le même; mais, comme il faudra toujours commencer par faire des concentrés, une bonne partie du mati'*riel actuellement appliqué à l'extraction de l'or libre pourra encore être utilisé alors.
Quoi qu'il en soit de l'avenir, le présent est assez brillant pour satisfaire même les plus difficiles. Sur 37 mines en exploitation en 1897, i5 ont donné des rendements supérieurs à 2 onces | à la tonne. Plusieurs de ces dernières atteignent de 4 à 7 onces; parmi elles
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFERES DES CHAMPS d'oR. 299
il convient de citer : le Golden Horseslioe, Hannan's Brown Hill, Hannan's Cresiis Gold, Biock 45, Kalgurli GoM Mine, Kalgoorlie Bank of England.
Pour qu'on puisse se rendre compte de la richesse des mines de cette région, nous donnerons un rapide aperçu de ce que l'on trouve sur l'une d'elles: le Golden Horseshoe, dont les titres ont acquis une si grosse plus-value dans ces derniers temps.
Il existe sur cette propriété deux puits, l'un de 5oo pieds de profondeur (c'est le puits principal) et l'autre qui dépasse 200 pieds.
Les filons ou formations reconnues sont les suivants :
'(«) FiloQ du Horseshoe.
\'b) Filon intermédiaire, recoupé par un travers banc à la profondeur de 3oq pieds.
(c) Filon n° i, recoupé dans le puits principal entre les gale-
ries de foo à 200 pieds, et recoupé à nouveau entre les galeries de 200 à 3oo pieds.
(d) Filon n*" 2, recoupé dans la galerie de 200 pieds; il paraît
se réunir avec le filon n° 3, avant la galerie de 3oo pieds.
(e) Filon n° 3 ou d'Invahoe, qu'on a recoupé entre loo et
200 pieds, puis au niveau de 3oo pieds, et enfin dans le fond du puits principal.
(/) Filon n° A, ou du Great Boulder, travaillé entre les galeries de 100 et 200 pieds et recoupe à nouveau au niveau de 3oo pieds.
Ces deux derniers paraissent être les prolongements de ceux qu'on exploite sur les concessions d'Ivanhoe et du Great Boulder, ce qui explique les noms qu'où leur a donnés.
Tous ces filons sont soigneusement reconnus par des travers bancs partant du puits principal, ainsi que par des galeries en direction sur les gîtes.
Le second puits, actuellement en fonçage, a pour
Vue géiiùr,.lc .le Ukc Vitw Oins" et du Cical Uoulder ( 1896 1.
olijcl de leitdrc lV\pluitatioii plus ("acile et plus écoiio-
au Greal Dauiat
PRINCIPALES LOCAI.ITliS AlItlI'CRtS DKS tllAUl'S D OH. ÏO r
mique et en même temps de donner une aération âiillisanle.
Les minerais extraits sont d'abord liasses à la ballcrie, qui en retire la majeure partie de l'or libie. Le-r tailings contiennent de i3 à i5dwt. el les slimes de i à a dwt. en moyenne à la tonne. Ces deux dernières
Mine de Urown llill (iKç)'i).
catégories de produits sont traités par la cyanuration.
On fait également une petite <]uantîlé de concentrés fort riches, qui sont vendus à des usines étrangères.
Les minerais qui proviennent des divers liions ou formations n'ont, bien entendu, pas tous )a môme valeur, et, dans un même filon, la teneur en or peut varier sensiblement d'un point à un autre ; ainsi le filon n" 3, recoupé entre ^oo et 465 pieds dans le puits principal, donne aux. essais G onces à la cote 4^i pieds et 20 onces à la cote 405 pieds. Dans la zone que nous
venons d'indiquer, la moyenne est supérieure à 5 onces par tonne.
On remarquera que, parmi les filons actuellement exploités, les uns étaient pour ainsi dire connus, ou tout au moins soupçonnés d'avance, parce ' qu'ils se trouvaient déjà tracés sur les propriétés voisines et que leur direction prolongée idéalement indiquait leur existence très probable sur le terrain du Golden Horseshoe. D'autres, au contraire (qui constituent en fait des blind Iodes) ^ ont été reconnus en profondeur, alors qu'ils ne se montrent pas à la surface et que leur présence n'aurait sans doute jamais été soupçonnée, si des travaux, judicieusement exécutés, n'avaient pas permis de les recouper.
Dans cette même mine on a déjà trouvé des zones où dominent les lellurures, les sulfures, etc., et dont les minerais, mis sous forme de concentrés, réclameront un traitement différent.
Ces mêmes zones se sont rencontrées aussi dans d'autres mines du Bell. Déjà, en 1896, à Lake View Consolidated, on avait des tellurures à 3oo pieds de profondeur. Au Block 4S, premier endroit où l'on a constaté la présence de ce minéral, la zone où il se présentait était à i3o pieds seulement de la surface du terrain naturel. De même au Great Boulder Main Reef, à Hannan's Star, etc., les sulfures, arséniosulfures et tellurures faisaient leur apparition dans les mêmes conditions.
Ceci n'a rien qui doive surprendre, si l'on veut bien admettre ce que nous avons dit sur la constitution des grands djkes aurifères de cette région et de la roche au milieu de laquelle ils se trouvent enclavés et dont ils sont dérivés.
Toute l'activité minière de ce champ d'or est pour
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR. 3o3
ainsi dire exclusivement concentrée dans le Belt. Ce n'*est pas qu'on n'ait pas fait de recherches en dehors de cette bande de terrain ; les claims extérieurs, il est vrai, ont été peu rémunérateurs jusqu'à présent; mais rien ne prouve qu'ils ne le deviendront pas à un moment donné.
Coolgardie Nord-Est. — Ce champ d'or comprend à proprement parler trois centres principaux distincts, qui sont Kanowna (ou White Feather), Bulong et Rurnalpi.
Le premier, qui est aussi le plus important, n'est qu'à une douzaine de milles de Kalgoorlie; à l'époque de notre visite, il était relié à cette ville par un de ces tracks sinueux, plein d'ornières, de poussière et de souches, dont nous avons parlé en commençant. Actuellement c'est le chemin de fer de Menzies qui le dessert.
C'est dans cette région que les opérations minières ont été poussées le plus activement, quoique les teneurs du minerai soient bien inférieures à celles que nous avons indiquées pour Hannan.
En 1897 on a découvert, dans le voisinage pour ainsi dire immédiat du township (ville), à un demi-mille au Nord de sa limite, des alluvions aurifères profondes, entièrement différentes comme nature et comme allure, des dépôts de surface auxquels on a jusqu'ici donné le nom très impropre A^ allumions (alluvials). Ces gisements, les premiers de leur espèce dans la Westralie centrale, se trouvent dans une vallée qui se dirige vers rOuesl. Dans leur partie la plus élevée, ils se composent de terre rouge et de conglomérats ferrugineux. Leur dislance de la surface du sol, très faible au début, va en augmentant au fur et à mesure qu'on marche vers l'Ouest. Dans un certain nombre de claims, des puits
de 1(1 mt'lres el plus n'avaient pas renconiré le vrai fond {bed rock) du giseooenl. Le Irts grand avanlage dont jouissenl les déleoleurs de ces claims réside dans ce fait qu'on peut s'y procurer de l'eau à des pris raisonnables; c'est ce qui a manqué jusqu'ici à la plupart des placers de la colonie.
Wliiio reailiei''s Uewortl (iHgfi).
On peut dire d'une manière générale que les exploitations principales ont surtout porté sur les reefs de quartz. On y trouve cependant des Iode formations qui présentent des caractères identiques à ceux de la région d'Hannan, mais ils sont molheureusenieni bien loin d'être aussi riclies. Tel est l'ensemble de ces claims désignés sous le nom de General Gordon. (Ces gîtes ont été à peu près complètement abandonnés en 1 85^- 1 89S, à cause de leur trop faible teneur, )
L'eau, même salée, est rare dans beaucoup d'endroits et l'on a fait de très louables elforts pour renié-
PRI\Ctt>ALEg Llia4LITES Al'HII''KI
Mine Gcnc,»l Cnnlon ( ,S,,<;),
(lier à celte pénurie. Le Gouvernement a fait conslruir
Ln allclagE d'iniu^ ù Whili; l'callict
m ir* m~ m»
3o6 CHAPITRE X.
au Sud de Ranowna un réservoir capable de conlenir I2 000 mètres cubes d'eau pluviale, moyennant une dépense de 35oooo francs. Une nouvelle route va directement de ce point à Kurnalpi.
A Bulong, le Gouvernement a également fait établir un autre réservoir de même capacité; il est situé à environ 1600 mètres au Sud de la ville.
De plus la Compagnie des Goldfields Water Supply a établi au bord du lac Yindarlgooda, distant d'environ 5 kilomètres, une station de pompes, qui puisent l'eaii dans le lac pour la refouler au sommet du mont Stuart, d'où elle descend par une canalisation jusqu'à la ville et aux principales mines. Cette distribution d'eau peut donner 2000 mètres cubes par i\ heures.
Le nombre total des claims patentés et en exercice était de 471 à 1^* fii^ de l'année 1897,
Le rendement mojen du district de Kanowna était de 1 once par tonne, en nombre rond, pour l'année 1898. Celui de Bulong, à la même époque, s'élevait à I once 7 dwt. 6 grs. et celui de Kurnalpi à 16 dwt. 12 grs. Comparés à ceux que nous avons accusés pour Kalgoorlie, ces chiffres sont peu' élevés. On peut facilement en donner la raison. En premier lieu, les gîtes qu'on y exploite sont presque uniquement des reefs de quartz, à richesse assez irrégulière, comme ils le sont presque tous. En second lieu, on ne recueille sur les plaques des batteries qu'une portion de l'or libre; le reste s'en va avec les tailings, en même temps que les sulfures qui contiennent une notable proportion d'or combiné. A l'époque où ces chiffres ont été établis on ne faisait ni cyanuration, ni concentration de tailings : d'où un rendement inférieur à celui qu'on doit normalement avoir.
Les rcefs sont en général bien définis, relativement
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR. 3o7
puissants; aussi, malgré leur teneur moindre en métal précieux, devraient-ils néanmoins payer convenablement, s'ils étaient exploités d'une manière rationnelle et économique^, ce qui n'est malheureusement pas le cas en général.
Broad Arrow. — Ce district est le plus petit des champs d'or proclamés en Westralie. Il renferme trois centres principaux : Broad Arrow, Bardoc et Black Flag. Les villes (lownships) les plus importantes sont : Broad Arrow avec 620 habitants, Black Flag avec 3i5, Bardoc avec 210, Paddington avec 260 et Windanja avec 120.
Les caractéristiques de celte région, au point de vue minier, sont à peu près les mêmes que celles de Coolgardie Nord-Est. Nous devons toutefois signaler qu'on a trouvé des tellurures d'or aux mines du Credo et de Lady Bountiful.
De plus, des puits foncés au Credo, près de Broad Arrow, à Ladj Bountiful près de Black Flag et Wicheproof près de Bardoc, ont rencontré des nappes d*eau douce, peu abondantes il est vrai, mais qui dispensent de recourir à la distillation de l'eau salée, comme cela est nécessaire sur presque tous les autres champs d'or. Le fait en lui-même a une grande importance pratique, parce qu'il montre qu'on peut espérer trouver des eaux potables, au moins dans une partie de cette région.
D'une manière générale, les couches aquileres onl un débit très restreint, même en eaux salées, et c'est une cause de grande gêne pour le traitement des minerais. Plusieurs batteries ont souvent chômé assez longtemps par suite du manque d'eau.
Eu égard à sa faible étendue, le champ d'or de Broad Arrow est peut-être celui qui a proportionnellement le
3u3 ciuPiTUE \.
|)t<is grand nombre de mines travaillées ou en exploitalion. A la fin de 1897, il contenait 34o Icases patentées.
Son rendement moyen à la tonne Iraitée s'élevait à la même date à 1 once » dwt.
Nous ne meulionnerous en particulier que la mine Wetter, à liardoc, parce qu'elle apparlienl à une So-
tUUcrie en [ilein air à Ulack Klag.
ciété française. Dans ses parties supérieures décomposées, elle montre nn gïle qui présente à la fois les caraclères d'un lilon et d'im (ode formation comme on en rencontre dans la ri''<;iim d'tlannan. L'exploitation n'y a été commencée qu'à une date assez réeenle. Dirigée parnn infîénicni rrançais,elle promet de donner (les résnilals rOniunéralCLirs, lant à cause de sa teneur moïenne qu'en niison de la manière intellinenle et économique suivant lacpiellc s'exécutent les travaux.
Ce qui avait an début rendu difficile le développement de cetle réjçion, comme de celles plus au Nord
PHlNnp\LES I.OCtLITKS AUIIIKKRKS DES CIIAMfS l>OB, 3of|
dont nous allons [larter, c'est que pendant longtemps les transports, elTectiiés sur les rouler ordinuircs, coûtaient des prix cxorbitanls. Celle situation s'était déjfi améliorée quand le chemin de fer est arriva à KaU goorlie. Elle est devenue à peu prCis normale depnis que la ligne de Kalgooilie à Menzîcs a él6 livrée au trafir.
Coolgardie Nonf. — Ce champ d'or comprend un certain nombre de districts dont les principaux à citer sont: Menzîcs, Ularring, Niagara et Yerilla. Les townships sont plus nombreux; ce sont ceux de Menzics, GoongarieMiiMine,Gallioii,Wanshoroiigh{Mo(inlIda), Niagara, Tampa, Yerilla et Linden. La population totale flotte entre (iooo et ^ooohabitants. Elleétaiide près de loooo avant la crise minière des valeurs aurifères du Transvaat en i8()-.
Coolgardie Nord a été notablemenl réduit, comme étendue, par la création en 189^ du nouveau champ
3lO CHAPITRE X.
d'or da Môunt Margaret qui en a pris presque la moitié. Au moment de notre séjour en Westralie en 1896, cette région pouvait être considérée comme à peu près vierge. Les prospecteurs qui avaient commencé à la parcourir avaient accusé la présence de l'or en bien des points, mais on n'avait encore commencé aucune exploitation. Les choses ont bien changé depuis, et cette contrée a pris un développement considérable, bien que le mouvement d'expansion, qui se produisait au commencement de 189^, ait été singulièrement entravé par la crise à laquelle nous venons de faire allusion.
Toute cette bande de terrain, qui se rapproche de la zone tropicale, où les pluies sont plus abondantes, est bien mieux alimentée en eau potable que tous les champs d'or dont nous avons parlé précédemment. Par exemple, dans la Pecton Valley, située à 2 milles et demi à l'Est de Menzies, on trouve pendant presque toute l'année de l'eau de bonne qualité , qu'on peut employer pour la boisson et pour tous les usages domestiques. Le volume disponible diminue sensiblement, il est vrai, pendant la saison sèche; mais il augmente de nouveau aussitôt que les pluies ont commencé à tomber.
Pour plus de sécurité le Gouvernement a fait construire au Sud de la ville un réservoir destiné à recevoir les eaux pluviales; le fond et les parois sont recouverts d'un revêtement en béton de ciment; cet ouvrage peut contenir 12000 mètres cubes.
La Compagnie des Menzies Water Works alimente les batteries de la région avec de l'eau salée puisée au moyen des pompes dans le lac Barlee. Toutefois, à la fin de la saison sèche, la quantité disponible devient généralement insuffisante; déplus, la salure et, par suite, la densité de l'eau augmentent, tellement (elle
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'OR. 3li
donne à l'évaporation jusqu'à 3o pour loo de résidu solide) qu'une notable quantité de l'or fin qui sort des batteries flotte sur les plaques amalgamées sans s'y arrêter, comme cela doit se produire ordinairement, et passe dans les tailings, réduisant ainsi le rendement normal du minerai.
A Yerilla, Niagara et au Mont Ida, la plupart des mines rencontrent dans leurs puits de Teau généralement douce ou à peine saiimàtre, et en quantité suffisante pour les besoins domestiques et quelquefois pour ceux de la mine elle-même. Par contre, à Mulline et à Gallion, l'eau est très rare et l'on se heurte ici aux mêmes difficultés qu'à Broad Arrow pour le traitement des minerais.
Quand ce champ d'or a été découvert, on avait dit merveille de sa richesse, qui devait, assurait-on, égaler sinon dépasser celle du Belt d'Hannan. En fait, les affleurements d'un certain nombre de reefs montraient des minerais fort beaux, comme cela arrive souvent dans les filons de quartz, comme cela s'est produit à la Londonderry. Mais il a fallu en rabattre et l'exemple de cette dernière mine aurait dû engager à être plus prudent dans les jugements qu'on portait un peu prématurément. Tout ce qu'on peut dire, à l'heure présente, c'est que cette région donne une excellente moyenne, un peu supérieure à celle des goldfields que nous venons de passer en revue en dernier lieu. Celle de Menzies et d'Ularring la dépasse sensiblement. Ainsi dans le district de Menzies 40097 tonnes, traitées depuis la découverte jusqu'à la fin de 1897, ^^^ donné 79833 onces d'or, soit i once 19 dwt. 7 grs. à la tonne. Pour Ularring, dans les mêmes conditions, 267 tonnes ont fourni joi onces, soit 2 onces 12 dwt. i5 grs. à la tonne. Par contre, le district de Niagara n'a donné que
'Ul CIIAFITRK X.
4 dwl. i3 grs. et celui de Yerilla i once 4 dwt. logrs, à la tonne.
Parmi les mines dont le rendement dépasse la moyenne, il convient de citer : Lady Shenlon avec 3 onces ii dwl. lo grs. à la tonne, Qneensland Menzies avec 3 onces 9 dwl. i3 grs., Lady Sherry avec 3 onces 3 dwl. 11 grs., et Golden Age avec 4 onces 16 dwl. 8 ijrs.
A UlarriniT, 17 lonnes ~ de minerai provenant de la mine Lady Kate ont fourni i()6 onces 6 dwt. 2 grs., c'est-à-dire 11 onces 1 dwt. 17 grs. par tonne. Il est fort probable que, dans ce dernier cas, on a eu affaire à du minerai trié.
i^cs salaires des mineurs et autres ouvriers de toute nature ont une tendance marquée à être plus élevés que dans les champs d'or précédents.
Mount Miirgarel. — Ce champ d'or figure parmi les derniers créés. A Tépoque de notre voyage, c'était la partie la moins connue dans les régions aurifères du centre, et Ton peut dire que les prospections ne faisaient qu'y commencer. Tout ce qu'on savait, c'est qu'on v avait trouvé un grand nonibre de reefs à allure et à teneur très encourageantes. On est bien mieux édifié maintenant, et celle nouvelle zone paraît avoir tenu largement ce qu'elle promettait au début.
Le goldiield du Mount Margaret comprend deux districts principaux assez éloignés l'un de l'autre : celui du Mount Margaret proprement dit et celui du Mount Malcom. Dans l'un comme dans l'autre, il a fallu au début luller contre les elïets désastreux de la crise minière de 1897 et plus encore contre la difficulté et la cherté des transports. A celle époque, en effet, les marchandises de toute nature, aussi bien les ma-
chines que les provisions indispensables ù la vie nialérielle, devaient 6tre transportées à partir de Coolgardie sur des tracksépouvantables et les fiais éloient énormes ; heurenx encore quand les convois ne restaient pas en roiile. Nous ne parlons que pour mémoire des difficultés inouïes auxquelles donnait lieu le charroi des^ machines et des lourdes pièces des batteries. Ces temps difficiles ont été traversés avec un courage et une persévérance dignes d'éloges, et maintenant les hardis pionniers de la première lieure commencent à recueillirle fruit de leurs pénibles et longs ellbrls,
Lesreefs qu'on a découverts sont extrêmement nombreux; beaucoup sont remarquables par leurcontinuité, leur puissance et. assure-t-on, par leur teneur.
Dans le district du Monnt Malcom, les princijiauï centres miniers sont : Malcom, i.eonora, Diorile K.iug, Kanduick, Baumer's Creek et Murrin Murrrn.
A part les mines North Star et Uichmond Gen, toutes celles qui sont ouvertes aux environs de Malcoin sont situées au Nord de la ville et i'i-des distances qui varient de 2 à 32 kilomètres de ce ccntie. En outre des deux mines que nous venons de nommer, il convient encore de citer les suivantes : ïhe Malcom Mohr, ïhe Dower Caslle, The tlieat Norllicrn, East Lynne et TlieFIjing. Pig. On estime que dans toutes le rendement moven du quart/ est supérieur à t once et demie à la tonne.
A Leonora, la mine de beaucoup la plus importante est celle des Sons of Gwallia, située à 5 kilomètres environ au Sud de la ville. On v trouve en particulier un gîte complexe {^(ode formation) du genre de ceux. d'Hannan et qui donne, dit-on, près de 2 onces à la tonne de minerai. Citons également comme mines intéressantes The Forrest, Trump et Leonora Gold Blocks.
Les mines de Diorile King sont situées tout autour de ce centre et dans un rayon d'une dizaine de milles au maximum. Gomme l'indique le nom donné à la localité, elles se rencontrent presque toutes au milieu de roches basiques vertes, parmi lesquelles dominent les diorites et les schistes amphiboliqucs. Les plus importantes sont : le Diorite K.ing, qui a donné aux essais plus de 2 onces à la tonne; le Vice-Regent, dont les filons paraissent être la continuation de ceux du Diorite Ring et ont sensiblement la même teneur; The Middlesex, The King of Hills, The Grattan et le The Little Wonder.
A Ranvvick, Baumer's Greek et à Murrin Murrin, on avait, dans beaucoup de mines, fait uniquement des broyages d'essai à la fin de 1897; ils ne portaient que sur de faibles tonnages et fort probablement sur des minerais triés. Néanmoins le total de tout le district du MountMalcom s'élevait à 12000 tonnes, réparties entre 33 mines et donnant une moyenne de i once 18 dwt. 9 grs. à la tonne.
A côté des mines payantes et dont l'avenir paraît assuré, si toutefois elles sont bien administrées, on en a travaillé un grand nombre qu'on a dû abandonner ensuite, parce qu'elles ne pouvaient pas donner de résultats rémunérateurs. Le malheur est qu'on a de la sorte dépensé en pure perte des sommes considérables dont on aurait pu certainement faire un emploi plus judicieux. Ainsi dans certains points, on a fait venir et érigé à grands frais des batteries pour traiter le minerai, en se basant sur de simples travaux de surface et sans même savoir ce qu'on trouverait comme quantité et comme teneur. Aussi, qu'est-il arrivé? G'est qu'on a reconnu assez vile que les mines ne pouvaient pas payer, et l'on s'est vu contraint d'aller ailleurs ou de vendre
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR. 3i5
à bas prix ce matériel si chèrement acheté. Or, si l'on réfléchit que les transports dans le bush sont difficiles et dispendieux,' que la main-d'œuvre des ouvriers spéciaux est hors de prix, on peut se faire une idée du gaspillage qui est résulté de tout ceci.
Il en a été de même pour le district du Mount Margaret. Il n'y manque pourtant pas de reefs qui promettent des rendements rémunérateurs, qui accusent une grande quantité de minerai et parmi lesquels on aurait pu faire une sélection intelligente. Ainsi à la Westralia Mount Morgan Gold Mines, on a reconnu un filon de 3 à 5 mètres de puissance et qu'on a pu suivie sur plus de i5 kilomètres. Le Child Harold, Augusta, Pride of Mount Margaret, British Flag sont des mines qui promettaient beaucoup au moment de notre passage.
A Earlston, la moyenne des broyages d'essai de plusieurs mines atteignait et dépassait i once et demie.
Les autres points à signaler sont le Mount Weld, Hawk's Nest, le Lancefield Group et Korong.
Au 3i décembre 1897, le nombre des leases tra» vaillées était de 222 dans le district de Mount Malcom et de i'52 dans celui du Mount Margaret. A cette même époque, plus de 5o pour 100 des claims patentés tout d'abord avaient été abandonnés, peut-être d'une manière par trop précipitée.
On trouve à peu près partout de l'eau susceptible d'être employée pour les usages domestiques; dans certains endroits, elle est même si près du sol qu'elle a causé une gêne sérieuse aux premiers prospecteurs, dont le matériel était souvent des plus primitifs et des plus limités. Toutefois, il ne semble pas qu'on soit assuré d'ores et déjà d'avoir tout ce qui sera nécessaire pour faire les broyages sur une grande échelle, quand
3l6 CHAPITRE X.
celle région aura pris le développemenl auquel elle semble appelée.
Comme résumé d'ensemble, on peul dire que le goldfield du Mounl Margaret paraît mériler une attention sérieuse, tant à cause des nombreux réels qu'on v a découverts que de ceux, probablement plus nombreux,
qu'on ignore encore. La prolongation au delà de Menzies du chemin de fer qui relie celte ville à Coolgardie, et par suite à la iner, donnera une vie nouvelle à toute celte région et permettra probablement d'exploiter utilement des mines que Ton considère comme n'élanl pas rémunératrices à l'heure présente.
Dundas, — Le dernier des champs d'or du centre dont nous ayons à parler est celui de Dundas; c'est aussi le plus méridional de lous. Situé à peu près à égale dislance de Coolgardic et d'Espérance Bay, il est assex mal desservi d'un côté comme de l'autre. En parlant des ports de la Westralie, nous avons signalé en parliculier Espérance Bay comme une rade foraine excellente, où l'on pourrait très facilement créer un port des plus sûrs. Nous avons également dit qu'une ligne ferrée partant de ce point et remontant à Coolgardic passerait nécessairement par le goldfield de Dundas et donnerait aux régions du Cenlre un moyen d'accès bien meilleur que celui qui les dessert actuellement. L'avenir économique de Dundas dépend dans une très large mesure de la création de celle voie qui n'aurait guère qu'une longueur de 240 milles environ, c'esl-à-dire à peu près la moitié de celle de Freeraantle à Coolgardie.
Actuellement, on se rend le plus généralemen^ à Dundas en parlant de Coolgardie, et le trajet, assez pénible, demande au moins trois jours avec une bonne
liRlNCIPALKS I.OCU.ITÉS AUHlPÉnES D
Hoclicrs sur hi route clc Wiiljiemula.
paire de chevaux. Le premier jour on va de Coolgardie
3l8 CHAPITRE X.
à Widjiemola, où l'on trouve de Teau douce produite par les condenseurs; le second on va camper près d'un puits creusé par les soins du Gouvernement au pied d'un massif granitique, et le troisième enfin on arrive à Norseman, où se renconlrent les gisements aurifères les plus septentrionaux et aussi les plus importants du goldfield. Il faut ensuite à peu près une autre journée encore pour aller jusqu'à Dundas.
La carte ci-jointe qui résume les recherches de M. Gr>czel sur la région comprise entre Dundas et Coolgardle, donne une idée générale des diverses roches qu'on rencontre sur le parcours, en même temps qu'elle indique la silualion relative des divers centres aurifères découverts jusqu'à ce jour. On voit d'un simple coup d'œil que ce sont les terrains primitifs et les roches éruplives qui sont les éléments dominants.
On connaît très peu de chose sur la région comprise entre Widjiemola et Norseman, ou pour mieux dire entre le lac Lefroy et le lac Cowan et plus particulièrement à l'Est de ces deux lacs. L'incertitude des tracés sur les cartes publiées par le Gouvernement montre combien la géographie de cette portion delà Westralie est peu avancée.
Les quelques explorateurs assez hardis pour avoir pénétré quelque peu dans ces solitudes, où Ton court le risque de mourir de faim, et surtout de soif, affirment bien avoir rencontré des points aurifères intermédiaires ; et cela n'a rien qui doive étonner, si l'on se rappelle ce que nous avons dit au commencement de celte étude. Toutefois il ne semble pas qu'on ait osé se risquer à y faire des prospections, sans doute à cause des difficultés énormes qu'on y rencontre pour assurer la vie matérielle et surtout l'alimentation en eau.
Les deux districts principaux du goldfield sont
PRINCIPALES LOCALITES
les ( 1609 mè^'es )
3ao aiAiiTiiK \.
Dundas el Noiseman, ou réside actn elle ment le warden. On n'y rencontre [iresqne exclusivement que des liions de <)uhi'U blanc ou légèrement teintés par des ^xvdes de fer, an milieu de roches basiques, diorites, ^liabases et scliistes ampbiboliqucs. On a trouvé en <|nelqnes points, notamment à peu de distancée l'Est
Maison du »iirclFn â Norseinan.
et au Sud de Norseman, d'énormes formations ferrugineuses, à faciès schistoïde, qui rappelenl les Iode formations de Kalgoorlle. Celles qu'on a prospectées sont presque tonles pauvres et ne contiennent pas plus de 6 à 8 dwt. d'or libre ii la tonne. Dans nn tout aulre pays el surlout étant données les énormes masses de minerai qu'on a constatées, ees gîtes pourraient donner lieu à des exploitations très fructueuses. Ainsi en Calil'ornie on traite avec avantage des gisements similaires, inais bien moins licbes. Ici il n'y faut pas songer. On connaît à Norseman cinq lignes principales de
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRKS DES CII.VUPS d'OH. 3h
reefs à peu près parallèles, dont la conlinuilé a été reconnue sur d'assez grandes longueurs; leur puissance atteint le plus souvent et dépasse généralement i mètre et leur pendage varie entre 45° et ^o", suivant les reefs. C'est sur le plus cenirui et le plus important que s'échelonnent les mines Royal Dane, Norsetnan Gold
Vue gén^rate des Mines de Norseman.
Mining C°, Scotchraan, Hardy Norseman, MiWura Norseman, etc. Une bonne partie des daims patentés sur cette ligne appartient à un groupe dans lequel les capitaux français sont très largement représentés.
Un peu à droite et au Sud est le reef sur lequel sont tous les claims Sainte-Agnès, Bonanza, etc.
Un peu plus à l'Est se rencontre le reef de quariz des mines Mount Barker, Mount Barker n° 3, Mouni Barker Welcome, et un peu plus loin une formation ferrugineuse sur laquelle se trouvent, entre autres, les mines Florence, Lady Millie,Naracoorte, Norowod,elc.
En outre, on connaît à droite et à gauche de cette zone centrale d'autres amorces de reefs qu'on a assez vite perdus à la surface, mais que des travaux bien conduits permettraient fort probablement de retrouver et de suivre.
Toute cette région ne renferme pas de trace d'eau douce, même après les pluies. Par contre, et fort heureusement, le lac Cowan peut fournir une quantité illimitée d'eau salée qu'on distille pour les usages domestiques et l'alimentation des chaudières et qu'on emploie telle quelle pour les broyages.
Le rendement industriel du quartz dans toute la région donne une moyenne de i once 3 dwt. 4 grs. Ce chiffre résulte du broyage d'environ 20000 tonnes de minerai. Les quelques mines qui le dépassent sont : le Birthday Extended avec 3 onces i dwt*., Ophir avec 2 onces 7 dwt. 18 grs., Waverley avec 2 onces 10 dwt. Mais il est peu probable que ces rendements se maintiennent.
Presque tous les reefs sont bien nettement définis; leur direction, leur pendage et leur puissance sont très réguliers. L'eau salée est abondante en toute saison; car, même l'été, pendant les quelques mois où la surface du lac Cowan, desséchée par la chaleur, permet de circuler à pied et en voiture sur la majeure partie de sa surface, il suffit de creuser à quelques pieds pour retrouver de Teau en telle quantité que l'on veut. Un certain nombre de sociétés ont du reste acheté des droits d'eau sur le lac et installé des stations de pompes pour y puiser ce qui leur est nécessaire. C'est là, on le voit, un ensemble de conditions qui peut rendre rémunératrice l'exploitation de gîtes dont la teneur serait même inférieure à i once à la tonne.
Dans le district de Dundas proprement dit, les mines
en aclivilé sont en très petit nombre et il ne paraît pas qu'elles aient donné jusqu'ici des résultats bien satisfaisants. Elles sont de plus bien moins avantageusement placées au point de vue de Feati.
Les principales sont The May Bell, The Great Dundas, Florence A.da, The Scotia, etc. On se trouve là dans une sorte de zone de contact entre les roches basiques et une portion des couches archéennes. Les gneiss-granits commencent à se montrer à peu de distance à l'Ouest; leurs pointements, généralement de grandes dimensions, sont entourés de roches amphiboliques. Dans le voisinage de la zone de contact, ces dernières sont traversées par des dj'kes de porphyre siliceux (felsite) qui paraissent se rattacher aux roches de même nature qu'on rencontre en grande quantité au Sud-Est des Dundas Hills. Leur direction est généralement Nord-Nord-Est; c'est aussi celle des reefs aurifères de la région.
On a également signalé une bande aurifère siluée à 96 kilomètres environ à TOuest, le Bremmer Range. Mais l'eau y est tellement rare qu'on n'a pas encore osé y commencer des recherches suivies. Il paraît de plus que les roches encaissantes, schistoïdes pour la plupart, manquent de solidité et exigeraient des boisages sérieux dont les éléments ne se trouvent pas sur place; et il ne faudrait pas songer, quant à présent, à les faire venir du dehors.
Bien que Dundas proprement dit ne se fasse pas remarquer par sa richesse, il n'en est pas moins intéressant de constater la présence de l'or dans des régions aussi méridionales; elle permet, en effet, de supposer que la venue du métal précieux est due à un phénomène d'ensemble et montre que la bande aurifère dont Dundas paraît le point extrême au Sud s'étend bien du
Nord au Sud de la colonie, comme nous le disions en commençant.
Du rapide eiamen auquel nous venons de nous livrer, il nous paraît ressortir bien clairement que FÂustralie de TOuest est destinée à devenir le pays de Tor par excellence. Les Tableaux officiels qui suivent font connaître la quantité d'or recueillie et sa valeur depuis le i**" janvier 1886 jusqu'au 3o septembre 1898- II convient de remarquer : 1® que les chiffres qui y sont accusés sont des minima, parce qu'une grande quantité du métal précieux provenant des placers n'a pas été portée à la connaissance des agents du Gouvernemenl; 2" parce que les mines qui possèdent des batteries ne font jamais connaître d'une manière précise leur production.
Nous ajouterons que depuis les derniers renseignements portés sur ces Tableaux la production de l'or a crû dans des proportions énormes et qu'à l'heure présente elle dépasse tout ce qu'on a pu espérer.
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