DU CENTRE
Nous ne pouvons pas avoir la prétention de donner ici la liste exacte de tous les points où l'on a trouvé, de l'or dans les goldfields du centre. On peut dire, sans être taxé d'exagération, qu'on en rencontre un peu partout dans les grandes bandes de terrains dont nous avons parlé en commençant; mais il s'en faut de beaucoup que la teneur des minerais puisse permettre partout de songer à les exploiter. Ajoutons aussi que, depuis notre départ d'Australie, on a découvert de ■ nouvelles localités aurifères dont on n'avait pas la moindre idée au moment de notre séjour; nous ne ferons que les mentionner eu passant.
Dans les courses que nous avons faites en vue de visiter plus spécialement certaines mines, nous avons eu l'occasion de voir la plupart des centres individuels où l'or a été rencontré en certaine abondance et où les travaux de recherche et autres permettent d'espérer des résultats rémunérateurs. C'est à ces points que nous bornerons notre énuméralion qui, sans cela, menacerait de prendre des proportions par trop considérables. Nous devons ajouter d'ailleurs que, bien qu'ayant passé plus de six mois en Westralie et consacré tout notre temps à l'exploration du pays et à
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la visite de ses richesses minérales, nous sommes bien loin d'avoir tout vu; et l'on nous permettra, à ce propos, d'ouvrir une parenthèse.
Nous l'avons déjà dit en commençant, les vojages dans les vastes régions où se trouvent les champs d'or ne laissent pas que de présenter souvent de réelles
difficultés. Les distances à parcourir sont énormes. Le réseau des voies ferrées delà Westralie, si rapidement que le Gouvernement pousse k son développement, ne dessert encore que quelques points avancés dans l'intérieur. Au delà, on n'a plus comme ressource que le coach, véhicule analogue à nos anciennes diligences, qui fait le service de la poste une fois ou deux par semaine, et qui ne s'arrête qu'en des points déterminés, le jour pour relayer, le soir pour permettre aux voyageurs de se reposer, de manger et de dormir. Ce n'est pas là un moyen pratique pour visiter le pays en
PRINCIPALES LOCALITÉS AURlFàilBS DBS CHAMPS O'ofl. aS?
détail; aussi, dès le début, nous étions-nous procuré une voiture et une paire de bons chevaux. Ce mode de procéder rend les voyages plus faciles, puisqu'on est libre de prendre telle roule qui vous platt et de s'arrêter où et quand on veut.
Toutefois, cela ne fait disparaître qu'une partie des
Voilure pour les grandes
difiîcuUés. J'ai dit au début de ce Livre que, dans le busb, il ne faut compter que sur soi-même et qu'il faut emporter tout ce dont on peut avoir besoin pour s'abriter, dormir et manger. Les provisions de toute nature, tente, lits, valises, etc., etc., constituent déjà par elles-mêmes un bagage assez volumineux et assez lourd. On peut juger de ce que cela devient, quand j'aurai ajouté qu'il faut souvent emporter aussi la nourriture des chevaux pour plusieurs jours,
Il en résulte que, quand on a des excursions un peu longues à faire en dehors des endroits où l'on
238 CIIAPITAE X,
peut compter trouver des stores (magasins Je lovtes sortes de produits), on doit traîner sur son buggy un chargement encombrant, en même temps que fort pesant, qui augmente la fatigue des attelages dans une proportion considérable et oblige à réduire la longueur des étapes. 11 arrive de la sorte qu'on consacre à une expédition donnée plus de temps que sembleraient le comporter les distances réelles. Encore ne peut-on pas toujours faire ce qu'on désire pour les étapes; car, s'il convient de tenir compte de la fatigue des chevaux, il faut manger et surtout boire, et l'eau ne se trouve pas partout.
On emporte bien avec soi, pendus aux portelanternes du buggy, des sacs à eau (ivater bags) en toile épaisse qui jouent le rôle d'alcarazas, tiennent Teau à un état de fraîcheur suffisante et sont de capacité assez grande pour permettre d'alimenter deux hommes pendant vingt-quatre heures. Mais, pour les chevaux auxquels une bieu plus grande quantité de liquide est nécessaire, on ne peut évidemment pas songer à en faire autant. La conséquence est que, bon gré mal gré, on doit calculer les étapes de manière à trouver de l'eau douce au bout de chacune d'elles et quelquefois parcourir pendant plusieurs jours consécutifs des distances qui mettraient sur le flanc des attelages moins bien entraînés et, surtout, moins habitués aux rudes exigences du pays.
Sous ce rapport, les chevaux australiens montrent une endurance et une sobriété sans égales. 11 est vrai de dire qu'au bout de trois à quatre mois de ce régime ultra- fatigant, il faut les envoyer se refaire dans les pâturages le long de la côte et en prendre d'autres. U ne faut jamais perdre de vue que si l'un de vos chevaux vient à vous manquer pour une cause quelconque, il
sera impossible de le remplacer dans te busb. On est donc à la merci du premier accident venu. Aussi, pour les très longues excursions, attelle-l-on à quatre, comme aux Cbamps-Elysées, moins les sonneries de trompe, et prend-on toutes les précautions pour conserver ses attelages en bon état.
Ce qui réduit encore le temps dont on peut disposer chaque jour, c'est d'abord qu'on ne peut pas voyager de nuit, à cause du mauvais état de la plupart des tracks et surtout des stiimps (souches) qui s'y rencontrent souvent à profusion. De plus, le matin et le soir, on perd toujours au moins une bonne heure, et généralement plus, à organiser et à lever le campement. Voici, du reste, l'emploi d'une de nos journées dans le busb^ où nous voyagions seul avec un driver (cocher à tout faire) du pays.
Le matin, lever avec le jour. Pendant que l'un de nous allume le feu, l'autre fait sa toilette en plein air, quelle que soit la température. L'hiver, cela manquait un peu de charmes. On met ensuite l'eau sur le feu, tant pour faire le thé que pour chauffer au point voulu les conserves qui sont la base de notre nourriture. Entre temps on soigne les chevaux et on leur donne leur provende. Puis on déjeune. Ce repas se compose invariablement de viandes et de légumes conservés, de beurre, le tout arrosé de thé chaud. Comme pain, celui qu'on a préparé la veille au soir.
Le déjeuner expédié, on lave et l'on emballe la vaisselle, on met en ordre les coffres à provisions, on démonte les lits et la tente qu'on charge sur le buggy avec le reste du matériel de campement, et l'on part. La journée se passe à cheminer au travers du bush, en visitant des mines, s'il y a lieu. Il faut être parvenu au campement suivant le soir, avant le coucher du soleil.
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afin de pouvoir se procurer ie bois nécessaire pour faire le feu et dresser la tente.
Aussitôt arrivé, et les chevaux dételés, entravés ou mis au piquet, on allume le feu et Ton déballe le contenu du buggy; on installe la tente et les lits. En même temps la cuisine se prépare et, les chevaux soignés, on dîne. Le menu est, hélas! exactement le même que celui du déjeuner, et cette uniformité, jointe à la qualité souvent médiocre des conserves, n'est pas sans causer quelque dégoût à la longue. Mais, comme on vit nuit et jour au grand air et qu'on prend forcément beaucoup d'exercice, on a presque toujours bon appétit, et les conserves (les tinned dogs, traduction littérale : chien en boîte) passent quand même.
Après quoi on prépare le pain du lendemain qu'on cuit au milieu des charbons ardents, et l'on se couche laissant à Dieu le soin de veiller sur votre personne et sur ce qui vous appartient. Tout reste étalé au dehors, à la portée du premier venu; et cependant il n'est jamais rien dérobé, même quand on se trouve non plus en pleine nature, mais près les centres habités. C'est là le régime de vie que nous avons mené pendant près six mois consécutifs, heureux quand nous arrivions le soir dans un endroit où nous pouvions trouver quelqu'un avec qui échanger quelques mots.
On voit, d'après ce qui précède, toutes les complications et les difficultés avec lesquelles il faut lutter, et l'on se rend aisément compte qu'en six mois de temps on peut certainement voir beaucoup de pays, mais, à coup sûr, bien moins qu'on ne pourrait se l'imaginer au premier abord.
Après cette digression un peu longue, mais qu'on nous pardonnera, nous l'espérons, parce qu'elle donne l'idée exacte de ce qu'est la vie d'un vojageur dans
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR. 24 i
ces pays si peu connus, nous revenons à notre sujet. Après quelques courses assez rapides et de peu de durée aux environs de Coolgardie, notre première excursion d^une certaine longueur a été effectuée dans les districts de Yalgoo, Murchison et Murchison-East, et c'est là que nous invitons le lecteur à vouloir bien nous suivTC.
Yalgoo, — Pour visiter ces réglons, on va aujourd'hui en chemin de fer de Perth à Geraldton ou à Mulewa Junction (bifurcation à quelques milles de la précédente ville) et Ton prend ensuite la ligne transversale qui mène à Yalgoo, West Mount Magnet, au lac Austin/ à Cue et à Nanine. Au moment de notre première excursion . dans ces contrées, la ligne n'était terminée que jusqu'à Warraga, petite localité située à environ 4o kilomètres de Yalgoo. C'était encore à cette époque le point de départ de tous les convois portant dans l'intérieur les machines, ustensiles et provisions de toutes sortes, et l'on n'imagine pas l'indescriptible tohu-bohu qui y régnait. Nous avions embarqué à Perth, en même temps que nous, la voiture, chargée de toutes les provisions, tente comprise, ainsi que les chevaux. Ces derniers étaient bien arrivés par le même train que nous, mais la voiture était restée quelque part en route. Ce ne fut que trois jours après qu'elle parvint à Warraga et que nous pûmes gagner l'étape suivante, Yalgoo. Pendant ce temps, et comme il n'y avait pas l'ombre d'un hôtel à Warraga, nous avions dû recourir à l'hospitalité d'un des principaux commerçants de Tendroit, lequel avait bien voulu mettre gracieusement à notre disposition un lit sous sa tente.
Yalgoo était alors une ville de deux à trois cents habitants, à maisons de toile ou de tôle ondulée, avec C. 16
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un seul hôtel tellement encombré de voyageurs qu'il fallait des protections pour sV faire admettre. C'est là que nous avons fait connaissance avec la fameuse dead chamber dont nous avons parlé en commençant. C'est certainement cette première expérience qui a contribué • à nous enlever pour la suite l'idée de descendre dans les hôtels de ce genre et qui nous a décidé à vivre, à l'avenir, exclusivement sous notre tente. Je dois dire du reste que si ce régime du campement continu laisse à désirer au point de vue du confort, il a au moins pour lui l'avantage d'être absolument sain et d'assurer une tranquillité qu'on ne peut jamais trouver dans les hôtels de ces petites localités.
Les principaux centres miniers dans le goldfield d'Yalgoo sont: Yalgoo lui-même, Melleville, Carlaminda, Bilberrata, Wadingara, tous situés dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres à partir de la ville; puis GuUewa, à 60 kilomètres, Field's Find, à 1 io,Pin3'alling, à i3o, Nyngam, à i5o, et Woodleys, à 192.
A Yalgoo même, il n'y avait à cette époque que deux mines où l'on eût fait des travaux un peu sérieux. L'une, VEmerald Reward Mine, qui était dans la période d'exploitation, mérite particulièrement d'élre citée. Le gîte se composait d'une masse de quartz en forme de fond de bateau, longue d'environ 3o mètres, large de 3 à 5 en moyenne, et profonde d'une dizaine de mètres. Cette sorte de demi-lentille était intercalée au milieu des schistes dioritiques, sans épontes définies et sans aucune relation apparente avec une dislocation ou une fracture discernables.
Ce quartz était phénoménalement riche dans certaines parties où il donnait jusqu'à 18 onces d'or à la tonne (près de 600 grammes d'or à la tonne); la
PRINCIPALES LOCALITES AURIFERES DES CHAMPS d'oR. 243
moyenne de tout Tensemble, nous a-t-on assuré, n'a pas été inférieure à 6 onces à la tonne. Cette masse une fois épuisée, on n'a plus rien trouvé malgré toutes les recherches auxquelles on s'est livré. A la partie inférieure du fond de bateau, on a bien rencontré quelques veinules de quartz, mais trop pauvres ou trop minces pour pouvoir être exploitées avec profit. On se demande, sans avoir pu l'expliquer jusqu'ici, quelles circonstances singulières ont donné naissance à ce gîte isolé si riche ei si limité.
Les autres mines de Yalgoo, au nombre d'une demidouzaine, étaient encore dans le commencement de la période de recherches et ne paraissaient pas devoir donner de brillants résultats.
Le groupe de Garlaminda est situé à i4 kilomètres environ au Nord de Yalgoo. Il comprend une série de claims échelonnés le long d'un reef principal intercalé au milieu des schistes amphiboliques. Les principales mines sont : le Sovereing Prospective Claim, le Dollar, British Empire, et Nulla-NuUa. Le quartz y donne d'une manière courante de la à i4 dwt. (dwt., pennyweight; vingtième partie de l'once qui pèse elle-même en nombre rond 3i grammes). On y rencontre des colonnes minéralisées beaucoup plus riches, irrégulièrement distribuées qui font remonter la moyenne cidessus. Ce gisement pourrait donc être exploité avec un certain avantage si on le travaillait méthodiquement et économiquement, ce qui n'est généralement le cas, disons-le, ni ici, ni dans la majeure partie des mines de la Westralie.
Melleville est une toute petite localité située au Nord de la précédente et à 22 kilomètres de Yalgoo. Dans son voisinage immédiat, on trouve deux reefs de quartz parallèles, dont l'un s'étend sur plusieurs kilo-
PRINCtPALRS LOCALITES ACRIFànBS DBS CHAIIPS DOR. 34S
Miae Victoria Uaited.
Les roches de la région se composent de dioritcs el
Caves aerTant de demeures aux mineurs de la Cumberlaad Miae,
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de schistes amphiboliques qaî paraissent avoir été soumis à des bouleversements intenses et à une époque probablement assez rapprochée. On rencontre au Jocker un d^ke principal qui recoupe une colline dont le sommet montre la curieuse forme rubanée résultant de la transformation des schistes en quartzites. La masse du dvke se compose de schiste amphibolique devenu rouge (peut-être par métamorphisme igné?) et d'une formation brécheuse de quartz ferrugineux anguleux, mélangés d'oxydes de fer et de scories (volcaniques??); le tout est traversé par des veines de quartz généralement peu puissantes, mais le plus souvent fort riches en or. La teneur de cette masse varie brusquement d'un point à un autre et l'échantillonnage, en vue de déterminer la quantité moyenne de métal précieux qu^elle contient, est pratiquement extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. C'est ce qui explique les appréciations extrêmement contradictoires des divers ingénieurs qui ont été appelés à visiter ce gîte.
Le groupe de Wadingara, à i5 kilomètres au Nord-Est de Yalgoo, ne comprend guère que les mines Carlisle, Cumberland et Renmark. La dernière, assez mal travaillée du reste, n'a donné jusqu'ici aucun résultat sérieux. Les deux premières, au contraire, sont beaucoup plus intéressantes. Elles sont situées sur un système de filons parallèles, qui paraissent appartenir à un seul et unique système de fractures, dont les diverses parties auraient été rqjetées latéralement tout en restant parallèles.
Le quartz y est minéralisé non seulement par de l'or libre, mais aussi par des pyrites de fer et de cuivre et quelquefois par un peu de galène et de blende. Dans les parties supérieures, les oxydes qui provienuent.de
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFERES DES CHAMPS d'OR: 14/
la décomposition des pyrites lui donnent un aspect ferrugineux très prononcé. Ce quartz teinté est appelé par les mineurs irons tone (traduction : pierre de fer), bien qu'ils appliquent indistinctement cette même appellation à toute roche formée d'oxydes, de silicates ou d'autres éléments, à laquelle le fer a communiqué sa couleur caractéristique.
La présence de la blende accompagnant l'or est considérée par les mineurs comme un indice de richesse; dans tout le Murchison, on prétend également que le quartz renferme d'autant plus d*or qu'il contient plus de blende.
Lés filons occupent ce qui paraît être le fond d'un pli anticlinal, dont les formations latérales sont creusées de grottes naturelles fort curieuses où se réfugient souvent les kangourous et où nous avons trouvé abri pendant que nous visitions cette région. Le quartz est fort riche par endroits et nombre de morceaux montrent de l'or libre tant gros que fin.
Gullewa n'était pas encore très connu au moment de notre passage à Yalgoo; ce centre venait d'être découvert peu de mois auparavant. Il est à 60 kilomètres environ au Sud-Ouest de Yalgoo et il faut deux bonnes journées de voiture pour y parvenir. On y trouve une série de reefs dont quelques-uns renferment des colonnes riches, mais peu nombreuses; le reste du minerai est plutôt à basse teneur.
Depuis, on a également découvert à Mugga Mugga HîU des filons qui, assure-t-on, sont plus régulièrement riches; mais nous ne les avons pas visités.
Field's Find est situé à 1 10 kilomètres au Sud-Sud- Est de Yalgoo, près du bord occidental du lacMonger. Il occupe le fond d'une vallée profonde aux al^ords beaucoup plus escarpés qu'on n'est habitué à en rencon-
trer en Weslralie. Le voyage, assez pénible à cause du mauvais état des Iracks, occupe trois grands jours. Pendant une journée presque tout entière on chemine sur les sommets de dômes granitiques où les cahots ne manquent pas. Toutefois, on a cet avantage que, pendant presque toute l'année, onUrouve de Teau douce qui s^est accumulée et qui se conserve dans des dépressions de ces massifs. De plus, il existe à moitié route une station d'élevage de moutons où Ton peut trouver à acheter de la viande fraîche et quelquefois du pain fabriqué avec du levain.
Le gisement aurifère de Field's Find se compose d'un filon principal de quartz blanc laiteux, dont la puissance moyenne varie entre i mètre et i",5o, avec un pendage à l'Ouest de 60® à ^o®. Sa direction est Nord- Nord-Ouest; il a été reconnu effectivement sur une longueur de plus de i5oo mètres. Il est accompagné de filons parallèles moins puissants qui disparaissent en certains points. La teneur moyenne en or y dépasse une once. A i kilomètre au Nord-Est, on rencontre une puissante formation ferrugineuse très disloquée; elle contient de l'or en certains points, mais on n'y a fait que des grattages et aucun travail de prospection sérieux.
Pinyalling est de l'autre côté du lac Monger, à 20 kilomètres au Sud>Est. Pour y arriver, on est obligé de traverser une partie resserrée de ce lac, qui renferme de l'eau salée l'hiver, mais qui est à sec Tété, au moins à la surface. La mine la plus importante est celle qui porte le nom de Baron de Rothschild. C'est une sorte de dyke complexe où dominent les éléments ferrugineux et que traversent des filons de quartz aurifère. Il convient encore de citer les mines Double End, Lady Mary North et Lady Mary South.
PRINCIPALKS LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS D*OR. 25 f
Woodleys est à 62 kilomètres au Sud-Ouest de PÎDjalling. On y a, paraît-il, trouvé des reefs qu*on prétend riches. Cette localité a l'avantage de se trouver au milieu d'une forêt d^eucalyptus appartenant aux variétés « Salmonophloia » et « Salubris ». C'est une précieuse ressource pour les travaux de mines dans ce district où les arbres proprement dits font le plus généralement défaut et où l'on ne rencontre que les arbrisseaux rabougris du bush.
Citons encore Nyngham, à 20 kilomètres environ à l'Ouest de Pinyalling, où Ton a constaté l'existence d'un système de reefs notablement minéralisés et qui renferment une bonne teneur en or, au moins à la surface.
En fonçant des puits jusqu'à la profondeur de 4o à 45 mètres à Field's Find, Pinyalling et autres localités dont nous venons de parler, on trouve de l'eau douce à peu près partout, sauf dans le voisinage immédiat des lacs salés. A Yalgoo et dans ses environs, il faut descendre moins bas pour rencontrer une nappe aquiftre.
Miirchison, — Pour aller de Yalgoo à Cue, qui est le chef-lieu du goldfield de Murchison, on peut suivre la ligne télégraphique qui relie ces' deux villes, ou prendre la route qui, s'infléchissant d'abord à l'Est, remonte ensuite vers le Nord pour passer par le West Monnt Magnet, le lac Austin, Day Dawn et arriver enfin à Cue. C'est cette seconde direction que suit »actuellement la ligne du chemin de fer; mais, au moment de notre séjour dans ces régions, cette dernière n'était pas encore construite. Une grande partie des transports s'effectuait alors sur ce parcours; la route y était dans un état indescriptible; poussière, ornières pro-
Faits de proipecUoD i la CumberUod Mine, fondes, rien n'y manquait pour rendre le voyage aussi
Puits d'citractioD i Field's FÎDd.
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR. a53
'peu agréable que possible. Par contre, ou avait l'avantage d'y trouver de l'eau douce ou à peine saumâtre à peu près tous les 20 kilomètres, le Gouvernement ayant dès l'abord fait creuser des puits, qui sont devenus autant de points de campement pour les gros convois aussi bien que pour les voitures légères •
Le champ d'or de Murchison est à environ 35o kilomètres de la côte à vol d'oiseau. La bande de terrain dans laquelle on a découvert de l'or est dirigée sensiblement du Nord au Sud. Elle a une longueur reconnue de plus de 200 kilomètres sur une largeur encore indéterminée. On y rencontre partout les restes d'une formation mésozoïque tabulaire de grès et de sables plus ou moins agglomérés, qui a dû, à un moment donné, recouvrir une bonne partie des formations sous'jacentes. Le pays ne présente plus aujourd'hui qu'une surface en général peu accidentée, entrecoupée de marais ou de lacs salés, de plaines sableuses, argileuses ou gypseuses, d'où surgissent des collines peu élevées, formées de roches métamorphiques souvent recouvertes par des lambeaux de la formation tabu laire précitée. On n'y rencontre pas de rivières à cours bien définis; seuls quelques ruisseaux à régime torrentiel, à sec une bonne partie de l'année, déversent leurs eaux dans les lacs après les pluies.
Les formations d'origine récente ont en général une puissance limitée et leur épaisseur dépasse rarement 8 à 10 mètres. Elles proviennent pour la plus grande partie de la désagrégation du grès du désert et de la formation tabulaire, et aussi de la décomposition des roches métamorphiques. Ces dernières se composent principalement de schistes, de quartzites, de grès le plus généralement ferrugineux, de calcaires et de granits plus ou moins transformés. Les axes des éleva.
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de schistes araphiboliques qui paraissent avoir été soumis à des bouleversements intenses et aune époque probablement assez rapprochée. On rencontre au Jocker un dyke principal qui recoupe une colline dont le sommet montre la curieuse forme rubanée résultant de la transformation des schistes en quartzites. La masse du d^^ke se compose de schiste amphibolique devenu rouge (peut-être par métamorphisme igné?) et d'une formation brécheuse de quartz ferrugineux anguleux, mélangés d'oxydes de fer et de scories (volcaniques??); le tout est traversé par des veines de quartz généralement peu puissantes, mais le plus souvent fort riches en or. La teneur de cette masse varie brusquement d'un point à un autre et l'échantillonnage, en vue de déterminer la quantité moyenne de métal précieux qu^elle contient, est pratiquement extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. C'est ce qui explique les appréciations extrêmement contradictoires des divers ingénieurs qui ont été appelés à visiter ce gîte.
Le groupe de Wadingara, à i5 kilomètres au Nord-Est de Yalgoo, ne comprend guère que les mines Carllsle, Cumberland et Renmark. La dernière, assez mal travaillée du reste, n'a donné jusqu'ici aucun résultat sérieux. Les deux premières, au contraire, sont beaucoup plus intéressantes. Elles sont situées sur un système de filons parallèles, qui paraissent appartenir à un seul et unique système de fractures, dont les diverses parties auraient été rajetées latéralement tout en restant parallèles.
Le quartz y est minéralisé non seulement par de l'or libre, mais aussi par des pyrites de fer et de cuivre et quelquefois par un peu de galène et de blende. Dans les parties supérieures, les oxydes qui proyienuent.de
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFERES DES CHAMPS d'oR; I^'J
la décomposilion des pyrites lui donnent un aspect ferrugineux très prononcé. Ce quartz teinté est appelé par les mineurs irons tone (traduction : pierre de fer), bien qu'ils appliquent indistinctement cette même appellation à toute roche formée d'oxydes, de silicates ou d'autres éléments, à laquelle le fer a communiqué sa couleur caractéristique.
La présence de la blende accompagnant l'or est considérée par les mineurs comme un indice de richesse ; dans tout le Murchison, on prétend également que le quartz renferme d'autant plus d'or qu'il contient plus de blende.
Lés filons occupent ce qui paraît être le fond d'un pli anticlinal, dont les formations latérales sont creusées de grottes naturelles fort curieuses où se réfugient souvent les kangourous et où nous avons trouvé abri pendant que nous visitions cette région. Le quartz est fort riche par endroits et nombre de morceaux montrent de l'or libre tant gros que fin.
Gullewa n^était pas encore très connu au moment de notre passage à Yalgoo; ce centre venait d'être découvert peu de mois auparavant. Il est à 60 kilomètres environ au Sud-Ouest de Yalgoo et il faut deux bonnes journées de voiture pour y parvenir. On y trouve une série de reefs dont quelques-uns renferment des colonnes riches, mais peu nombreuses; le reste du minerai est plutôt à basse teneur.
Depuis, on a également découvert à Mugga Mugga Hîll des filons qui, assure-t-on, sont plus régulièrement riches; mais nous ne les avons pas visités.
Field's Find est situé à 1 10 kilomètres au Sud-Sud- Est de Yalgoo, près du bord occidental du lac Monger. Il occupe le fond d'une vallée profonde aux abords beaucoup plus escarpés qu'on n'est habitué à en rencon-
de schisles amphiboliques qui paraissent avoir été soumis à des bouleversements intenses et aune époque probablement assez rapprochée* On rencontre au Jocker un dyke principal qui recoupe une colline dont le sommet montre la curieuse forme rubanée résultant de la transformation des schistes en quartzites. La masse du d^^ke se compose de schiste amphibolique devenu rouge (peut-être par métamorphisme igné?) et d'une formation brécheuse de quartz ferrugineux anguleux, mélangés d'oxydes de fer et de scories (volcaniques??); le tout est traversé par des veines de quartz généralement peu puissantes, mais le plus souvent fort riches en or. La teneur de cette masse varie brusquement d'un point à un autre et l'échantillonnage, en vue de déterminer la quantité moyenne de métal précieux quMle contient, est pratiquement extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible. C'est ce qui explique les appréciations extrêmement contradictoires des divers ingénieurs qui ont été appelés à visiter ce gîte.
Le groupe de Wadingara, à i5 kilomètres au Nord-Est de Yalgoo, ne comprend guère que les mines Carlisle, Cumberland et Renmark. La dernière, assez mal travaillée du reste, n'a donné jusqu'ici aucun résultat sérieux. Les deux premières, au contraire, sont beaucoup plus intéressantes. Elles sont situées sur un système de filons parallèles, qui paraissent appartenir à un seul et unique système de fractures, dont les diverses parties auraient été rqjetées latéralement tout en restant parallèles.
Le quartz y est minéralisé non seulement par de l'or libre, mais aussi par des pyrites de fer et de cuivre et quelquefois par un peu de galène et de blende. Dans les parties supérieures, les oxydes qui proyienuent.de
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR; !i47
la décomposition des pyrites lui donnent un aspect ferrugineux très prononcé. Ce quartz teinté est appelé par les mineurs ironstone (traduction : pierre de fer), bien qu'ils appliquent indistinctement cette même appellation à toute roche formée d'oxydes, de silicates ou d'autres éléments, à laquelle le fer a communiqué sa couleur caractéristique.
La présence de la blende accompagnant l'or est considérée par les mineurs comme un indice de richesse; dans tout le Murchison, on prétend également que le quartz renferme d'autant plus d'or qu'il contient plus de blende.
Lés filons occupent ce qui paraît être le fond d'un pli anticlinal, dont les formations latérales sont creusées de grottes naturelles fort curieuses où se réfugient souvent les kangourous et où nous avons trouvé abri pendant que nous visitions cette région. Le quartz est fort riche par endroits et nombre de morceaux montrent de l'or libre tant gros que fin.
Gullewa n'était pas encore très connu au moment de notre passage à Yalgoo; ce centre venait d'être découvert peu de mois auparavant. Il est à 60 kilomètres environ au Sud-Ouest de Yalgoo et il faut deux bonnes journées de voiture pour y parvenir. On y trouve une série de reefs dont quelques-uns renferment des colonnes riches, mais peu nombreuses; le reste du minerai est plutôt à basse teneur.
Depuis, on a également découvert à Mugga Mugga HîU des filons qui, assure-t-on, sont plus régulièrement riches; mais nous ne les avons pas visités.
Field's Find est situé à 1 10 kilomètres au Sud-Sud- Est de Yalgoo, près du bord occidental du lacMonger. Il occupe le fond d'une vallée profonde aux al^ords beaucoup plus escarpés qu'on n'est habitué à en rencon-
M^Forùx,,Jb
PRINCIPALES LOCVUTÉS AURIFÈRES DES CHAMPS d'oR. sSq
dangereux par suite du manque de consistance du fond; quelquefois même il était impraticable pendant plusieurs semaines de suite ; et comme il n'y a pas d'eau douce dans File, on peut juger des ennuis auxquels pouvaient se trouver exposés les voyageurs et les mineurs. Depuis on a fait de part et d'autre une chaussée en remblai qui permet de circuler en tout temps. L'axe de la chaîne et de l'île est une couche de quartz ferrugineux généralement pauvre.
C'est pourtant dans cette île qu'on a découvert les gîtes détritiques les plus riches du Murchison et c'est surtout là qu'on a exploité des placers, dont un entre autres présentait les caractères essentiels d'un dépôt alluvionnaire. Sur le bed rock, dans un chenal bien défini et à une profondeur moyenne d'environ 7 mètres, on a trouvé en abondance de l'or soit complètement libre, soit encore emprisonné dans la roche qui le renfermait primitivement. On aura uoe idée de la richesse de ce chenal quand on saura. que deux mineurs ont extrait par lavage un morceau de roche pesant une douzaine de kilos , lequel a fourni pour près de 6000 francs d'or. Le travail y était fort pénible, parce que les alluvions étaient fortement cimentées par du gypse. Ce placer avait la forme d'une selle qui, partant du centre de l'île, descendait à l'Est et à l'Ouest jusqu'aux rives du lac. Ce qui est assez curieux, c'est qu'on n'a constaté la présence d'aucun reef aurifère dans son voisinage immédiat.
On a reconnu également et exploité d'autres dépôts détritiques sur la rive Nord et à l'Est. Enfin on a trouvé dans l'île même et dans un petit îlot dans son voisinage, quelques reefs dont les directions sont sensiblement parallèles ou perpendiculaires à la direction générale des formations rocheuses. Leurs affleurements et
26o CHAPITRE X.
leurs parties supérieures se sont généralement montrés riches ; mais en profondeur ils paraissent s'appauvrir rapidement. On a constaté l'existence de colonnes extrêmement riches aux croisements des filons des deux systèmes. Parmi les claims assez nombreux que renferme l'île, nous citerons seulement The Golconda, The Chicago et The Lawrence's; sur le premier, il existait une batterie en fonctionnement.
La distance entre le lac Austin et Gue est d'une vingtaine de kilomètres environ. Sur la route, on rencontre deux centres aurifères au Huitième Mille et au Quatrième Mille (ainsi nommés à raison de leur distance à Gue).
Dans la première , on a découvert plusieurs reefs de quartz, à l'Est d'une colline de roches métamorphiques, au milieu desquelles on voit un banc de quartzites ferrugineux rubanés. Au moment de notre voyage, on commençait seulement des travaux un peu sérieux de prospection. Mais à partir de ce point jusqu'au Quatrième Mille et à Gue, on trouve de l'or presque partout.
Le Quatrième Mille est souvent aussi appelé Day Daivn, du nom du premier daim qui y a été piqueté et travaillé. On y trouve une série de filons de directions variées, parmi lesquels il convient d'en citer un de grande puissance, bien caractérisé et formé de quartz bleuâtre tacheté qui présente une tendance marquée à la disposition en chapelet. Ge reef paraît formé par le remplissage d'une grande fracture dont la direction n'est pas constante, mais varie de TOuest- Nord-Ouest au Nord-Nord-Ouesl et au Nord avec tendance finale à l'Est. Ses épontes sont néanmoins très bien définies et sa permanence paraît hors de doute. Le long de ce reef et des autres filons qui se dirigent
PRINCIPALEB LOCALITÉS AURIFÈRES DKS CHAHPS D'OK. 26i
Mine du Day DawD. Vue générale.
vers Cue (direction Nord-Nord-Est), on a trouvé des
Miae du Day Dawu. Pitits d'eitractiou et batterie.
dépôls de surface riches, mais qui sont actuellemeDt épuisés, au moins pour les moyens dont on dispose.
La mine du Daj Dawn proprement dite est en exploitation régulière depuis un certain nombre d'années ; elle possède une batterie de vingt pilons et cest peut-être celle de toute la région de Cue où il a été fait le plus de travaux de développements. Le filon y a une direction Nord-Est et Sud-Ouest avec pendage à rOuest. La puissance moyenne est de i",8o à 2™, 20 ; mais, dans certains points, il atteint jusqu'à 4 ^^ 5 mètres, tandis qu'en d'autres il se réduit à o",6o au plus. La presque totalité du quartz y montre de l'or visible. Au moment de notre visite, on venait d'installer une usine pour le traitement des tailings par le procédé au bromocyanure de Suleman et les résultats étaient des plus satisfaisants.
Le Day Dawn South est sur le même filon, qui s'infléchit pour prendre la direction Ouest-Nord-Ouest et Est-Sud-Est. Le quartz y contient un peu de galène et d'oxydes de fer et de manganèse. Au Day Dawn n® i, le filon retourne au Nord; l'Union Jack est sur une de ses branches.
Il convient encore de citer les groupes de Kinsella, avec un filon à direction Nord-Nord-Est; New Caledonian, The Spécimen, direction Nord-Sud; Galliopé, direction Est-Ouest. Le nombre des claims du Dajr Dawn dépasse soixante et sur une bonne partie d'entre eux on trouve de l'or en quantité pratiquement exploitable.
Entre Day Dawn et Cue, on rencontre sur divers claims des filons de quarts qui établissent une sorte de continuité entre ces deux centres.
Cue, chef-lieu administratif du goldfield de Murchison, a une population d'environ 2000 habitants, en
y compreDant celle des mines de son voisinage immédiat. On y trouve plusieurs hôtels, des banques, des chapelles catholiques et protestantes, des écoles, un institut de mineurs et des magasins approvisionnés de tout ce dont on peut avoir besoin. On y publie un journal, le Murchison Times.
L'emplacement de la ville actuelle a été d'abord le gîte détritique le plus étendu du Murchison et le specking ground le plus renommé. (Les mineurs australiens donnent le nom de speck à des petits nuggets dont le poids peut atteindre i à 2 onces. Un specking ground est une formation détritique où l'on trouve beaucoup de ces nuggets.) Sur cet emplacement, on a vu pendant longtemps des centaines d'hommes armés d'un bâton fourchu retourner toutes les pierres une à une dans l'espoir de trouver soit un nugget, soit un morceau de quartz contenant de l'or. C'est quand tout le métal précieux amassé dans ce placer a été épuisé qu'on a songé à rechercher les reefs qui avaient pu le fournir et l'on en a trouvé un grand nombre. Ils présentent celte particularité qu'ils sont approximativement disposés en éventail et paraissent converger vers un point unique constitué par une colline isolée qui s'élève à une quarantaine de mètres au'-dessus du terrain naturel, dans le coin Sud de l'em-
placement réservé pour le ïownship. Cette colline, formée de roches diori tiques, serait, dit-on, extrêmement riche ; mais comme elle est enclavée dans le périmètre assigné pour la ville, la loi ne permet pas de l'exploiter.
D'autres reefs viennent croiser les précédents sous des angles divers. Ils ont presque tous leur pendage à l'Ouest.
A peu de distance au Nord, on voit plusieurs élévfi-
lions isolées, à sommet aplati, à parois abruptes, qui s'élèvent à une vingtaine de mètres au-dessus du pays environnant et qui paraissent les restes de strates ar-, chéennes dont la majeure partie aurait disparu. Elles sont formées de granit gneissique et renferment des
filons de quartz auxquels elles doivent probablement leur conservation,
M. Goczel, dans ses études sur cette région, a relevé une importante ligne de fracture de direction Nord-Est et Sud-Ouest qui passe dans le voisinage immédiat et à l'Ouest de la ville et qui suit plus ou moins régulièrement la zone de jonction entre le granit à l'Ouest et les schistes altérés à l'Est. Les terrains qui se trouvent le long de cette ligne, particulièrement ceux qui sont contigus aux failles et aux filons, ont été décomposés sur de longues distance s.. Dan s les granits, les feldspaths se sont kaolinisés et le mica
s'est changé en talc feuilleté. Les roches vertes paléozoïques schistoïdes (particulièrement les diorites) se sont transformées en une sorte de schistes chloritiques.
Les reefs situés à l'Ouest de cette cassure principale ont tous comme terrain encaissant le granit gneissique plus ou moins décomposé. Ceux à l'Est se trouvent, aii contraire, dans les schistes altérés. Quelques-uns des premiers ont une puissance considérable. En outre du quartz plus ou moins aurifère, on y rencontre, à l'état d'intercalations, des amas de kaolin et de talc qui proviennent évidemment de la décomposition des roches voisines et qui ont été emprisonnés dans le quartz au moment de son dépôt. Leurs salbandes sont formées de ces mêmes matières et elles contiennent presque toujours un peu d'or.
Les intersections des reefs entre eux et la présence des failles et des barres de roches intrusives jouent un rôle important en ce qui regarde l'existence des colonnes riches. Ces dernières ont, en général, plus d'étendue horizontale dans les filons situés au milieu des roches primitives que dans ceux qu'on trouve dans les schistes. On a néanmoins reconnu dans ces derniers aussi des colonnes de richesse phénoménale.
Le nombre des mines en exploitation ou dans la période de recherches aux environs de Cue est très considérable. Au moment de notre visite, il y avait t58 claims régulièrement enregistrés; leur nombre a dû encore augmenter depuis. Si l'on a trouvé des traces d'or sur la majeure partie d'entre eux, il s'en faut de beaucoup que tous soient exploitables et puissent donner des résultats rémunérateurs.
La plus grande partie de cette région se trouve privilégiée parce que, dans presque tous les puits de mines
poussés à profondeur suilisante, on a rencontré de Feau douce en quanlité. Les pluies y sont, du reste, un peu plus abondantes que dans le centre proprement dit. M. Gôczel pense qu'il existe une sorte de bassin souterrain d'eau douce <laas lequel lès eaux de pluies ont dû s'accumuler de tebfips immémorial. Il en estime la surface approximative à 34 kilomètres carrés. Comme le puisage augmentera nécessairement dans une large proportion avec lé développement successif des diverses mines, il se demande si, à un moment donné, ces ressources ne viendront pas à diminuer notablement, peut-être même à manquer, et s'il ne conviendrait pas de prendre dès l'abord des mesures pour empêcher le gaspillage de cet élément si précieux. C'est là une question à laquelle il p^aît bien difficile de donner une solution pour le présent.
Les eaux commencent à devenir saumâtres, puis franchement salées au fur et à mesure qu'on s'avance vers l'Ouest. A Cuddingwara ou Dead Finish, à i6 kilomètres à l'Ouest de Cue, toutes celles qu'on rencontre dans les puits sont salées à saturation.
On a trouvé dans cette localité un certain nombre de reefs aurifères, à direction Nord-Nord-Est, au milieu de formations schisteuses très altérées. Les colonnes riches, qui se présentent principalement aux croisements des filons principaux avec des fissures transversales, y ont généralement peu d'étendue.
Mulga Mulga, situé à quelques kilomètres au Nord de Cuddingwara, est connu, depuis 1888, comme point où l'or existe. On n'y a pour ainsi dire fait aucuns travaux. Les filons y sont peu puissants et, en général, assez mal définis. L'or y est associé avec des pyrites de fer et de cuivre, et avec de l'antimoine.
Pour aller de Cue au lac Annean^ il faut remonter
d'environ 80 kilomètres vers le Nord. Le pays présente le même aspect que celui que nous avons. déjà décrit plusieurs fois. Le lac lui*méine se compose d'une succession de dépressions marécageuses, séparées par des dunes de sable. Il est à peu près impossible de le traverser après les pluies. Dans le pays, cette région est plus communément appelée Nanine, du nom de la première et de la plus importante mine qu'on y ait découverte.
On y retrouve, comme à Cue, une grande ligne de fracture dans les terrains primitifs avec affaissement de la partie Ouest et, comme phénomènes consécutifs à ce mouvement, la formation de reefs, de dykes, de fractures secondaires et de failles. La plupart des mines sont situées sur un reef à direction Nord-Sud, avec pendage à POuest. Les roches encaissantes sont des schistes amphiboliques, transformés en schistes taiqueux et chloritiques près de la surface et le long du filon. Ce dernier est traversé de distance en distance par des bandes de quartz et de quartzites ferrugineux et rubanés; aux points de croisement, on a presque toujours trouvé des colonnes riches.
Le remplissage du filon est formé d'un quartz blanchâtre ou légèrement ferrugineux a la surface. Audessous du niveau hydrostatique, il devient bleuâtre et renferme de la galène. L'eau douce y est abondante et à peu de profondeur.
Nanine, Royalist, Consolidated, Home Rule, Murchison South et Star of the South sont les mines les plus importantes sur ce reef. Les dernières touchent le lac Anneau.
11 existe encore deux autres systèmes de reefs plus ou moins bien reconnus et parallèles au filon principal. Le premier se compose de deux reefs moins puissants.
situés l'un à 5oo mètres, l'autre à 2 kilomètres à l'Ouesl de Nanïne. Ils sont évidemment dus à la dislocation qui s'esl produite quand la fissure principale s'est ouverte. La Champion Mine est sur l'un d'eux.
Le second système, situé à l'Est de Nanine, a été moins étudié. Ici comme dans le précédent, les reefs
Cbevaui s'abreuvant i un puits du GouTeraerneut
n'ont pu être suivis que sur une très petite étendue, ce qui porte à douter de leur continuité en profondeur.
Aune trentaine de kilomètres à l'Est du lac Annean, on rencontre la localité de Gardner's Find, près de la chaîne de collines de Yagahong. On raconte qu'une petite bande d'explorateurs qui s'étaient perdus dans le bush y ont trouvé de l'or d'une manière tout à fait accidentelle.
On y a reconnu un reef à direction Est-Ouest, donl les affleurements, non apparents à la surface, sont recouverts par un dépôt très dur de cette roche que nous
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIPéRES DES CHAMPS D'oR. 269
avons déjà rencontrée ailleurs et que les mineurs appellent Yopaline. Ce reef est d'abord vertical sur une vingtaine de mètres, après quoi il tend à s'incliner vers le Sud.
Dans la Star of the East, qui est la mine la plus importante du pays, on trouve, à la partie supérieure, un remplissage formé de morceaux de la roche encaissante broyés et de fragments de quartz de très grandes dimensions, le tout contenant de l'or. A mesure qu'on descend en profondeur, le quartz augmente et finit par devenir prépondérant. En iSgS, 5ooo tonnes de quartz passées à la batterie ont donné 2989 onces d'or. Il y a de l'eau de très bonne qualité et en abondance. Le bois ne manque pas non plus.
A 3 kilomètres environ au Nord-Est, on a rencontré une série de reefs à laquelle on a donné le nom de Gabinitha Line* Ces reefs sont perpendiculaires au précédent, c'est-à-dire ont une direction Nord-Sud. Leur puissance est assez forte et l'on trouve de l'or visible dans presque tout le minerai. Ce dernier, qui est du quartz, est fortement imprégné de pyrites de cuivre et ses fragments sont recouverts d'un enduit de malachite.
Nous citerons encore, comme autres localités aurifères du champ d'or de Murchison, la Meekatharra Line, située à 34 kilomètres au Nord de Nanine; Peak Hill, qui est encore un peu plus au Nord, et, enfin, Quin's Find, à 18 kilomètres au Sud de Nowthanna. A Peak Hill, en dehors des reefs de quartz qu'on dit très riches, on a trouvé un specking ground et des gîtes détritiques superficiels riches.
Murchison East. — Le champ d'or de Murchison East était de découverte toute récente au moment de notre
'270 CHAPITftE X.
séjour en Weslralie. Les principaux centres aurifères signalés sont ceux du Moant Sir Samuel, du Lac Darlot, du Lac Way et de Lawlers. Celte dernière localité est le chef-lieu administratif et la résidence du vt>€trdeh (conservateur). Le warden est un magistrat qui réunit dans ses mains les pouvoirs de police ordinaire, les attributions de Fenregistrement des titres de propriété des mines, et qui juge en première instance des contestations auxquelles ces titres peuvent donner lieu.
Un très grand nombre de daims ont été enregistrés^ dans ces diverses localités; on avait fait sur plusieurs d'entre eux des rapports verbaux extrêmement brillants et exhibé des échantillons magnifiques. Mais la vérité est qu'à Tépoque dont nous parlons, tout était encore dans la période de prospection, et que, si Ton avait trouvé dans les reefs des parties très riches, comme cela arrive toujours, on était fort loin de pouvoir se faire une idée bien exacte de la valeur réelle de ces nouvelles découvertes. Toutefois, le fait de l'existence de l'or dans ces différents points a, au point de vue spéculatif, une importance considérable, parce qu'il établit d'une manière indiscutable la continuité des formations aurifères presque du Nord au Sud de la Weslralie.
Comme dans tous les autres goldfields, on a trouvé des gisements détritiques dans le Murchison East. Les plus importants ont été ceux du Lac Darlot, de Wilson's, Mac AfTerj's, Ogilvies et de Lawlers.
En prenant celte dernière localité comme centre de référence, les divers endroits où l'on a constaté la présence de l'or dans des filons ou dans des gîtes, complexes sont les suivants : d'abord Lawlers lui-même ; puis le Lac Darlot, à 96 kilomètres à l'Est; Wilson's, à 64 kilomètres au Sud; Black Range, à 160 kilomètres
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFERES DBS CHAMPS D'OR. 27 |
à rOuesl; Mac Affery's, à 7 kilomètres au Nord-Est; Ogilvies, à 10 kilomètres; Anderson, à 24 kilomètres; le Mount Sir Samuel et Pascoe, à 64 kilomètres ; et enfin le Lac Way, à 192 kilomètres au Nord.
Dans ces diverses localités, on trouve de Teau douce presque partout ; les puits les plus profonds atteignent 20 à 22 mètres et, dans certains points, on rencontre la nappe aquifère à 4 mètres.
Les débuts de ce champ d'or ont été des plus pénibles à cause des distances énormes que les convois avaient à parcourir pour apporter tout ce qui est nécessaire à la vie courante, et surtout à cause des longues étapes sans ravitaillement intermédiaire en eau. C'est dans ces circonstances que les chameaux importés des Indes en Australie ont rendu des services inappréciables. 11 est juste de rendre hommage à la ténacité, je dirai même à l'intrépidité des explorateurs que ces difficultés n'ont pas arrêtés dans leur marche en avant*
L'arrivée des voies ferrées à Cue d*une part et à Menzies d'autre part va singulièrement améliorer cet état de choses, en rendant le pays plus accessible, les prospections et les explorations plus aisées, le champ d'or plus facile à connaître et à apprécier.
On peut actuellement s'y rendre assez facilement en partant de l'une ou l'autre de ces villes, surtout de Menzies.
A la fin de iSgS, il y avait déjà plus de 200 clatms. enregistrés et le mouvement a continué depuis cette époque, malgré les périodes difficiles par lesquelles est passé Iç marché des mines d*or.
Yalgoo, Murchison, Murchison-Est et Peak Hill constituent, en fait, la partie Nord des champs d'or du Centre; nous allons maintenait passer rapidement en revue le Centre proprement dit et puis le Sud.
yUgarn. — Le goldfield de Yilgarn (mot anslralien qui signifie quartz) a pour centre administratif Southern Cross. Il doit son nom à une chaîne de collines, les Yilgarn Hills, qui se trouvent à 4oo kilomètres environ à l'Est de Perth et sur le côté Ouest d'une série de lacs salés dont le plus méridional est le lac Déborah.
Convoi de chameaux près de Cue.
Celte chaîne a une direction à peu près Nord-Sud; elle fait partie d'un des plis du terrain primitif que nous avons sommairement indiqués précédemment. Elle a une largeur de 3 à 5 kilomètres. La pente de soa versant Ouest est assez raide, tandis que le terrain à l'Est descend doucement vers les lacs. Les Yilgarn Hills sont séparés de ces derniers par une plaine large de 6 à 9 kilomètres, suivant les points. Le sol en est formé de loess et sable ; il est parsemé de fragments de quartz et de produits ferrugineux.
Les roches de celle région sont des schistes amphi-
boliques, des schistes micacés ou talqueux et des quartzites, au milieu desquels on rencontre un grand nombre de filons ou de masses intrusives dètliorite et de quartz. Elles ont été relevées à l'Ouest par une énorme protubérance de granit dont les sommets arrondis apparaissent de dislance en distance par suite des dénudations locales.
Les principaux centres prospectés et exploités dans ce goldfield sont: les Yilgarn Hills, Southern Cross, Golden Valley, Parker's Range et Mount Jackson. On pourra constater, en se reportant aux Caries générales que nous donnons de la région du Centre, que ces divers points sont situés sur une seule et même bande de terrain qui s'étend plus au Sud de Parker's Range et qui, passant par le Mount Magnet et Cue, remonte au Nord bien au delà de cette ville.
Ce que nous venons de dire sur la nature des roches des Yilgarn Hills peut se répéter presque textuellement pour les autres localités du champ d'or.
La première découverte de l'or dans ces contrées remonte à 1887. Elle a été faite par M. H.-E. Anstey, à un endroit appelé Emun, à 20 kilomètres environ au nord de Golden Valley. Vers le milieu de 1888, on trouvait le métal précieux à Southern Cross; et au mois de décembre de celte même année, M. Parker, guidé par un naturel du pays, reconnaissait la région aurifère à laquelle on a donné son nom, le Parker' s Range.
Dans tous ces divers points, on a commencé par travailler des gîtes détritiques; après quoi on a recherché les filons. Les premiers ont été vite épuisés. Les seconds ont, en général, la même direction que les couches au milieu desquelles ils se trouvent. Le quartz qui constitue le plus souvent une bonne partie de leur remplissage est tantôt blanc, tantôt fortement coloré par des
274 CHAPITEB X.
oxydes de fer. Dans les niveaux inférieurs, il renferme souvent des pyrites, de la galène et quelquefois un peu de blende; il rappelle celui qu'on trouve le plus ordinairement dans le Murchison.
A Southern Cross, on a reconnu trois séries de reefs recoupés par des filons croiseurs de moindre importance. Les premiers sont en relation avec le soulèvement général de la contrée ; les derniers paraissent dus à la présence de barres intrusives venues postérieurement. Les reefs de la première série renferment surtout du quartz blanc ; ceux de la deuxième, du quartz ferrugineux, tandis que le remplissage de ceux de la troisième se compose de veinules de quartz au milieu de produits de décomposition des roches encaissantes. Leur direction générale est à peu près Nord-Sud.
Les quatre mines : Central n® 1, Central Extended, Fraser's et Fraser's South, sont situées sur le filon le plus important. Il a des épontes bien définies et un pendage de 8o* à l'Ouest. Sa puissance varie de i*",5o à 16 mètres; il est rare qu'il soit uniquement-formé de quartz, même en dehors des brouillages superficiels qui sont assez fréquents ici. Il se compose plutôt d'une suite de masses lenticulaires de quartz, au milieu de produits de décomposition où se rencontrent des filonnets de quartz. Ces masses lenticulaires ont quelquefois jusqu'à 3o mètres de longueur. On les rencontre tantôt à une éponle, tantôt à l'autre.
11 existe encore d'autres daims sur la direction présumée de ce même reef ; les travaux de recherches qu'on a faits semblent toutefois indiquer qu'il ne se prolonge pas sur eux.
Blackbourne est situé sur un autre filon, à 10 kilomètres au Sud-Ouest de Southern Cross et à 3 kilomètres environ à l'Est des séries de reefs précédents.
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CHAMPS D*OR. IjS
du Main Belt, comme on les appelle dans le pays. Jusqu'à la profondeur de loo mètres à laquelle on était arrivé lors de notre visite, il conserve une puissance à peu près uniforme de i™, 20 à i™,5o, avec des colonnes riches irrégulièrement disposées.
Hope's Hill est à 8 kilomètres environ au Nord dé Southern Cross. Ce qu'on y désigne sous le nom de reef est plutôt un dyke complexe où le quartz se trouve tantôt à une paroi, tantôt à l'autre. A côté de veines discontinues de cette substance, on rencontre une masse argileuse feuilletée, de couleur blanc sale ou vert bleu, au milieu de laquelle serpentent des filonnets de quartz riche en or. On trouve aussi de Tor dans les lits de séparation des diverses couches argileuses. Le quartz, de couleur blanchâtre, et qui paraît stérile au premier abord, est traversé de temps en temps de bandes ocreuses qui constituent des colonnes riches. La présence de l'or, ici comme dans bien d'autres endroits, parait intimement liée à celle des pjrites dont les produits de décomposition ont teinté le minerai.
Golden Valley est située à 56 kilomètres au Nord de Southern Cross. Au début, on y avait piqueté un certain nombre de daims; mais la majeure partie a été abandonnée quand on a eu découvert Coolgardie, et il ne restait plus que deux mines en activité : The Waterhall et Kathleen.
Sur la première, on ejqiloite un reef découvert au fond d'un ravin ; on a commencé à y travailler dans une large excavation à ciel ouvert {Paddock). On y trouvait, en mélange avec des fragments des roches voisines, du quarlz quelquefois blanc et granulaire, mais le plus généralement ayant l'aspect ferrugineux et renfermant de l'hématite, des pyrites de fer et de la chlorite. Plus tard, on a foncé un puits vertical pour aller
2y6 CHAPITRE X.
rechercher le filon plus en place. Au point où on l'a recoupé, le quarlz a les mêmes caractères qu'à la surface, mais il est beaucoup moins mélangé; il devient du reste de plus en plus massif au fur et à mesure qu'où descend plus bas.
A la mine Kathleen, on a reconnu la présence de deux reefs, tous deux aurifères. Sur le plus important, le filon a 7™, 5o de puissance à la profondeur de 25 mètres; il se compose de deux masses de quartz blanc, situées à chaque éponte et contenant des pyrites de fer. L'espace intermédiaire est une sorte de remplissage formé de débris des roches encaissantes, avec veinules riches en cuivre et contenant plusieurs onces d'or à la tonne.
A 60 kilomètres au Nord de Golden Valley se trouve la région où la présence de For a été constatée pour la première fois et qui s'appelle Anstey's Reef, du nom du prospecteur qui l'a découverte. Il y a là une série de veinules de très faible puissance qui semblent se pincer très vite en profondeur ou qui deviennent tellement étroites qu'il est presque impossible de les suivre à la surface. En profondeur, les éléments de cette sorte de stockwerks se réunissent en un filon d'abord de faible épaisseur avec pendage à l'Est, qui se tourne ensuite brusquement à l'Ouest et donne naissance à une large masse, sans épontes définies et qui ressemble plutôt à un quartzite qu'à du quartz.Tia roche, entre les veinules supérieures, est un schiste micacé très kaolinisé, qui, dans certains points, est tellement altéré qu on n'a plus affaire qu'à du kaolin à peu près pur.
La distribution de l'or est si irrégulière que l'exploitation en a bien vite été abandonnée.
Il en est de même pour la Bibra's Liue of Reef, située un peu à l'Est d'Anstey's et pour la Bush's Line of
Reef, à 3 ou 4 kilomètres au Sud du même point. Ici on a peut-être agi avec un peu trop de précipitation, car les filons ont bien meilleure apparence que ceux d'Anstey's.
Le Parker's Range est à 65 kilomètres environ au Sud de Southern Cross. Ce centre est bien déchu de ce qu'il était au commencement. La découverte de quatre reefs, dont un paraissait fort riche, avait amené un afflux de population malgré les très grandes difficultés de l'alimentation en eau potable. Un grand nombre de claims avaient été pris par les prospecteurs ; les seuls sur lesquels on ail dans le début fait un ensemble de travaux un peu sérieux étaient ceux de Parker's, Sewall's, Toomey's, The Union et Rickey's. Un peu plus au Sud, on trouvait les mines Mackintosh's, Uphill's, Yilgarn, O'DriscoU's, etc., etc. La seule sur laquelle on avait une certaine quantité de travaux de développement était celle de Mackintosh's. A la profondeur d'une quarantaine de mètres, on y rencontre un filon de quartz bien défini, ayant près de i mètre de puissance et dans lequel on voit par places pas mal d'or libre.
Il existe, un peu plus au Sud-Est, d'énormes formations d'oxydes de fef à peu près purs, dans lesquelles on a constaté la présence d'une certaine quantité d'or irrégulièrement distribué. On n'y a encore fait aucune tentative de prospection.
Le centre aurifère de Mount Jackson est situé à 1 35 kilomètres au Nord de Southern Cross. Les roches dominantes dans la contrée sont des schistes amphiboliques fortement décomposés à la surface. On y a relevé l'existence de plusieurs reefs de quartz massif qui paraissent tous se diriger vers une petite élévation qui domine le pays environnant, et qui se trouve à
peu près dans la partie centrale de la région minière.
La mine la mieux développée est la Nil Desperandum Gold Mine. Elle est à 16 kilomètres environ à l'Est du Mount Jackson . Le (ilon principal qu'on y exploite a une direction Nord-Sud, avec un pendage de 60** à l'Ouest. Sa puissance varie de i",20 à i™,5o.
A une petite distance et sur la même concession, on trouve un autre reef de quartz de même direction et même puissance. Dans chacun d'eux le quarlz est plus ou moins ferrugineux et Ton y voit fréquemment à l'œil nu de l'or libre, tant gros que fin.
Nous citerons encore les Mount Jackson Gold Mines et la Victoria. Cette dernière est située à 2 kilomètres environ de Nil Desperandum. On y trouve un reef ayant une puissance moyenne de i",20 avec direction Nord- Sud et pendage presque vertical ou inclinant légère* ment à l'Est. Le quartz y présente les mêmes caractères physiques que dans les mines précédentes. Il y a aussi dans la même région un certain nombre d'autres mines dont les travaux ne faisaient que commencer pendant notre séjour. Une partie d'entre elles ont été abandonnées depuis.
Notons enfin qu'on a signalé récemment comme donnant de grandes espérances la "région des Toomey's Hills.
Le champ d'or d'Yilgarn, bien négligé depuis la découverte subséquente des pays plus riches de Coolgardie, Hannan^ etc., a été, par le fait, assez peu exploré en dehors des quelques endroits que nous venons de citer, et l'on ne peut que le regretter; car sa situation dans le voisinage d'un des plissements les mieux accusés du terrain primitif semble faire prévoir une richesse plus grande que celle qu'on a constatée jusqu'à présent. Il offre toutefois cette particularité qui pourrait
et devrait servir d*eDseignement pour les autres centres voisins plus riches, c'est que des compagnies locales, exploitant des claims où le minerai ne donne pas plus de 10 à 12 dwt. d'or à la tonne, arrivent à faire des bénéfices sérieux et à donner des dividendes à leurs actionnaires, alors qu'ailleurs, avec des rendements de une once et plus à la tonne, on n'arrive pas à joindre les deux bouts.
Coolgardie. — On peut dire que la véritable découverte des champs d'or du Centre est intimement liée à cejle du gojdfîeld de Coolgardie et, en particulier, à celle du gisement qui a été appelé Bayley's Reward, du nom de Tun de ses deux inventeurs. Les régions aurifères du Nord et de l'Ouest, celle même de Southern Cross étaient déjà connues auparavant; on soupçonnait qu'au delà de cette dernière ville, dans le désert à peu près inconnu qui s'étendait vers l'Est, le métal précieux pouvait et devait exister. Mais on n'en acquit la certitude que lorsque Arthur Bayley et son associé Ford, partis depuis trois ans en prospection à quelques centaines de kilomètres dans le bush, annoncèrent la riche trouvaille qu'ils venaient de faire au mois d'octobre 1892.
La ville actuelle de Coolgardie, centre administratif du goldfield de ce nom, est à 192 kilomètres environ de Southern Cross et le reef de Bayley en^ est distant d'un peu plus d'un kilomètre.
Aussitôt que cette découverte fut rendue publique, une immigration formidable (un rush) se produisît immédiatement vers le nouvel El Dorado.
Tout le voisinage de Coolgardie fut d'abord prospecté, surtout au point de vue de gîtes détritiques; puis les explorations s'étendant peu à peu autour du
caAPITkE s.
Hine Baiflej's Reward.
centre primitif, on découvrit successivement Hannan,
Mine Bajicj's Suuih n- 2.
PRINCIPALES LOCALITÉS AVIllFÈnES DBS CHAMPS D OR. aSi
Whîte Fealher, Broad Arrow, etc., en un mol, toute l'immense région aurifère que l'on connaît actuellement, La carte jointe au présent Ouvrage peut donner une idée de l'étendue des pays dans lesquels on trouve de l'or. 11 est à peu près inutile de dire que dans les divers centres, comme dans tous les autres goldfields,
Point de dépnrt des convois à Coolgardie.
c'est presque toujours par la découverte des gîtes détritiques {alluvials, comme on les appelle improprement dans la majeure partie des cas) que l'on est arrivé à la connaissance ultérieure de l'or en place.
Actuellement, le nombre des mines en exploitation régulière est tellement considérable qu'il ne peut nous venir à l'esprit d'en donner une énumération même succincte. Nous nous contenterons donc de citer les centres les plus importants du champ d'or.
Coolgardie, chef-lieu du goldfield, est une ville qui n'existait pas en 1893 et qui compte à l'heure qu'il est
plus de i2 0op habitants. C'est la plus importante de toutes les municipalités des champs d'or' du Centre. Elle a une Bourse (Stock Exchangè) où s'effectuent des transactions montant à un chiffre considérable, une Chambre de Commerce, une Chambre des Mines, dix hôtels dont, quelques-uns très importants, un petit théâtre, des écoles, des églises, des scieries, briqueteries, brasseries, etc., etc. Tout à côté se trouvent les grandes propriétés de la Hampton Plains Company. Toorak et Montana sont deux localités voisines où habitent les personnes qui veulent être plus à l'aise que dans l'intérieur de la ville. Les premières constructions en bois et tôle ondulée disparaissent peu à peu pour faire place à des édifices plus substantiels en briques et pierre, dont quelques-uns sont d'un assez joli effet, tout en étant bien appropriés aux besoins du climat.
La mine Bayley's Reward, qui a été la première exploitée, a présenté cette particularité, commune malheureusement à bien d'autres de la Westralie, que la partie riche s'est trouvée surtout à la surface, et qu'elle a été limitée en longueur, largeur et profondeur, à peu près dans les mêmes conditions qu'à TEmerald Mine de Yalgoo et qu'à la Londondery.
Dans le champ d'or de Coolgardie proprement dit, le métal précieux provient de trois sources différentes : les gîtes détritiques, les formations {dykes complexes) et les reefs.
Les premiers gîtes détritiques reconnus sont à peu près épuisés, au ^loins eu égard aux ressources et moyens dont on dispose actuellement pour les travailler. Les plus importants ont été rencontrés dans le voisinage du Quarantième Claim de Bayley ; on les connaît localement sous les noms de « Spud » et « Fly
Flâls ». On en a trouvé éjgalemenl sur le bord occidental du lac Lefroy, au Sud de Coolgardie. Les procédés d'extraction étaient le triage au crible ou à la main pour les nùggets les plus gros, lés engins pneumatiques assez rudimentaires {dry blowers) pour l'or en grains plus fins. L'or très fin n'a pas pu être recueilli jusqu'à présent et il existe sur les placers actuellement délaissés des tas énormes de refus qui contiennent jusqu'à 7 et 8 dwt. à la tonne et qui feraient la fortune d'autres localités où l'eau se trouverait en quantités suffisantes.
Les formations sont généralement des masses lenticulaires de matière ferrugineuse ou de schistes très altérés, au milieu desquelles on trouve un assez grand nombre de petits filons de quartz formant une sorte de stockwerk. Elles difi*èrent assez notablement des grands djkes aurifères de Hannan, dont nous avons indiqué précédemment les particularités et la genèse probable. Ces masses lenticulaires se pincent d'une manière invariable en profondeur quand elles arrivent à la roche dure et souvent elles disparaissent. Cependant il arrive assez fréquemment que les filonnets de quartz se réunissent pour constituer des reefs d'une certaine puissance. On a toutefois remarqué jusqu'à présent que les reefs ainsi formés s'appauvrissent presque toujours en profondeur et que Tor, qui était à l'état libre dans les parties supérieures, se trouve engagé dans les pyrites ou les arsénio-sulfures au-dessous du niveau hydrostatique. M. Gôczel regarde ces formations comme des réseaux de fissures le long de la ligne de contact des gneiss-granits avec les diorites et les schistes amphiboliques, fissures qui auraient été remplies par des sécrétions provenant de solutions solfatarienaes issues des profondeurs de l'écorce terrestre.
Ces lormations n'oDt généralement pas d'épontes détermiaées el elles se confondent le plus souvent avec tes roches qui les eucaissent. La seule distinction entre elles consiste en ce que ces dernières ne sont pas aurifères, tandis que les premières le sont. On conçoit d'après cela combien leur exploitation présente de
Mine Lady Loch (1896).
difficultés et entraîne de dépenses. On a remarqué que la quantité d'or contenue dans le quartz est, dans une certaine mesure, en rapport avec celle des oxydes de fer qui donnent à ce dernier sa coloration caractéristique.
Les reefs proprement dits se rencontrent principalement dans les schistes et dans les roches hasiques auxquelles les mouvements tectoniques ont imprimé le faciès schisteux. Us ont, en général, la direction Nord- Sud avec pendage de 60° à 80° vers l'Est. On y remarque deux variétés distinctes : la première, qui participe du
PRINCIPALES LOCALITÉS AtlRIPEIIES DES CUAMPS D OR. 385
caracLère des formations précédentes, se compose de grosses masses lenticidaires qui foDl le plus souvent saillie à la surface du sol. Comme exemple, nous citerons les reefs du Baylej's -Reward Claim et de la Big Blow Mining Lease. La seconde comprend des filonsiissures {true fissure veins) qui présentent les indices
les plus marqués de permanence. Comme exemple, la Sherlaw's Persévérance et les mines du groupe de Burbank Birthday Gifl. Dans cette dernière classe, comme aussi dans la précédente, l'or se trouve dans des colonnes riches qui alternent avec des parties plus pauvres. H ne semble pas qu'on ait encore de notions bien exactes sur les lois de la récurrence de ces colonnes, non plus que sur leurs directions moyennes.
Le gotdGeld se divise en deux districts : celui de Coolgardie proprement dit et celui de Kunanalling. Dans le premier se trouve compris le centre aurifère
de Widjîemolla, sur le bord du lac Lefroj. En dehors de l'or alluvionnaire qu'on a rencontré dans le lit de ruisseàuK desséchés qui lombaient antérieurement dans le lac et qui y déversent encore leurs eaux lors des pluies d'orage, ce métal est encore présent dans des formations et des reefs qui méritent d'être signalés. Ainsi à la mine « Lady of the Lac » el à la a Champion Lease », on l'exploite dans des schistes amphiboHques où il est surtout concentré dans les plans de plus facile fissilité. AiiNew Mount Morgan Leases, le quartz^^ est mélangé avec d.e la tourmaline noire dont les petits cristaux forment des masses enchevêtrées souvent plus grosses que les deux poings. Dans leur intérieur, on trouve fréquemment des grains ou des paillettes d'or interposés entre les cristaux de tourmaline. C'est probablement le seul exemple de cette association qu'on ait rencontré jusqu'ici dans la Westralie. Bien entendu, le quartz est aurifère.
Dans le district de Coolgardie, il convient de citer aussi les centres du Mount Burgess et deLondonderry. Ce dernier a acquis une triste célébrité sur les marchés européens à cause de la mine de ce nom. Nous devons dire toutefois que, si cette dernière n'a pas tenu les promesses du début, elle compte actuellement parmi les mines pa^^antes de la région.
Dans le district de Kunanalling se trouvent les centres du Vingt-Cinquième Mile, du Quarante-Cinquième Mile, de Dunsville et de Siberia. Des découvertes intéressantes ont été faites il y a peu de temps à Bullabulling.
Dans le voisinage immédiat de Coolgardie, on peut nettement constater l'existence de trois champs de fractures sur lesquels on jalonne trois zones de reefs. La première, la plus au Nord, part de Bayley's Reward
PRINCIPALES LOCALITES AVRIPBRES DES CHAMPS D OR. -287
(maintenant Bayley's United ), passe ensuite sur Bayley's n® i South, Great Hanover, Lady Loch et plusieurs autres.
La deuxième, qui est sensiblement parallèle à la précédente, comprend les mines Lindsay's, King Salomon, New Âustralasian, Sherlaw's Persévérance et autres.
Enfin, la troisième, dite de Burbank, s'étend sur les mines Burbank's Birthday Gift, Burbank's Great Junction, Lady Robinson, Burbank's Main Lode, Burbank's Consolidated et autres.
Toutes les trois ont une longueur reconnue de 5 à 6 kilomètres. Indépendamment des reefs qui suivent la direction de ces zones, on trouve de très nombreux croiseurs à direction variable, qui donnent généralement naissance à des colonnes riches à leur rencontre avec les reefs principaux.
Ce qui est intéressant à noter, en ce qui regarde la troisième zone, c'est que des reefs parallèles ou à peu près, nettement séparés à leurs affleurements et paraissant bien distincts, se rejoignent fréquemment en profondeur, et leur ensemble constitue alors des filons' de puissance assez forte, où le métal précieux est suffisamment abondant pour donner lieu à une exploitation très rémunératrice. Ce cas s'est produit notamment sur les propriétés de la Burbank's Birthday Gift. On y avait reconnu, à la surface, les reefs suivants : Boomerang, Jesson, Western, Parallel, Dam, Lady Robinson et Hadfield. 11 est maintenant établi par l'habile ingénieur de la mine, M. W.-M. Nicolas, que les trois premiers n'en font qu'un en profondeur, et que le Western Reef n'est vraisemblablement que la continuation de THadfield Reef. Il est également probable que les reefs Parallel et Dam ne sont que des branches de ce dernier.
Vue de Widjieiuolla, prés du lac Lefroy.
Nous donnoDS ici le croquis des travaux actuellement
CardilT Castle, prés du lac L«froy.
PRINCIPALES LOCALITÉS AURIFÈRES DES CIIAIIPS d'oR. 289
exécutés sur cette propriété. On trouvera probablement à première vue que le nombre des puits est exagéré eu égard à la longueur de 55o mètres environ sur laquelle se développent les travaux. C'est là un reproche qu'on peut adresser à la majeure partie des mines de la Westralie et qui doit, ici comme ailleurs, êlre le plus souvent nriis à la charge de la détestable loi minière qui était en vigueur au début des découvertes de l'or dans la colonie. On pourra remarquer que, dans celle exploitation, on s'est prudemment ménagé des réserves capables d'alimenter les batteries pendant plusieurs années. (Il n'en est malheureusement pas ainsi dans beaucoup de mines du pays.) Les difïïrentes galeries représentent une longueur de près de 6200 pieds; une bonne partie (2900 pieds environ) est en plein minerai. Le puits principal va être descendu à la profondeur de 4oo pieds, d'où partira un quatrième niveau.
L'ensemble des travaux exécutés jusqu'ici a établi que les filons principaux s'élargissent en profondeur et que leur teneur va plutôt en augmentant qu'en diminuant. La quantité de quartz passé à la batterie depuis l'origine a été de 16684 tonnes anglaises, donnant 33 181 onces et 3 dwt. d'or, c'est-à-dire à peu près 2 onces d'or à la tonne. Il reste en outre i4ooo tonnes de tailings et de sclamms (slimes) d'une teneur moyenne de 7 a 10 dwt. à la tonne et qu'on commence à traiter par la cjanuration. On fait en outre d'une manière courante une petite quantité de concentrés (matières rebelles à l'amalgamation) qui renferment en moyenne de 3 à 3,5 onces d'or à la tonne. C'est une mine sagement et scientifiquement bien administrée et qui ne peut manquer de donne;- des résultats financiers satisfaisants.
Les mines voisines, Burbank'sMain Lode, Burbank's Grand Junction, Lady Robinson, etc., sont beaucoup C. 19
moins avancées comme travaux et, par suite aussi, comme production.
On retrouve un peu les mêmes caractères généraux dans la zone qui avoisine le Mount Burgess étdont le centre est le Bonnie Vale of Coolgardie. Les ingénieurs locaux y ont constaté, comme un fait très curieux, la présence de masses de diorite sous les granits^ Ceci n'a, en réalité, rien de bien anormal et peut s'expliquer assez facilement, les diorites étant intrusives par rapport aux granits.
Les mines les plus importantes sont : Vale of Coolgardie, qui appartient à une Société où les capitaux français sont fortement intéressés, Westralia et Easl Extension, New Victoria Consols, New Victoria Soulli et Entreprise.
Le groupe de Londonderrj au Sud de Coolgardie comprend nn système de filons en éventail composé principalement de trois reefs. Le premier, dont la direction est à peu près Nord-Sud, est au centre et passe par les mines Londonderry, Londonderry South et London- (lerry North. Le second, qui s'écarte vers l'Ouest, traverse les mines Miriam, Lady Rosby et autres. Le troisième, enfin, qui s'infléchit vers l'Est, est reconnu sur les mines Fiery Cross, Cleopatra, Try no More, Londonderry Consolidated North et Londonderry Consolidated South.
Il ne paraît pas utile de revenir ici sur les déboires qu'a causés au marché français l'introduction des titres de la « Londonderry » proprement dite : on s'était certainement trop hâté de conclure delà richesse totale de cette mine, reconnue seulement par des travaux superficiels qui se trouvaient par- hasard dans une colonne extrêmement riche, mais de dimensions limitées en profondeur.
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PRINCIPALES L0G4LITËS AURIFÈRES DES CHAMPS D'oR. 291
A Widjiemola l'or se trouve dans les roches les plus variées. On l'y exploite entre autres dans des schistes qui, au microscope, se montrent composés de mica noir, quartz, feldspath altéré avec, comme minéraux accessoires, de l'apatite et de l'épidote.
Le nombre^ total des leases actuellement exploitées ou prospectées dans le champ d'or de Coolgardie était de 671 en 1897. Leur surface dépassait 38oo hectares et elles employaientplusde 20000 ouvriers de toutenalure.
Coolgardie-Est, — Ce champ d'or, dont les limites plusieurs fois modifiées ont été définitivement fixées en * 1896, figure parmi les plus petits du centre; mais, par * contre, c'est celui où Ton a trouvé jusqu'à présent les plus grandes richesses. Découvert par Patrick Hannan, dont il porte le plus souvent le nom, il est venu juste à temps pour faire renaître la confiance dans les mines westraliennes, confiance que les épuisements rapides des colonnes riches de Bailej's Reward et de la Londonderry avaient singulièrement ébranlée. La suite a d'ailleurs surabondamment prouvé que les premières espérances inspirées par la découverte d'Hannan avaient des fondements bien sérieux, encore que ce prospecteur n'en ait pour ainsi dire pas profité.
Le chef-lieu du champ d'or de Coolgardie-Est est Kalgoorlie, qu'on appelle aussi couramment Hannan. Une autre ville très importante s'est aussi développée ' en quelques années près du Great Boulder, dont elle porte le nona ; elle est actuellement reliée par une voie ! ferrée avec Kalgoorlie. La création de cette voie a été ; un véritable bienfait pour la contrée; car le track qu'elle remplace était devenu absolament impraticable, • malgré sa largeur, à cause des orhières larges et profondes, de la poussière ou de la boue.
Mini: Mii'1.1111.
Kalfroorlie esl le vérilahle ccnlic ndminislralif et
ingc Hôtel à Ralsoorlie ( llannan ), iStjG.
iRipÈniis nKs aikups n'on. 'jg3
commercial, lii rûsideiico du Wurden. ic iioiiil (l'arrivée
du chemin de fer qui la relie à Perth et le point de départ de celui qui va à Menzies. La population de la ville et de ses environs dépasse 20000 habitants. A la fin de 1897, on y comptait plus de 6000 mineurs. On V trouve en abondance tout ce qui est nécessaire pour la vie matérielle et pour les besoins des mines.
La première mine qui ait été exploitée en grand dans ce goldfield et qui ait donné des résultats constants et importants, e$t celle du Great Boulder. Ensuite sont venues celles de Brown Hill, de Lake View, d'Ivanohe, du Golden Horseshoe, d^Hannan's Star, du Great Boulder Main Reef et tant d^autres qui font actuellement du Belt la région la plus productive en or du monde entier, eu égard à la faible étendue sur laquelle se répartissent les gisements en exploitation.
C'est à la région de Ralgoorlie que se rapportent avec le plus de précision (au moins jusqu'à présent) les considérations générales sur les formations aurifères complexes que nous avons développées précédemment (voir p. 196 et suivantes). En effet, sur presque toutes les mines que nous venons de citer, c'est dans les Iode formations que se trouvent les travaux d'exploitation et c'est de là qu'on a extrait la plus grande par- ' tie de l'or produit dans ce goldfield. Les riches découvertes faites dans ces mines avaient, à un moment donné, excité tous les esprits à tel point que la totalité du terrain en dedans aussi bien qu'en dehors du'JSelt avait été piquetée et enregistrée comme claims miniers. C'était, il faut bien le dire, le moment où la fièvre de spéculation battait son plein et où l'on constituait des sociétés basées sur des claims à peine prospectés, pas du tout développés et sur cette simple recommandation qu'ils étaient dans le voisinage plus ou moins immédiat d'un de ces gisements riches et bien caractérisés.
Il a fallu en rabattre depuis et une assez grande quantité des premiers daims a été abandonnée, peut-être un peu trop précipitamment dans certains cas.
La plupart des mines qui restent et sur lesquelles on a fait des travaux sérieux sont toutes payantes et elles le seraient certainement encore bien plus si l'on appor-
IJa: ! tait dans leur administration à toutes l'esprit d'ordre
11? j et d'économie qui fait souvent défaut dans les enlre-
?o: I prises westraliennes.
loli ; Ce ne sont pas du reste les Iode formations qui
constituent l'unique richesse du Belt, On y trouve aussi, et en grand nombre, des reefs de quartz aurifères d'une teneur bien suffisante pour donner des résultats très rémunérateurs, quoique moins brillants que ceux que fournissent les formations complexes.
Au moment de notre séjour en Westralie, on avait bien reconnu une bonne partie du champ d'or; mais les travaux étaient encore restés dans la zone pour ainsi dire superficielle. Au Great Boulder, on n'était pas descendu plus bas que 3oo pieds (à peu près 100 mètres); à Lake View Consolidated, on était à 280 pieds; à Brown Hill, à 270. 11 semblait qu'on eût peur de pénétrer plus profondément, dans la crainte de voir la teneur des minerais décroître et l'or disparaître à un moment donné. On paraissait imbu de cette idée que les venues aurifères doivent nécessairement s'appauvrir rapidement en profondeur. Et comme, pour les Anglo-Saxons, le jeu a toujours une part par trop prépondérante dans ce qui touche aux mines, que de plus les titres avaient été fortement poussés (boomés) en raison des résultats du moment, on craignait, si l'on trouvait des minerais de moindre teneur en profondeur, de voir les actions baisser rapidement de valeur.