Ecrit trouvé dans l'habit de Pascal
Rédempteur. Mais Pascal est aussi riioninie du confesseur, des messes, des reliques. Il habite l'Eglise dont aucune pierre n'est à rejeter. Comment son ai)ologie va-t-elle justifier le système historico-dogmatique de l'orthodoxie ? Comment serait-il passé de l'expérience psychologique du péché et de la réconciliation avec Dieu en Christ à la démonstration, des dogmes?
Malgré l'état fragmentaire des Pensées, ce passage est saisissalile. La préface d'Etienne Périer et le Discours de Fillean de la Chaise nous montrent qu'il se fait au moment où l'homme, pénétré du sentiment de sa misère, cherche des yeux le salut parmi les religions et les philosophies. La question vitale : qui me délivrera ? se double d'une question spéculative : qui démêlera cet embrouillement (1) ? L'impuissance morale devient une contradiction à résoudre, une énigme dont on cherche le mot. Ce mot c'est le dogme orthodoxe du péché originel, auquel Pascal va nous amener \)ni- le peujjle juif et la Bible : « Dans cette recherche le peuple juif attire d'abord mon attention »(2). Dieu a paru et parlé dans l'histoire. S'il n'avait paru et parlé que dans mon cceur, comment l'apologétique i)ascalienne échapperait-elle au sid)jectivisme où risque de sond^rer toute ajjologie psychologique? Les <( mystères » qui me donnent la paix ont la valeur rationnelle d'une explication sufLisante de l'homme, du problème du mal et de l'ensend)le des choses. A partir de ce moment, nous rentrons dans l'apologétique traditionnelle. Pascal va prouver Moïse et .lésus-Christ et l'église de .lésus-Christ par les démonstrations ordinaires. Pas de jjreuves métaphysiques cependant, — elles ne sont accessibles qu'aux sages, — Pascal ne les aime ])as plus (|ue les jjreuves de la religion tirées de l'ordre du monde, qui ne frappent ([ue les croyants (3), mais des preuves de faits. Les principales sont: les figures, les prophéties, les miracles (4).
,\ous ne saurions admirer avec M. Strowski (ô) Pascal emiirun-