‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 131 sur 397 · Pensée ô · texte numérisé non relu

Pensée ô

c quelques-uns achèvent de se eorrdnipre par de l()n{,'s voyages « et perdent le i)eu de religion qui leur restait : ils voient de jour « à autre un nouveau culte, diverses mœurs, diverses cércnio- « nies » (1), ou s'ils ne voyagent pas eux-niènies les récits d'un Tavernier, d'un Chardin les leur montrent (2). Ils restent incapables de fixer leur choix ; leur paresse d'ailleurs les laisse dans rindiflérence, pire que l'hostilité. « Ils ne nient ces choses ni ne les accordent ; ils n'y pensent point. » (3).

Une dizaine d'années plus tard, Leclerc publiait une étude plus approfondie sur u les rdisons (fànérales qui portent les incrédules à rejeter la reli(/ion chrétienne » (4). Cet ouvrage dont Bayle écrivait qu'il méritait d'être lu (5), fut trois fois réimprimé dans la ])ériode qui nous occupe (6). Il est intéressant, comme toutes les jjroductions de ce fertile esprit, et joliment composé. L'auteur examine les motifs d'incrédulité qui naissent de la disposition intérieure des incrédules, ceux que leur fournissent les chrétiens, ceux que leur fournit le christianisme. C'est tout d'abord le défilé classique des passions, obstacle bien plus grand que les mystères, puisqu'on voit des sceptiques notoires comme Julien ou Mazarin croire magiciens et astrologues. L'orgueil .se complaît dans les opinions singulières comme le panthéisme. Il est dur à un gentilhomme de partager les idées d'un homme du commun. Les personnes de qualité, les gens d'épée sont d'ailleurs mal à l'aise dans les sujets abstraits ; bien peu conçoivent les raisons qui fondent le christianisme. Quant aux personnes capables de raisonner, elles sont pénétrées de l'hypothèse cartésienne : ce qu'on ne conçoit pas distinctement n'est pas.

Mais voici plus original : Leclerc est, à notre connaissance, le premier protestant qui ait secoué avec impatience les traits dirigés contre le christianisme et qui atteignent le catholicisme seul. Il ébauche un dévelopjjcment devenu classi(pie chez les apologistes réformés sur le tort fait au (Christ i)ar Home : l'interdiction d'examiner, la morgue persécutrice, l'absurdité visible de la Transubstantiation, les faux miracles modernes, autant de motifs d'incrédulité qui désolent. Ses successeurs y ajouteront le commerce des choses saintes, l'idolâtrie, (pie sais-je, et renverront comme lui à l'évangile ceux que le trafic des messes ou l'opulence

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