Ilisi. du ciel, vd. cit. t. II. c. 9. p
2. « On esit las de monter sur le Pinde et d'entendre les chansons de Clio ou « de la vieille Terpsicore. Ou n'est point louclu' d'admiration mais de pitié et « de dépit lorsque dans une sculi)turc publique on expose un roi, dont la « mémoire nous est chère, tout nu au milieu de son pciU^ilc^ maniant une lourde « massue et iiortanl mie i)erruque carrée. Quelle idée nos beaux esi^rils nous '; donnent-ils d'eux en nous Inondant de vers où l'on cherche à nous attendrir « par les alarmes ilWmymone ?... « {ib. 42ô).
3. « Des dames cultivées à recelé du monde nous demandaient quelquefois « ce qui nous avait attiré tant d'applaudissements... Elles apprenaient qu'on « avait examiné : savoir si la philosophie jjrise d'une façon collective ovi d'une " façon distributive lo{;e dans l'entendement ou dans la volonté... Savoir si les « degrés méta])hysiques dans l'individu sont distingués réellement ou s'ils ne " le sont (]ue virtuellement et d'une raison raisonnée... Si syngatégoriquemeni •' parlant le concret et l'abstrait se... Miséricorde ! s'écriaient ces dames : est-ce « i)our aller converser avec les habitants tle la lune (ju'on vous exerce sur ces « questions là, ou bien si c'est pour vivre avec des hommes ? On s',attend que " vous allez nous dire comment se façonne le sucre, d'où et comment nous vient « le coton, quelle est l'ori(jinc des perles et des pierreries, ce qui fait l'entrc- « ttien des fontaines et des rivières, ou telle autre chose qui nous intéresse. » (Ib. 454).
4. Liniité, d'abord par positivisme : « Depuis que, sans se mettre en peine " d'aucuns systèmes et sans même ambiliomier de connaître le fond de l'objet « nouvellement aperçu, on se contente d'e;? savoir l'existence, l'usage cl les u rapports avec d'autres ou avec nous, on ne peut pas nombrer les connaissances « nouvelles qu'on a acquises eit les secours qui nous sont venus à la suite de <- ces connaissances. » Ensuite par défiance de la jiensée : « Les plus habiles <■ maîtres de philosophie donnent de jour en jour des bornes plus élroiles au.r « spéculations incertaines... pour s'en tenir nwdeslement à ce qui est de fai,l cl « de pratique... Ils emploient en plusieurs endroits près des deux tiers de leurs « cours à exercer leurs élèves dans tout ce que la physique moderne a de plus " utile. >< (410 et IIS). l'iuchc est très préoccupé de détourner son élève des ' recherches présom])lueuses et d'en faire « un laboureur ». (p. 47.3).
5. On trouvera dans Mornet. o. c., ch. 2 « La lutte contre le merveilleux », une revue de la ci'édulilé savante nu xviii'' siècle.
VHistoirc des oracles (1687) Fontenelle avait porté au surnaturel un coup bien grave. L'émotion des chrétiens prouva qu'ils se sentaient autrement touchés que par la Pluralité des mondes. On connaît le point débattu : les Pères de l'Eglise croyaient que les oracles païens étaient rendus par les divinités du paganisme, c'est-à-dire par les démons, et qu'ils avaient cessé à la venue du Christ vainqueur de Satan. Par une application très saine de la méthode historique, le hollandais Yaii Dale, dont Fontenelle abrégeait l'ouvrage (1), avait prouvé que les oracles étaient une imposture des prêtres et qu'ils avaient cessé pour des raisons tout humaines, non à l'apparition du Christ mais sous les empeleurs chrétiens. Un exemple de merveilleux consacré par la tradition et par des autorités vénérables s'évanouissait ainsi, quand on l'examinait avec exactitude et qu'on ne se rendait qu'à de bonnes raisons.
C'était continuer l'action des « Pensées sur la comète ».
Même sur les esprits bien pensants de tels ouvrages ne restaient pas sans effet. En 1702, Pierre le Bran, de l'Oratoire, publie une « Histoire critique des pratiques susperstitieuses qui ont séduit les peuples et embarrassé les savants, avec la méthode et les principes pour discerner les effets naturels d'avec ceux qui ne le sont pas » (2). C'est un progrès. Sans doute l'auteur conserve à certains phénomènes une origine surnaturelle ; mais il recommande une grande circonspection. Et le Journal de Trévoux constate en 1732 que cette circonspection est entrée dans les mœurs des magistrats laïques. Le Parlement « laisse à l'Eglise le « soin de punir ceux qu'on dit aller au sabbat, ou qui d'ailleurs « ne nuisent à personne ; pour les autres il veut des preuves « évidentes et il ne les condamne pas facilement cm feu. Mais « aussi il est certain qu'il punit de mort ceux qui par des malé- « flces ou sortilèges portent préjudice au prochain » (3).
M. Lanson a signalé le rôle des médecins dans cette limitation du merveilleux (4). Les habitudes d'observation que leur art exige et donne, leur connaissance plus exacte des maladies nerveuses les rendaient sans doute moins accessibles au préjugé.
En 172.") paraissent les « Lettres de M. de St-André, conseiller « médecin ordinaire du roi à quelques-uns de ses amis au sujet (f de la magie, des maléfices et des sorciers ; oi'i il rend r(dson
1. De Oraculis velcrum elhiiicoruni dissertaliones duo, Anist. 1G83, 8" et 1700, 4».
2. Rééditée et augnu-iilcc en 1732. V. Mém. Trév. [39], oct. 1732.