Paris
5. Paris Vincent 1727, 12. V. le compte rendu et la suite de cette controverse dans Mém. Trév. [.39], janv. 1728.
6. Pezron (1639-1706» était sous-])iieur des lîernardins de Cîleaux. Son ,4;i/(- <iuité des temps rétablie et défendue contre les juifs et les nouveaux chronolo- (jistes. Paris V" Martin etc. 1687, 4", suivie d'une Défense (1691), soutient la thèse suivante : la chronologie des 70 est celle des anciens hébreux, des PP., des églises orientales et de presque tous les latins jus(iu'à la Réforme. La chronologie du texte hébreu et de la Vulgate a été inventée par les juifs anodernes, probablement sous Adrien, pour pouvoir nier que le Messie fût venu. Cette thèse est insoutenable. Les 70 ont altéré les c-fliitTres comme parfois le sens du texte original. Toute discussion sur la chronologie des patriarches, dont la précision même trahit le caractère artificiel, est, au demeurant, oiseuse. Le dominicain Lequien écrivit une Défense du texte hébreu et de la version vuUjatc servant de réponse au livre intitulé : de l'Antiquité des temps. Paris Auroy 1690, 12. Pe/ron a aussi composé une Histoire évanqélique confirmée par la judaïque cl la romaine. Paris Houdot 1696, 2 v. 8" Il accompagne le récit des faita d'un ccmmcnlaire historique et géographique tout à fait extérieui-, sans les discuter.
d'élargir l'histoire. On y peut loger les Chinois, les Egyptiens et les Chaldéens, s'il s'est écoulé 5.500 ans au lieu de 4.000 de la Création à J.-C. La nouveauté de son attitude n'est certes pas dans la maladroite adoption d'une chronologie manifestement remaniée et postérieure à celle du texte hébreu, mais dans le fait qu'il ne repousse plus a priori la haute antiquité des trois peuples.
La thèse de l'ancienneté du monde, insinuée par La Peyrère en 1655, avait trouvé une confirmation redoutable dans l'histoire chinoise que les missionnaires révélaient. Les Chaldéens faisaient sourire avec leur prétention d'étudier l'astrologie depuis 472.000 ans, et l'incertitude des renseignements donnés par Manéthon, Hérodote et Diodore sur la chronologie égyptienne ouvrait la porte à ce scepticisme historique qui met la foi en repos (1). Mais en 1658 le P. Martini vantait la certitude des annales chinoises, qui donnent les observations astronomiques les plus anciennes que l'on ait. En 1676 le P. Xavarrete faisait hardiment commencer l'empire du Milieu 72 ans après le Déluge (2). Les recherches ultérieures, historiques ou astronomiques (3), ne devaient rassurer qu'à demi les croyants. En 1735 le P. du Halde, le second rédacteur des Lettres édifiantes et curieuses commencées en 1704, fait encore régner Yao 2.357 ans avant J.-C. c'est-à-dire avant le Déluge. Desfontaines s'en réjouit, mais parce qu'on avait généralement adopté le subterfuge de Pezron (4).
1. Dans ses Réflexions sur les 5 livres de Moïse (1687), AUix qui est, à notre connaissance, le premier à traiter la question avec un peu d'ampleur, donne les éclaircissements suivants : le long règne que les Egyptiens attribuent aux dieux et aux demi-dieux désigne le mouvement des astres revenant au même point, l'année astronomique. Si l'on identifie Menés avec Misraïm fils de Cham, puis Scsostris avec le Sérac de la Bible, la chronologie hébraïque est d'accord avec l'fgyptifiine- Les Chinois sont bien plus gênants car la liste de leurs rois était olliciellement tenue. Cependant leurs traditions sur l'honome sorti du chaos, le Déluge, les anges, les rétributions, sont celles de la Genèse déformées. Ils les auront connues grâce au commerce ou par l'intermédiaire des Chaldéens. — C'est ainsi qu'on opposait à des monuments des conjectures indémontrables.
2. Le P. Martini S. J., né à Trente (1614-61), fit beaucoup de conversions en Chine. Son ouvrage : Sinicœ historiœ decus prima. Munich 1658, 1" fut traduit en français par l'abbé Le Pelletier en 1692, (Paris 2 v. 12). — Le P. Xavarrete, missionnaire dominicain (1620-89), qui eut de vifs démêlés avec les jésuites, écrivit des Tratados historicos, politicos, ethicos y reliyiosos de la monarchia de China, Madrid 1676, 4". V. p. 4, § 3. Un 2'' volume fut supprimé par ITnquisilion, un 3'' ne vit pas le jour.
3. Le P. Souciet releva dans les documents chinois 16 éclipses de soleil dont 9 avant J.-C. (Observations mathémati<iues. astronomiques, (léotjraphiriues et physiques tirées des anciens livres chinois... par les PP. de la C'<^ de Jésus, Paris Rollin 1729, 4"). Le P. Ganbil rechercha si elles n'avaient pas été oalculées après coup. (V. Mém. Trév. juin 1730).
4. Le P. Du Hajde (1674-1743) succéda au P. Legobien et donna les volumes 9 à 26 des Lettres. Son grand ouvrage est la Description (jéoijraphiiiue, historique, chronologique, politique et physique de l'empire de la Chine et de la Tarlarie chinoise. Paris 173.5, 4 v. fol. Desfontaines en rend compte dans ses Observations sur les écrits modernes [50]. V. surtout t. III, p. 11, 17.
Leclerc Le Coninientaire de Lcclerc sur le Pentateuque offrait aux
et Simon exégètes l'œuvre la plus indépendante en ce genre (lu'on eût en-
sans ^.^,YQ vue. Elle était lue et lit grand bruit (1). L'auteur en publia
disciples ^.y^ 171Q yj^p édition augmentée. Son manuel de critique, Ars cri-
tica, l'était plus encore : de 1097 à 1731 il en paraît 5 éditions.
Cependant ni Leclerc ni Simon n'ont de disciple assez liardi l)our continuer leur œuvre de science (2). Ils auraient rougi de CoUins, qui réclame après eux la liberté d'examiner et qui rassemble avec une âpre joie les obscurités que les exégètes ont relevées dans l'Ecriture, les 30.000 variantes de Mill (3) pour en faire balle contre la foi. 11 substitue brusquement à la critique la l)()]éniique passionnée. Voltaire succède à Spinoza.
Résistance Est-ce l'appréhension d'un tel abus qui rendit la plupart des des conser- théologiens protestants plus timides ? Toujours est-il que les vateurs ; conservateurs enrayèrent le progrès de la critique jusqu'à le Protestants rendre peu sensible.
Basnagc. avec son admirable candeur (4), sent et dit la difficulté qu'il y a à prouver nos évangiles seuls authentiques (5).
(Aq)endant, sur tous les points essentiels il garde l'opinion reçue. Il nie purement et simplement les écrivains publics de Simon et le prêtre de Leclerc. 11 ne veut pas que les prophètes aient eu l'esprit agité et des troubles physitiues. L'inspiration leur donnait au contraire une plus grande maîtrise de soi (G).
1. Témoif^iiagc du P. Martianay : Préface dos Trailés de la vcrilc ci de la connaissance des Hures de la S. Ecrilure, Paris 101)1-1701, l v. 12.
2. En Fiance il faut attendre Astruc jxiur trouver un criiliciiie digne des maîtres : Conjeclurcs sur les mémoires oriiiinau.r dont il parait que Moïse s'est servi pour composer le livre de la Genèse, lîruxelles (Paris) 1753, 12. Encore est-ce un isolé, une manière do génie. Simon fut mieux continué en Hollande et en Allemagne. Ce n'est pourtant qu'avec Semler : Apparatus ad libéraient V. T. intcrprelationem, Halae 177.'5, 8", (juc jiarait un représentant authentique de son es|)rit, cf ([ue la critique moderne est définitivement fondée.
.!. Principal du collège de St-Edmond à Oxford (1015-1707), consacra sa vie à une édition du N. T. grec, où le texte de Robert listienne (1550), impropiicment dit " texte reçu », est accompagné des variantes recueillies dans plus de 120 mss. Ces .10.000 variantes deviendront, après CoUins, la tarte à la crème des polémistes anticlirétiens.
•t. « H était vrai jiis(|ii(' dans les petites choses. -> Annales des Provinces Unies, préface de l'éditeur.
5. « L'argument du renvoi aux églises aposlolifjues est faible quand on le fait dép<'ndre uni<iuement de leur autorité ou de la tradition. » illisl. du Vieux cl du Souvcau Testaments, Amst. fol. 1701 ; éd. augm. 3 v. 12, Genève 1712 ; — 1" éd. p. Oit. En suivant leurs décisions « on aurait souvent eri-é. D'un côté " on aurait rejeté des écrits véritahlenient divins et de l'autre on en aurait i< reçu de supposés ; l'hérétique (pii serait allé à Rome pour fonder sa foi sur « la tradition de cette église apostolicpie aurait rejeté l'épîtrc aux Hébreux n comme fausse " ib. 50.