‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 151 sur 397 · Lettre · texte numérisé non relu

Lettre

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testants en France depuis 30 ans. Par la déclaration du 11 mai 1724 le Duc de Bourbon remet en vigueur les dispositions les plus cruelles de l'édit de 1085(1). L'Eglise, instigatrice et seule bénéficiaire de l'intolérance, va subir le contrecoup de sa victoire à la Pyrrhus : sans exagérer l'intérêt que le public i)ortait aux persécutés, généralement ignorés (2), une réaction de mépris ])ourra seule expliquer le succès démesuré de la Henriade.

Chez les victimes aussi la contrainte engendre souvent l'indifférence. Les témoignages sont unanimes sur ce point. Pictct vise ]<articulièrement dans son Traite contre l'indifférence des religions (3) les protestants qui, pour assurer leur repos sans alarmer leur conscience, abritent leur dissimulation derrière ce beau ])rincipe : « on n'a que faire de se tourmenter sur ce qu'il faut croire, il faut seulement bien vivre » (4). La forme du culte est indifférente et l'on peut faire son salut dans toutes les communions chrétiennes. Après tout, l'Ecriture est obscure et la paix est un bien plus précieux que la vérité : la terre serait un petit ciel sans les discordes. — Pour un peu ils croiraient comme le roi de Siam que Dieu prend plaisir à la diversité des religions comme à celle des fleurs (5).

Avec une psychologie bien fine Saurin montre les causes et la gravité du mal (G).

1. ndil.i, (h- durât ions et arrcsts concernans la li. P. R. 1662-Î7'i1, Fischbaclipr 188."), 8", p. 182 et ')U.

2. Dans les périodes de rigueur, les persécutions s'exercent le plus souvent en des provinces éloignées et font partie de ces affaires courantes des intendances, dont la presse ne s' ccupc jjas. Quand on tracasse à Paris les protestants ou les jansénistes, un honinie eonuiie Collé le trouve mauvais : « M. de « Reaiimont se barbouille font dans l'esprit des honnêtes (jens et des gens « sensés... il tourmente son diocèse ; il fait, à ce qu'on dit, de mauvaises dilli- « cultes aux calvinistes jxiur leurs mariaf^es et leurs sépultures ; il persécute <• les ecclésiastiques et les couvents. » Journal, juil. 1719, t. I, 87.

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