‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 150 sur 397 · Vise surlout Simon · texte numérisé non relu

Vise surlout Simon

2. Hypothèse du théolo}çien anglais John Spencer : i< De Ictjihu.t Ilebroeonim riliuilibns > etc. — Cambridge IfiS.î 2 fol., rééd. 1080, 170.'), 1727.

.1. Par Du pin.

I. I/aiiglais yftirsham faisait tomber la fin des 70 semaines avant .7. C. .*). Par Dodii'ell (irill-1711) dans la 2'' de ses Disxerjiilions snr S. Cijprien (l(i82l : <■ de iiaiicitalc niarlyruni. ■• Voltaire en a tiré parti.

« entr'eux, ils prennent de là occasion de douter de tout, et ils « jugent qu'il n'y a qu'incertitude et qu'obscurité dans une religion « où il n'y a que controverses et que sentiments différents. « (1).

Ce qui était vrai à Neuchàtel ou à Genève le devient aussi à Paris. En 1702 l'affaire du cas de conscience (2) réveille la lutte entre jansénistes et ultramontains. Le clergé se divise plus profondément. La guerre qui va se livrer autour de la bulle Unigenitiis (1713) clôt les temps héroïques. La lutte en se prolongeant devient farouche et politique (3). La conclusion que Bossuet tirait des variations protestantes, les philosophes la dégageront tout h l'heure des divergences catholiques.

D'autre part la vue des persécutions éloigne insensiblement, peut-être à leur insu, bien des cœurs français de l'Eglise. Aux transports qui accueillirent la Révocation de l'Edit de Nantes, on pouvait croire la satisfaction générale. Mais ces témoignages de contentement émanent du clergé, de la cour, des acheteurs de biens confisqués, des ministres, intendants, subdélégués, de cette armée de fonctionnaires zélés dont Bàville est le type irréprochable. La masse des sujets semble avoir accepté passivement cette mesure, présentée comme la grande pensée du règne le plus glorieux. En tout cas, si le bourgeois français ressentit d'abord quelque joie parce qu'il envisageait, comme le roi lui-même, une conversion sans douleur, il finit par mésestimer secrètement les persécuteurs à la vue des souffrances infligées, plus encore à la vue des désastres économiques qui ruinèrent la France du grand roi finissant (4). Les manifestations de cet état d'esprit sont rares ; cependant les Lettres persanes (5) montrent au moins un magistrat considérant la persécution des réformés comme une faute sinon encore comme un crime. Le 8 mars 1715 une déclaration royale admet comme maxime d'Etat qu'il n'y a plus de pro-

1. Traité de la corruption. 2' part., p. 16 et 17. Croiisaz écrit de son côté : « Vous diriez que l'amour de la paix, le caractère essentiel des disciples de J. C. est la plus grande des hérésies. » Préf. du Traité du beau. 1713.

2. Il s'agit, on le sait, de la question suivante posée en Sorbonne : peut-on donner l'absolution à celui qui signe le formulaire, c'est-à-dire qui condamne les 5 propositions hérétiques, avec la restriction tacite qu'il ne les {trouve pas dans Jansénius ? Clément XI répondit négativement (Bref de février 1703, Bulle Vineam Domini. juil. 1705).

S. D'après les Souvelles ecclésiastiques (29 mars 1728) les fidèles désapprouvent la doctrine du prédicateur par des rires ou en sortant avec ostentation. Une seule chose intéresse dans son sermon : son opinion sur la grâce. V. Molinier : Sermon sur la Samaritaine, c. p. Bernard : « Le Sermon au xviii'" siècle » [22], 39.

4. V. Sagnac et Rébellion : HisL de France de Lavisse, [180] t. VIII. p. 204 sq., .17."? sq.

Page 1