‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 170 sur 397 · Ih. 272. V. /" dissert, de Jaquelot · texte numérisé non relu

Ih. 272. V. /" dissert, de Jaquelot

\. V. au début des Dissertations sur le Messie : la pai.t de Dieu n'appartient point au méchant.

dites-vous, si Dieu rein})lace Moïse par Jésus, il est inconstant (1). — Non, sa révélation est progressive. Il peut changer sa volonté : les cérémonies, non sa sainteté : la loi morale, J.-C. réalise les promesses de l'Ancien Testament. 11 ai)porte comme bien essentiel la i)aix intérieure (2) par le renoncement, qui est toute la vie chrétienne. Or cette leçon-là ne se donne que par l'exemple. De là ses souffrances, scandale des juifs. Les rabbins ne savaient comment concilier dans le messie juif les humiliations et la gloire. Cette conciliation est parfaite en Jésus (3).

Dans le Traité Jaquelot insiste encore sur cette idée : l'originalité de Jésus consiste en ce qu'il apporte une explication inouïe de la Loi. La sainteté ne doit pas attendre la prospérité (4) mais les afllictions.

Ce dernier ouvrage reproduit le plan d'Abbadie, mais tout ce qui concerne la personne de Jésus est traité avec une émotion communicative. Parlant de l'évangile, l'auteur développe i)ar anticipation le « ce n'est pus ainsi qu'on invente ». Il serait impossible de mélanger à juste dose dans un personnage fictif la grandeur divine et les « faiblesses innocentes de l'humanité » (5). Quand on a lu les paraboles du Talmud et de l'Alcoran, on n'imagine pas les évangélistcs inventant les paraboles de Jésus, qui ont tant l'air d'histoires vraies. Cette manière d'enseigner « instruit ])aisiblcment et sans contestation, i)arce que l'esprit se dit à luimême ce qu'on ne voudrait pas lui déclarer ouvertement » (G).

Il y a ainsi bien des remarques fines dans le Traité de Jaquelot, soit sur la valeur des épitres(7), soit sur l'infériorité des écrits de la seconde génération chrétienne. « La différence presqu'infinie « qu'il y a entre les évangiles et les épitres des apôtres, et les « écrits qui nous restent de ceux qui leur succédèrent, est un « argument fort et sensible que les apôtres étaient dirigés par le (( St-Ks])rit et (pie leurs successeurs furent laissés à eux-mêmes et '( conduits par leur propre imagination » (8). — Tout docteurs

1. Argumoiit cher aux ])hiI()soplu's. V. Montesquieu : « Esiii-it des lois >, lienionlrance aux Iminisiteurs de Porluiml. (!>. 2."), c. I.'i).

2. '• I/évîinf^ilc nous ii|)pr('n(l i-oinninil Dieu nous pardonne ces péchés pour l(S(pi(ls la Loi n'avait i)oint ordoinié de sarriflcos. « (228). Sous la nouvcUc alliance, seuls les jusles ont les biens de Dieu ; sous la Loi les impies jouissaient, eux aussi, <lc Canaan, et cela pouvait être un sujet de scan<Iale.

.T. La Trinité étant un fort obstacle à la conversion des juifs, Jaifuelol atténue la rif^ueur du dogme : personne signifie ici simplement <i 'nanière de sul)sisler ■ (20.")i.

4. Comme sous l'ancienne alliance où ie juste héiltail de la terre et voyait ses jours prolongés.

Page 1