P. SC
6. V. Lettres sur divers sujets concernant la reliiiion et ta mclapluisiquc, Paris 1718, 8". Lettres spiritueltes. pp. de Sacy, Paris 18.'>(i, .'5 in-lO.
7. Lel. spir., I, KiS (Ed. Hachette, Œuv. choisies, t, IV, p, ll.'t), — On publia en 1720, à Genève, ."5 vol. de SerntoÊis <lu pasieur vaudois 'Antoine Léçier. mort en 1061. L'apologétique s'y réduit à l'ex|)osilion des effets de " l'Esprit " : la régénération, la nouvelle vie. Il est à noter qu'ils furent
Que l'esprit de Pascal continue à travailler dans le christianisme, c'est ce que prouvent des ouvrages tels que le Traité du beaiiil) de Croiisaz. Dans un chapitre sur la beauté de la religion, le mathématicien montre le christianisme établissant l'ordre dans le monde de la pensée et dans celui de l'action : lumière qui éclaire l'esprit et résoud les antinomies, force et espérance qui rendent capable de vertu, donnent la paix et réconcilient la vertu et le bonheur.
Il est incontestable que la disposition harmonieuse que prennent brusquement toutes choses dans l'hypothèse chrétienne, saisit l'esprit d'admiration, comme le ferait un plan de génie. « Toutes « ces parties différentes se trouvent également proportionnées « aux grandeurs de Dieu et aux besoins de l'homme » (2).
Mais le chef-d'œuvre de l'apologétique par les preuves morales Vessière et de sentiment a été écrit par Vessière de la Guoze (3). Ce béné- de la Croze dictin orientaliste, converti au protestantisme, qui avait voyagé en Amérique, qui connaissait bien des formes du christianisme puisqu'il fit l'histoire de celui des Indes et de celui d'Ethiopie, et qui mourut professeur de philosophie à Berlin, avait saisi sous les dogmes et les rites variables le fond essentiel de la foi. Dans ses Entretiens sur divers sujets d'histoire, de littérature, de religion et de critique (4), où, tout en s'attachant à convertir un juif, il dit leurs vérités aux diverses sectes chrétiennes, se trouve une dissertation sur l'athéisme. Plus nettement encore que La Placette il y fonde la « religion intérieure » sur l'expérience personnelle. Ceux qui traitent inconsidérément les déistes d'athées, n'ont souvent de Dieu, à en croire Buddeus, « qu'une connaissance spécula- « tive qui n'est rien en comparaison des preuves de goût et de
goûtés, puisqu'on en vit paraître un 2'^ recueil en 1728 (Nouveaux Sermons, Genève, 8"). V. Bibl. anc. et mod., L 14, p. 158. — Ostervald dans lui sermon n de la divinilé et de l'exceUence de la religion chrétienne » trouve une preuve de cette excellence « dans cette vie douce et innocente et dans cette fin tranquille et heureuse à laquelle elle conduit ceux qui s'y attachent de cœur ». (12 Serinons sur divers textes. Genève, 8", 1723 et 1725, 2" sermon). — En 1725, un poème anonyme, la Religion, suivi d'un » discours pour disposer les déisttes à l'exaiuen de lu vérité ,> (Paris, 8") développait aussi la preuve dm christianisme . proporUonné au cœur humain >. V. M. Trév.. mai 172C.
1. Amst. 172.'{, 12, rééd. augmenté d'un chajjitre sur la lieuutc de lu religion, ib. 1724, 2 V. 12.
2. P. 109. C'est en assimilant le beau à l'ordre el à l'harmonie que Crousuz peut y faire entrer assez artificiellement le bon.
3. Lucroze (l(>()l-17:59i fut aussi bihliothécaire de l'électeur de Brandebourg et précepteur de la princesse royale. Outre son Histoire du chrisiiunisme des Indes. La Haye, 2 v. 12, 1721 et 1758, et son Uisi. du chrisiiunisme d'Ethiopie-, ib. 1739, 8". on a de lui un Lexicon a'gyptiaco-lalinum. Oxford, 1775, 8".
4. Cologne (Amsterdam), 1711, 12, rééd. 1740, 12. Nous citons la 2» édition.
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« sentiment. Je ne crains pas même de dire que celui qui n'a « jamais goûté Dieu et qui ne l'a pas senti dans son cœur est « lui-même un athée » (1). Ceux qui se moquent de ces preuves « de sentiment sont fort à plaindre. Je tâcherai de faire voir que « sans elles il est imjjossible de faire régner le christianisme et « fort didicile de le mettre véritablement en état de tenir tète aux « sophismcs des libertins » (2).
Le meilleur moyen de lutter contre l'athéisme est en effet de remplir les cœurs de piété et de charité. C'est ce que St-Evremond aijpelle « point de raison ! ». L'Ecriture renferme bien des raisons, « mais nous avons des i)reuves intérieures encore plus « énergiques et i)lus persuasives, et i)lùt à Dieu que ceux qui les •' sentent eussent le don de pouvoir les rendre sensibles à ceux « qui n'en ont point de connaissance » (3). Malheureusement, — et Lacroze dévoile ici avec candeur le défaut de cette apologétique, — elles sont ])eu communicables.
« 11 est plus facile de dire qu'on sent les affections de son cœur entraînées « vers quelque objet que de dire pourquoi elles y sont entraînées. On peut « peindre aux autres... ses réflexions et ses pensées, mais on ne saurait faire « connaître les mouvements de sa volonté qu'à ceux qui en ont senti de « semblables. // semble qu'il // a d(tns l'homme pieux comme un 6"' sens qui (( lui fournit des perceptions dont il ne peut donner une idée juste à ceux « qui ne sont pas disposés à les recevoir. Quelqu'effort qu'on fasse, on ne « fera jamais comprendre à un aveugle de naissance quelle est cette modifi- « cation de la lumière qui produit en nous la sensation des couleurs... 7/ lu « crointil suns doute impossible s'il n'était comme accablé par le grand « nombre de témoins qui déposent pour clic... Il y a donc de la témérité à « nier ces sentiments sous prétexte qu'on n'en a jamais été frappé. » (4) « Tel « qui ne les sent pas pourra les demandei- à Dieu et les obtenir, car c'est « l'unique voie par laquelle on y parvient. » (.")).
Quels sont ces sentiments ? c'est la béatitude du repos. Le cœur livré aux biens sensibles « ne peut s'élever jusqu'au vrai bien qui « seul peut fixer toutes ses inquiétudes et lui donner un avant- « goût de la félicité pour laquelle il a été créé. CV//.r 7/;/ ont (/oùlc << Dieu nous assurent que eehi esl véritable. Nous inserirons-nous « en f(ai.r eonire leur expérienee ? Ne serait-il jjas infiniment plus «' raisonnable de suspendre son jugement sur ce (|u'on ne connaît « i)oint ?... C'est en vain (|u'on objecte ici le fanatisme... A-l-on
1. 1». 12((.'). .Icîin l'rançois liuddvc (lli(')7-]72!() tlu'olojticii lullu-ricii, i)i'<)rcssa à Halle el à léna, estimé pour sa piélé et sa toléi'ance. Ses Thèses lhc(di>iiicœ de ulheismo vl siipvrslilione. léna 171(), S", furent traduites en français eu 1710. V. liihliofir.