V. r. /. [63] juin 1707, art
3. « 011 l'on établit sur de nouvelles preuves le sentiment des SS. PP. .louchant les oracles du payanisme ». Strasbourg 1708, 8".
4. Les calvinistes n'admettaient pas l'exorcisme, que Luther avait conservé dans la liturgie du baptême.
â. l""*" part., c. 18.
fi. 2'- part., c. 18.
7. Baltus trouva un imitateur dans le P. Mourgues, de sa, société, professeur à l'Université de Toulouse, qui publia en 1709 une Lettre apologétique, pour justifier le sen,timent des Pères de l'église sur les oracles du paganisme contre diverses dissertations de Van Date. Cette lettre fut réimprimée en tète du 2'' tome de son Plan théologigue du py.thagorisme. Paris 1712, 2 v. 8". dont nous parlerons ci-après. Elle ne contient rien de nouveau. Un pauvre esprit, M. de Lavuur. héritier de l'idée fixe de Uuet, défendit aussi les oracles contre Fontenelle dans sa Conférence de la fable avec l'histoire sainte. Paris, 1730, 2 v. 12. V infra p. 2.j<.).
d'Israël, ancêtre intellectuel et spirituel de tous les peuples du monde.
Cette idée était née chez les juifs d'Alexandrie, dépités de voir les philosophes grecs arriver à la connaissance du vrai Dieu, privilège des fils d'Abraham pendant de longs âges. Très épris, d'autre part, des doctrines platoniciennes, ils unifiaient leur pensée et mettaient en paix leur conscience en répétant que Platon avait traduit Moïse en grec. Par une fraude pieuse, Aristobiile fabriqua des poésies grecques où l'on trouvait des allusions aux patriarches. l'hilon montra que les philosophes avaient em])runté au Pentateucpie (les fragments de la vérité.
La théologie chrétienne, issue d'Alexandrie, hérita de cette croyance.
Au xvr siècle, l'idée que non seulement les grecs avaient emprunté aux juifs leurs doctrines les plus saines mais encore que les fables païennes dérivaient de l'Ecriture est appuyée par Vives, au xvir siècle par Grotiiis, Casaiibon, Vossiiis, Bochart. En 16i)7 Jaqiielot la soutient encore dans son Traité de l'existence de Dieu: jamais les i)aïens n'ont critiqué la chronologie de Moïse, incai)abics qu'ils étaient de remonter eux-mêmes au delà des guerres de Thèbes et de Troie ; on défie de montrer un monument antérieur aux dates de l'histoire sacrée. En 1704 Juricu la maintient dans son essai d'histoire religieuse (1).
Un brave homme de ])rêtre, nommé Faijdil, retrouve dans les poètes anciens le christianisme (2), pour faire pièce à Leclcrc qui retrouvait dans la Bible le paganisme, c'est-à-dire l'antiquité humaine et commune : chose honteuse à dire, la théologie de Virgile et d'Homère est plus orthodoxe, c'est-à-dire plus augustinienne (jue celle des protestants sociniens et du P. Malebranche sur les volontés particulières de Dieu et l'ellicapité de la grâce. Virf/ile dit que ce sont les dieux et non les hommes qui ont ruiné Troie. « Il avait pris cette théologie d'Homère comme Homère « l'avait apprise des i)lus anciens écrivains du monde, dont
1. Ilist. crit. des doijmes et des ciiUes bons ci mauûais qui oui été dans l'étilisc depuis Adam jusqu'à J.-C. Amst. 1701-05, 2 v. 4". — Un au^ustin oriciitalistp, Cuillaume Bonjour, fait dialoguer on latin un hébreu, un égyptien, un lilu'nicien, un romain et un grec. Ils découvrent des rapports entre leurs tra- (],itions respectives et conviennent que la tradition hébraïque est la plus ancienne. Le nom des Ioniens, lones, vient de Japhei ; Caïn est le Cdïnous des (îrccs. Dissertatio in historiosni saeram priniic mundi wlatis. habita pev diulogos in Arademia divinarum litterarum Seminarii Montis l'alisci. Ap. Montem Faliseum, 1705, 4°.
2. Remarques sur Virgile et sur Homère et sur le style poétique de l'Ecriture sainte, oit l'on réfute les inductions pernicieuses que Spinoza. Grotius et M. Leclerc en ont tirées, et quelques opinions particulières du P. Mallebranche, du .S-- nilevcl cl de M. Simon, (an.) Paris 170.'), 12.
« l'origine ne peut être rapportée qu'à Moïse et aux prophètes qui « l'avaient apprise de Dieu » (1). Ailleurs il établit l'immortalité, les peines éternelles (2), un paradis spirituel, et, au grand dépit des protestants, le purgatoire ; il annonce J.-G. et a quelque connaissance de la Trinité. L'efficacité de la grâce est reconnue par Cicéron quand il écrit : « la philosophie e&t le plus beau présent que les dieux fassent aux hommes ». Il veut dire : c'est Dieu qui donne la sagesse (3).
L'ouvrage de Faydit est un de ces miroirs grossissants qui font saillir les difformités. Simon prit la peine, qui n'était sans doute pas superflue, de le réfuter (4).
Cela n'empêcha pas M. de Lauaiir de reprendre en 1730 la thèse de Huet. Il en aggravait, si possible, le ridicule. Sa Conférence de la fable avec l'histoire sainte montre la fantaisie de Ménage au service de la manie de Huet. Il sollicite les syllabes ; Niobé est Job, Jason Josué, le navire Argo l'Arche de l'alliance. Le Journal de Trévoux lui-même fit quelques réserves (5), mais une accumulation d'à peu près paraissait encore équivaloir à une certitude. Ce serait trop exiger, disait-on, que de réclamer une démonstration de tous les points d'un système.
Ce rêveur nous fait sentir combien cruellement les Simon manquaient à l'Eglise, par la faute de Bossuet.
Tout sot qu'il est, il donne la main à un intelligent défenseur de la thèse, et qui avait fourni, lui aussi, de redoutables armes aux incrédules. Le P. Thomassin (6), de l'Oratoire, ancien professeur à Pézenas, à Saumur et au séminaire St-Magloire à Paris, était un homme fort cultivé et d'une lecture immense. A la fois théologien et humaniste, nourri des lettres sacrées et profanes, également capable de traiter de grammaire et de discipline ecclésiastique, il lui arriva, comme jadis aux juifs d'Alexandrie puis