‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 189 sur 397 · Juil. 1730. p · texte numérisé non relu

Juil. 1730. p

0. 1019-95. En 1668, il se retii-a dans la maison de FinstStut pour se consacrer à la rédaction de ses ouvrages. Il se rendit suspect aux janséniste^ et aux molinistes en essayant de les concilier. A la demande du P. liounioinçi, il avait composé des Dogmata iheoloyica (1680-89, 3 fol. ;. rééd. 1864-09, 6 gr. 8«) où il montrait l'accord des grands philosophes avec les Pères. V. OUê-Lapninc : « Malebranche > [172], t. I, 1'., 11, 172. Le P. Lescwur : Thèse, Paris, 18r)2.

aux Pères platoniciens, d'être frappé des rapports de la pensée gréco-latine avec la pensée juive ou judéo-chrétienne, et d'accuser ces ressemblances afin d'identifier, si l'on peut dire, les deux objets de sa ferveur. Le système de Huet lui offrait une voie commode et rassurante. Il l'adopta, et, de 1681 à 1093, il publia une Méthode d'étudier et d'enseigner chrétiennement et solidement les lettres humaines par rapport aux lettres divines et aux Ecritures (1), qui devait harmoniser dans les collèges les deux cultules hétérogènes juxtaposées depuis la Renaissance. Ce collègue de Malebranche rétablissait à sa manière l'accord de la raison et de la foi.

Nous n'avons à considérer ici que sa méthode d'étudier la philosophie.

Or Thomassin reprend la thèse de Huet sous une forme inquiétante. Ce n'est i)lus Moïse qui est la source de toute la sagesse humaine. « C'est une conjecture fort apparente et fort juste que « tout ce qu'il y avait de bon dans la sagesse des Chaldéens, des « Assyriens et des Perses était sorti de Xoé et de ses enfants » (2). Ceci posé, il relève à loisir « le rappoxt et l'alliance de la philo- « Sophie en général, et en particulier de la logique, de la physi- (< que et de la morale des anciens philosophes avec la religion ». « On trouve partout à peu jjrès les mêmes sentiments de Dieu, « des anges, de nos âmes, du monde, de l'immortalité bienheu- « reuse ou malheureuse, des bonnes mœurs, de la sage i)olitique, « parce qu'on trouve ce que les âmes formées de la main de Dieu « ont clairement aperçu dans elles-mêmes quand elles y sont « rentrées, et ce que les sectes diverses des philosophes ont em- « jjrunté médiatement ou immédiatement de nos divines Kcri- « tures, écrites du même doigt de Dieu qui a écrit les principes « de ce qu'il a voulu que nous sussions dans le fond de nos « âmes » (3).

Il rei)orte ainsi la révélation de Moïse à Noé puis de Noé à l'Ame de chaque homme. C'est la révélation naturelle. Mieux vaut un adroit ennemi (4).

1. MOthnde (Vvliulier les poètes. Paris l()81-82, 2 v. 8" ; la pliiloso/ihie ih. ICSf), 8" ; les hisloriens profanes, ib. 1003, 2 v. 8".

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