‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 198 sur 397 · Lettres ù M. l'abbé Houteville. 1722. 12, let · texte numérisé non relu

Lettres ù M. l'abbé Houteville. 1722. 12, let

chrclienne proiivce par l'accomplissemenl des pvophclies de l'Ancien et du Xoni'cau Testcunenl suivant la méthode des SS. Pères (1728) (1) il l'eproduit la déiiionstration chère à ces derniers en s'inspirant surtout d'Augustin. Mais il jette par dessus bord les figures pour se tenir aux ])rédictions les plus claires. C'est un signe des teinj)s.

Kn 1737 il reprend la Défense des prophéties de la religion chrétienne (2) contre les juifs modernes, mais surtout contre Grotius, hérétique, et Simon, esprit téméraire. Ces deux auteurs avaient abandonné l'argument tiré des prédictions pour admettre les seuls miracles en preuve de la mission de .T.-(]. Les applications arbitraires que Jésus et les apôtres faisaient de passages de l'A. T. les avaient menés à la conviction que les prophéties ne désignaient pas directement le Christ. Battus travaille à rétablir dans toute sa rigueur la preuve compromise. Son livre marque un épisode de la lutte que les apologistes conservateurs ont désormais à soutenir contre les ennemis du dedans. Amis de la tradition et amis du ])rogrès se reprochent mutuellement de donner des armes à l'ennemi commun, les uns par leur largeur rationaliste les autres ])ar leur intransigeance irrationnelle. Dans une Lettre au Journal de Trévoux (3) Battus précise sa position : i' n'admet aucun distinguo qui rendrait la doctrine reçue moins dure : ni les deux sens de (irotius, le littéral et le spirituel, ni les deux sens littéraux de Simon, système encore plus absurde qui ap|)li(iue (i la lettre la même prédiction à la conception normale et pécheresse d'une femme mariée et à la conception de la Vierge. 11 n'y a qu'un sens, le prophétique ; sinon les prophéties ne prouvent pas (4).

(Contre Grotius il nie que Jésus et les apôtres aient invoqué en preuve seulement les miracles et la résurrection. Il écrase Simon sous l'exemple des Pères. Parce que Matthieu abuse des types en faisant prédire à Jérémie les pleurs que versent les mères des Innocents massacrés (5), Simon réduit toutes les prophéties à des l\pes. C'est accuser Jésus, les apôtres, les Pères de supercherie et faire l'iùriture équivoque. « Il est certain, du consentement de

1. Paris 1". V. M. Trvv. août 1728'. Sn nullité ci'iticiup, qui n'est plus à drinoiitrer, ('■claie par exemple à l'occasion <lu ps. 41, texte fameux, dit-il,; terreur des juifs et des sociniens, où le psalniisle s'adressanl au roi David s'écrie (v. 8) : ' C'est poui- cela, ô Dieu, que votre Dieu vous a oini d'une luiile de joie ». Hciiss : « Aussi Dieu, Ion Dieu, t'a t'il oint... ».

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