‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 200 sur 397 · Ib. r · texte numérisé non relu

Ib. r

'■>■ 1707. Œiivre.i diverses. Rot. 1710, 12 p. .TIO. Cette dissertation est dirigée contre VEssai sur les miracles, de Fleetwood.

<( même, à ce qu'il croit, aux lois établies de la nature « (1). Donc ce qui est miracle pour l'un ne le sera pas pour un autre ; leur degré de science en décide. Cela n'annule pas l'usage des prodiges ; ils restent preuve s'ils sont unis à une doctrine saine, répétés, et tant qu'aucune puissance plus forte ne paraît. Car Dieu ne peut i)erniettre qu'on use d'un pouvoir extraordinaire pour nous tromper (2).

En se rangeant parmi ceux qui jugent du miracle i)ar la doctrine, Locke prépare la ruine de l'argument traditionnel. Il marche, quoiqu'avec prudence, sur les traces de Spinoza (3).

Un autre anglais, Bhtckmore, enseigna que le miracle ne consiste pas dans une suspension des lois de la nature mais dans une nouvelle détermination de son cours. Cette idée fera son chemin ; elle aboutit à la comparaison moderne de l'action de Dieu avec celle du savant qui combine intelligemment les forces physiques pour les faire servir à ses desseins et produit volontairement, à un moment donné, des phénomènes, des corps, parfois des monstres, que le cours normal des choses n'eût point créés.

Nous avons vu la grave atteinte portée par Honleville à la notion classique : le miracle paraît hors nature, mais il ne peut pas y être. Le panthéiste n'en demandait pas plus. Houteville va répétant que « toute doctrine autorisée par des interruptions de la loi commune est autorisée de Dieu même » (4), mais son hypothèse entraîne un fatalisme général (jue la conscience morale accepte malaisément. Jésus, les apôtres, les saints que nous croyons libres sont « agis » et l'œuvre de la rédemjjtion est confiée à l'ensemble des choses.

La même année ([u'Houteville, Croiisa: afl'aîblît de son côté la valeur apologétique des prodiges dans 2 sermons sur la divinité des miracles (6). Il accorde que certains faits peuvent passer à tort pour miraculeux. Pour les miracles authentic|ues, peu iml)orte qu'ils aient été faits par Dieu directement ou simjjlement <i i)ar son aveu et sous sa direction « (G). La puissance qui était

2. . Les marques d'un pouvoir supérieur ont toujours élc et seront toujouis t' un }<ui<le inl':iillil)le jjour conihiire les lioninies dans l'examen des religions... '• (|Uol(|u'ils ne jjuissent i)oint déterminer au juste ce (|ui est ou (|ui n'est pas >' au dessus des forces d'un être créé, ou ce qui requiert le liras immédiat de <■ l'Elernel >. .307.

.3. C'est en effet dans le Tructatus que se Irouve l'idée que l'a sainteté de l'auteur du mirncle. la conformité de sa doctrinle à la lumière intérieure sont les seuls signes garants, et seuls édifiants jiour les sages.

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