‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 208 sur 397 · Paris · texte numérisé non relu

Paris

2. Il ne serait pas (liiïltile d'e montrer que la recherche du Souverain liion élève l'homme au-dessus de lui-même. II y a dans cette poursuite plus d'idttalisme que ne le croit Monnjues. Uc mèni<', François Lumy limitait la vertu stoïcienne en la disant « créée ». Celle (jue le stoïcien réalise dans sa vie, soit, mais la vertu idéale qur'il poursuit n'esl-elle pas supérieure et créatrice ? V. supra p. 190. Lainij pense, lui aussi, à Thomassin <|uan(l il recommande de lire avec précaution les philosophes jiaïens et seulement i)our y retrouver « son bien », car ils enflent le eaur et font les esprits forts. (Lettres théol. e.l morales scct. 2).

4. « Apologie de la morale de.i PP. de l'Efjlise contre les injustes arrusations du S"" Jean Barbeyrac » etc.. Paris 171.S, gr. 1".

en s'attachant aux pas du protestant, si Athcnagore a loué la virginité jusqu'à condamner les secondes noces, si le « Pédagogue « de Clément d'Alexandrie est un mélange de maximes extrème- « ment sévères et bien éloignées des coutumes d'aujourd'hui, un « amas confus de préceptes sans ordre, sans liaison, plein de « déclamations et de mystiqueries », si Tertullien défend absolument à un chrétien de se couronner et de porter les armes, s'il est vrai que Cyprien fût marié quand il se convertit, s'il se passa diflicilement de sa femme et si cette continence inconnue aux siècles précédents commençait alors seulement à passer pour une vertu. Ambroise regarde-t-il le mariage comme déshonnête, Jérôme a-t-il mal pris l'étymologie du mot cœlibes « quod cœlo digni sunt », Augustin est-il le grand patriarche des persécuteurs ? Tel est le genre de questions auxquelles Barbeyrac a, d'après Ceillier, fait d'impertinentes réponses. Nous n'entrerons pas dans le détail de ses raisons ; elles sont presque toutes mauvaises. Le crédit des Pères en morale, et par suite celui de la tradition catholique dont ils sont de puissants chaînons, demeurait ébranlé.

Contre Dacier l'infatigable Baltiis prit la plume. Dès 1711 il avait dans sa Défense des SS. Pères accusés de platonisme promis de réduire à sa juste mesure le mérite des philosophes, qu'on exalte en disant qu'ils ont connu l'essentiel de notre morale (1). Après Barbeyrac, les Dacier et les Thomassin ne peuvent plus être excusés. Le jésuite publie le Jugement des SS. Pères sur la morale de la philosophie païenne (2). Que peuvent penser ceux qui ont peu de goût pour la morale chrétienne, quand ils entendent dire de Platon « que la plupart des vérités divines qui ont « été annoncées par les prophètes et qui sont enseignées dans « l'évangile se trouvent prouvées dans ses écrits avec tant de « force et d'évidence que l'opiniâtreté la plus ingénieuse ne sau- « rait rien leur opposer... » (3), que peuvent-ils penser « sinon « que pour s'instruire des vérités de la religion, connaître parfai- « tement tous leurs devoirs, ils peuvent cdsément se passer de « lire l'évangile et les autres livres de la morale et de la piété «. chrétienne, et qu'il leur suffit de parcourir les Dialogues de « Platon ou les Réflexions de l'empereur Marc Antonin, ou enfin « les vers dorés de Pythagore avec les Commentaires du philon sophe Hiéroclès » (4).

Baltus va montrer que les Pères, tout en louant le bon de la

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