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30 ni: PASCAL a ciiatkai'hriand
le fondement du salut : Jacques le fait reposer sur les œuvres, Paul sur la grâce : il mêle même à la religion les spéculations de la ])hil()S()i)hie i)our agréer aux Cîentils. Il j^' a beaucoup de choses dans leurs livres tjui sont nuuntenant de nulle imjjortance pour la foi.
On connait la partie politique du Traité sur les fondements de la républi(pie. Le droit naturel va aussi loin que les forces de chacun, nuiis chacun s'en démet entre les mains du Souverain pour éviter les luttes. Il est cependant un droit dont nul ne peut se défaire, encore (ju'il le voulût: c'est la. li)t)ertç\ d'opinion. Le droit des Souverains, tant sur les choses saintes que sur les profanes, ne regarde que les actions et le culte extérieur. Peu importe la foi-opinion. La religion, qui est obéissance, n'a rien à voir avec la connaissance où chacun est libre. On ne doit juger si la foi de quekpi'un est bonne ou mauvaise (pie ])ar ses œuvres. La liberté d'opinion ne saurait être préjudiciable à l'Etat (1).
On le voit, le déisme est contenu dans le .Traité théologicol)olitique. Même sans tenir compte du « fatalisme » latent de Louvrage, il s'en dégage im rationalisme essentiel, négateur de toute révélation ])rivilégiée auti'c (pie la lumière universelle de la raison et de la conscience. Ainsi plus de théopneustie, de proj^hétie, de miracle. — La r£]iâion se xé<!iiit à la ju'atique de la justice et de la charité. La Bible est ,u,n livre de morale et de piété, non de philos()])hie et de science. — Elle est de ])lus un livre relatif et hist()ri(jue, comme tous les autres, et doit être étudiée par les mêmes moyens. — LTk'ritiu'e laissant la raison libre, l'indépendance du philosophe à son égard est absolue. La liberté de conscience est un droit naturel ; elle entraîne la liberté de jjarole dont chacun peut user, sauf l'intérêt du Souverain et la i)aix de l'Etat. Le culte extérieur est indiirérent, le magistrat peut le ])rcscrire.
L'influence de Spinoza ne se limita pas aux petits cercles jîanthéistes dont M. Lanson a connnencé l'étude (2) et aux athées tels (pie Mcsiicr ou Frvrct dont les im])iétés manuscrites coururent longtemps .sous le manteau. Elle est sensible à l'émotion des prédicateurs et des ai)ologistes qui en constatent les ravages autour d'eux. Massillon alta(pie l'empressement des gens du monde à visiter Spiiu)za (.3). François Lainij se justifie de le réfuter en