‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 20 sur 397 · V. Sai.sscl · texte numérisé non relu

V. Sai.sscl

2. Réaction contre I:i inrihddc de Mdinuinide (1 1. '!.")-! 20 )), (jiii prrIciKhiit approprier à \u\c siiinc pliilosopliio les endroits choquants de l'Hcriture, ceux par exemple où Dieu est ]irésenté comme corporel. (V. Couchoud. o. c. 90).

3. C. X. L'authenticité du Penlateuque avait laissé Jérôme indilTéi-ent : <■ Sive Moseni aucloi-ein dicere voluei'il, sive l-3sdrani inslauratoreni operis non recuso ■ (Conir. Helv. 1 ; c. ji. Muriiiixd : ■• Kssai sur Hichard Simon », Paris, Maillet, 1!M)0, H", p. ,'{:{."i). Deux auteurs modernes que Spinoza possé- (hiit dans sa hihiiothèque la contestaient : le jésuite Bcnto Pereira : « Conijnentaire sur Daniel et sur la Genèse », 1502, et le protestant La Pet/rère : I' Pr;i'ailaniitfr », Ifi.ï.'j. Nous empruntons ce renseignement à Couchoud, 102 n.

i. Ahen-ICsra. dit •• le Sage •>, né à Tolède, écrivit des « Commentaires sur l'Ancien Testament » (Venise, ir)20i, dont la tendance rationaliste contraste avec l'exégèse allégorique des anciens docteurs juifs.

2° — Tout le livre de Moïse fut gravé sur un autel de douze pierres. Il était donc plus court qu'aujourd'hui.

3" — Il est peu probable que Moïse ait parlé de lui-même à la troisième personne. « Moïse a écrit la Loi » (Deut. 31, 9).

4° — « Le Cananéen était alors en ce pays là » (Gen. 12, G) n'a pu être écrit qu'après l'occupation de Canaan i^ar les Hébreux.

5" — Morya est appelée « montagne de Dieu « (Gen. 22, 14). Elle ne put prendre ce nom qu'après avoir été consacrée à la construction du Temple.

6° — Le Deutéronomc parle du lit de fer d'Og, roi des géants, comme d'une relique fort ancienne et non comme d'une chose contemporaine (ch. 3).

A ces arguments Spinoza ajoute les suivants :

Au chapitre 34 du Deutéronome il est question de la mort de Moïse.

Certains lieux portent, des noms modernes (Gen. 14, 14 : Dan.).

Moïse parle quelquefois de temps qui dépassent sa vie : « Israël mangea la manne 40 ans » nous mène jusqu'à la période racontée par Josué.

Le Pentateuque fait mention des livres composés par Moïse : le livre des Guerres, le livre de l'Alliance ou de la loi, le Cantique. Nous ne les avons pas. Le Pentateuque n'est pas de lui.

Cet ouvrage et les livres historiques suivants, jusqu'aux Rois, sont l'œuvre d'Esdras qui exposa la loi de Dieu à ceux de son temps. Le Deutéronome est « le livre de la Loi » mosaïque, illustré et expliqué par lui. Mais il n'eut que le temps de rédiger un précis, inspiré par l'idée de tenir registre des ijaroles et des ordonnances de Moïse et de les démontrer par les événements (1). L'inachèvement de son œuvre et l'intervention de divers auteu^"s après lui, ainsi que les fautes des copistes, expliquent l'incohérence des récits, les altérations du texte, la chronologie désespérée. Comme tout livre humain, l'Ecriture a souffert de la faiblesse humaine. Les autres livres de l'Ancien Testament sont tous ou mutilés, ou inauthentiques, ou plus récents que la tradition ne l'enseigne. Le canon a été dressé par les pharisiens du second Temple.

Pour ce qui est du Xouveau Testament, ses auteurs l'ont écrit non en tant qu'aijôtres et prophètes parlant au nom de Dieu, mais comme docteurs et hommes privés. Ils ne dogmatisent pas, ils raisonnent, ils ont des ()])inions particulières, par exemple sur

Page 1