‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 231 sur 397 · Nouvelles observations sur les abeilles, 1792, 2 v · texte numérisé non relu

Nouvelles observations sur les abeilles, 1792, 2 v

.3. Son premieh écrit « sur le Jeu et les Plaisirs » (1736) était d'édiflcation pure. Nous résumons ici la partie biographique de la thèse de G. A. Metzger : ' Marie Iluber (16!)r>-1753) sa vie, ses œuvres, sa théoUxjie », Genève 1887, 8». V. R. miter : <> La jeunesse et lu famille de Marie Iluber », O*" vol. des Eitrennts chrétiennes, (jenève 1882, et un intéressant article dui même sur les lectures <ic Marie : Pope, Addison etc.. dans l'Alliance libérale, n" du 21 juil. 188.3, Genève Fuog. L'auteur a bien voulu ,nous le connuuni(|uer.

4. Londres, 2 t. 12. V. la l' lettre du t. II, sur la Religion naliLjelie, p. ll.'t- \t2. P. M. Masson a résumé les idées de Murait dans « La reliijion de J.-.I. Rousseau », t. I, 211, 226, 276.

.'). Né à Hibeauvillé (16.3.')), Spener étudia la théologie à Strasbourg, fut pastour à Strasbourg, à Francfort sur le Mcsin, à la cour de Dresde, puis à lîeilin f>ù il moiuiit en 17(l.'>. II fut chargé par réleclrur de Hrandcbourg d'orgîmiscr la faculté de théologie de Halle, (pii devint le i)rinci])al foyer du |)iétisnu'. Spener fondail dans les églises où il i)assait des colleiiiu pietutis. réunions d'édiflcation nnituelle réservées aux fidèles vraiment convertis. La pieté ésotérîque de ces eonventicules fit accuser les piétistes de )}harisaïsme et les discrédita.

6. Berne persécuta les piétistes dès 1698. Sur le piétisme romand v. Ritier : ' Maiinij et le piétisme romand (Mémoires et documents publiés par la Soc. d'histoire de la Suisse romande, 2° série t. III, Lausanne Hri<lel, 1891,, 8"). J. Chavannes : <■ Jean-Philippe' Duloit >, I^ausanne Bridel, 186.'>, 12.

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avec la piété intérieure individuelle. Faisant bon marché du sacerdoce et des sacrements, il favorisait le mysticisme. Peu attentif à la théologie, c'est-à-dire aux idées, et déprisant l'ancienne dogmatique sans édifier un système nouveau, il ouvrait la porte au rationalisme. L'orthodoxe Spener compte dans sa descendance authentique Rousseau, Kant, et avant eux Marie Huber.

Et en effet, individualisme radical, dédain de la théologie, primat de l'action, nous trouvons tout cela chez celle qu'on peut considérer comme la mère spirituelle du Vicaire savoyard (1).

Son premier livre était destiné à adoucir le christianisme ; il ne dépasse pas ce qu'aurait pu écrire un Jean Leclerc. C'est Le Système des anciens et des modernes concilié par l'exposition des sentiments différents de quelques théologiens sur l'état des âmes séparées des corps (2). Il établit qu' « il y a des degrés à l'infini du comble de la sainteté au comble de la dépravation » (3) et par suite une échelle des peines futures. Combattue par Rachat (4), Marie Huber maintint la non éternité des peines, l'existence d'une sorte de Purgatoire qui indignait fort les protestants, et la guérison finale de l'âme.

La même année parut le premier exposé de son christianisme raisonnable : Le monde fou préféré au monde sage en 2^ promenades de trois amis, Criton, Philon, Ëraste (5). Le monde sage est celui des gens graves et pieux, le monde fou celui des autres. L'un et l'autre sont mus par l'amour-propre, à découvert chez les uns, dissimulé chez les autres. Echappons aux deux pour entrer dans le monde sincère.

Nous ne le pourrons qu'en suivant scrupuleusement la Conscience. C'est elle qui a désabusé le piétiste Eraste du monde sage. Elle est la seule lumière ; l'Ecriture en est un reflet qui lui rend

L V. les rapprochements par lesquels Ritter établit que Rousseau a lu notre auteur. (Annales J.-J. Rousseau 1907, Notes diverses p. 207 sq.) et la preuve matérielle tirée par Masson d'un exemplaire de Marie Huber annoté par Rousseau (o. c. I, 208).

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