‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 264 sur 397 · Il · texte numérisé non relu

Il

3. Sans jamais perdre <lo viio qu'on no ponl vaincre une jiassion cpio par mil' antre.

1. (). c. .'tlO sq. En Juillet 1700 CoWr nf>te encore : " Tout Paris n'a retenti ce mois-ci c|iie do la (piorelle des Encyclopédistes et de leurs adversaires ; on n'a vu que des brochures et des injures imprimées ». Journal II, 218. V. Grinim IV. 80.

.'i. Lcllre au /?. P. *** journaUsIc de Trévoux, par Leroy, et Lettre au H. I'. lierlhier sur le matérialisme, que Keini atlrihuerait à Diderot, o. c. .377.

DE l'encyclopédie A l'émile 373

devrait -s'intituler : De la distinction de tout culte religieux et de toute bonne morale. Le P. Berthier voyait clair mais restait courtois. Le 12 novembre, les jansénistes des Xoiwelles ecclésiastiques proposaient pour titre : « De la chair et de la chair la plus sale et la plus impure ». Ils exhortaient la Sorbonne à sévir : « Voyez le feu qui dévore la maison et réunissez-vous à nous pour travailler à l'éteindre ».

Le mandement de l'archevêque de Paris, du 22 novembre, n'est qu'une explosion de douleur : le matérialisme tue toute espérance, toute morale, toute soumission civile (1). Celui de Fitzjam.es, évèque de Soissons, montre que la dernière barrière est franchie puisqu'on anéantit la religion naturelle et la morale spiritualiste(2). Le réquisitoire de Fleuri) reproche au système de n'avoir pour principe que la sagesse humaine et déduit a priori les méfaits sociaux du matérialisme. La Sorbonne relève fort exactement toutes les propositions répréhensibles sur l'âme, la religion, la morale, le gouvernement. Rien ne montre mieux l'indissoluble union de la religion et de l'état sous l'ancien régime que le discours de ce magistrat exposant la théologie officielle, et la décision de ces théologiens fixant la politique orthodoxe. Ils censurent en effet 12 idées subversives de la monarchie, notamment l'idée que le roi n'aurait d'autre droit que la force, ou encore que Ici liberté de penser et de réclamer serait désirable.

N'insistons pas sur la réfutation de Chaumeix (3) qui est faible. I! a bien vu qu'une sorte d'obsession sexuelle inspire à Helvétius quelques paradoxes un peu gros (4). L'ambition est souvent autre chose que l'amour des femmes déguisé (5) et il est en somme assez rare que les vertus les plus hautement sociales s'allient à la « corruption religieuse » (6), c'est-à-dire aux mauvaises mœurs. Il signale des cas où l'intérêt personnel ne parait pas pouvoir se concilier avec l'intérêt public et où, pour agir socialement, il faut être guidé par un idéal supérieur : Brutus tuant son fils pour la

1. Les haines entre chrétiens étaient si fortes qu'en face de Tennenii commun les Xouvelles ecclésiaslicjues critiquèrent ce mandement, y flairant lu main des jésuites. (16 et 23 janv. 1759).

2. Soissons 25 avr. 1759, 4*. Les collègues d''Helvétiiis lui sauront mauvais gré, dit-il, « d'avoir révélé les mystères de la secte ■> (p. 12). Grinim écrit en effet, le 15 février de la même année : « M. Helvétius aura à se reprocher toute la gène qu'on opposera à ([uelques génies élevés ou sublimes ».

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