‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 284 sur 397 · Le P. Sennemaud : « Pensées philosophiques · texte numérisé non relu

Le P. Sennemaud : « Pensées philosophiques

2. Parallèle de l'incrédule et du vrai fidèle, 38. C'est aussi l'opinion du jésuite Le Chapelain dans un sermon sur la Stérilité du ministère évangélique. V. infra p. 400. Prémontval, l'homme de juste milieu, est de plus en plus un isolé. V. ses Vues philosophiques Berlin 2 v. 8", 1757-58 et 1761.

3. Avec ceux de Fitzjames. « Mandement et instruction pastorale de Mgr l'évêque de Lodève ^touchant plusieurs livres ou écrits modernes ». Montpellier 4°, 1759 et 1761. Cf. les mandements de l'archevêque de Paris en 1752 et 1756. Le premier fut attribué au P. Le Chapelain. iD'Argenson. Journal [69] t. IX, 331).

4. « En défendant ici la cause des rois nous défendons la cause de Dieu. Les rois ne régnent que par iui... à lui seul appartient le droit de les élever sur le trône ou de les en faire descendre ». P. 51.

5. Un phénomène social en a toujours cent plutôt qu'une. Il y aurait une enquête serrée à faire sur l'immoralité! du siècle de Voltaire, passée en axiome, et qui alimenta plus d'un siècle de déclamations (« Dors-'tu content »... etc.). On en trouvera l'ébauche dans le l''"' ouvrage de Lamennais : « Réflexions sur l'état de l'église en France pendant le xviii° siècle et sur sa situation actuelle » 1808. [155]. Nous en extrayons les chiffres suivants, que nous reproduisons sous toutes réserves, la documentation de l'auteur étant souvent suspecte : En 1670 le grand hospice de Paris a 512 enfants trouvés, en 1720 : 1441, en 1745 : 3224, sous Louis XVI un nombre plus gi'and. Au moment de la Révolution, il y a au Parlement de Paris 400 requêtes en séparation, et le double au Châtelet etc.. Une fois les chiffres établis et contrôlés, il y aurait lieu d'étudier l'accroissement de la population parisienne, le paupérisme etc.. etc. Nous irions tenté de croire que la moralité des hautes classes a été atteinte par les idées modernes, mais pas celle du peuple, très religieux encore à la veille de la Révolution. Nous croyons que l'affaiblissement du support séculaire de la morale contribue à la démoralisation parce que nous en voyons des indices autour de nous. De plus, une morale purement sociale, nullement favorable au développement de la vie intérieure et de la culture du moi, relâche peut être le ressort de la volonté, surtout en ce qui touche aux niœurst.

fi. V. L'Amù des hommes. [233] éd. de 1758, 2" part. p. 87.

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tatcr qu'il n'est pas une famille en parfait accord sur la foi (1).

Les Jésuites Charles de Neuville (2), Papillon du Rivet (3), les abbés Poulie (4) et Clément (5), se préoccupent de défendre la religion. Le P. Le Chapelain S. J. (0) i)ublic en 1760 un recueil presqu'entièrenient apologétique. 11 y développe les preuves externes, mais manifestement le public des sermons lui-même goûte moins le merveilleux, car nous voyons Neuville insister selon le goût du siècle sur les bienfaits sociaux de la foi. Elle l)erfectionne les vertus (7), rehausse le génie (8), ferait d'un peuple chrétien un peuple modèle (9). Clément montre de préférence ses fruits intérieurs, les douceurs qu'elle procure, espérance, consolations, jouissance anticipée du ciel (10). Peut-être en réponse à Voltaire, il réhabilite l'église du moyen âge ou étale la gloire que le catholicisme a donnée à la France. D'autres fois, prenant l'offensive, les prédicateurs réduisent la morale philoso-

1. Clément, prédicateur du roi. Sermon sur la foi, c. p. lieriiard : « Le sermon au x\ïW siècle » [22] p. 2.'n.

2. Sermons, Paris 1777, 8 v. 12. MUjne, Orateurs sacrés [10] t. 57. C'est, au point de vue liUérairc, le meilleur orateur de cette période et peut être de tout le siècle.

3. Né à Paris (1717), mort à Tooirnay (1782), auteur de poésies latines et Irançaises, parmi lesquelles une épitaphe de Voltaire. Ses Sermons sont sans couleur. Tournay 1705 et 17G8. 1 v. 8". Mifjne [10] t. 59.

■1. Prédicateur du roi. né à Avignon en 1703, mort en 1784. Ayant prononcé en 1748 le panégyrique de St Louis devant l'Académie, il obtint l'abbaye de N. D. de Nogcnt et prêcha pendant 35 ans à la cour et à la ville, aux applaudissements d'un public qui goûtait le slyle du P. lierruyer. Dans son dernier sermon, sur la Vigilance chrétienne (1770) il mettait encore en garde son auditoire contre les écrits impies : « Loin de vos lèvres celte coupe empoisonnée ! K vous buvez la mort. Que nous reste t'il donc à vous prédire en descendant de ;« la montagne ? nous le disons en gémissant : les vengeances du ciel ! >■ Sans vanité littéraire, il consentit tardivement à publier 11 de ses discours, Paris 2 v. 8" 1778, rééd. 1781 et 1818. Migne [10]; t. 55,

5. Né à Dijon en 1700, mort en 1771, confesseur de Mesdames et prédicateur du roi. Ce fut un homme vraiment pieux en un siècle frivole. Il passe pour avoir opéré des conversions. Il laissa des ouvrages d'édification et 9 vol. de Sermons (Paris 1770-71, in-12) dont la simplicité relative repose le lecteur moderne de la « dégoûtante « élégance des orateurs jésuites. Migne [10] t. 54 et 55.

C. Né à Rouen (1710) mort dans la cathédrale de Matines en 1779, le plus célèbre prédicateur de la cour après le P. de Neuville, il prêcha aussi en province et s'acquit une telle réputation «pie Marie Thérèse le fit venir à Vienne quand son ordre fut dispersé. Fréron écrit de lui : « Tous les orateurs chrétiens cédaient à lîourdaloue la palme du raisonnement. Le P. le Chapelain est venu la partager avec lui ». An. lit. [5.3] 1770, t. II, 111. Ses Sermons ou Discours, Paris 4 v. 12, 1768 et 1778, ont été partiellement traduits en allemand et en italien. Migne t. 59.

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