‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 314 sur 397 · Ib · texte numérisé non relu

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446 DE PASCAL A CHATKAl'BRIAND

l'ignorance et la persécution ; mais si ces pays étaient tels, ils ne seraient chrétiens que de nom. Les siècles les moins chrétiens devraient être les plus vertueux; or voyez le nôtre (1)... 11 est faux que le christianisme rende les peuples séditieux ; il y a eu des régicides de tout temps ; 22 cmjK'reurs romains furent assassinés en moins d'un siècle.

Enfin, même inutile à la société, conservons-le, car le peuple le remplacerait par une religion plus mauvaise.

Allamand En 17G8 d'Holbach, qui s'enhardit, publie la Théologie portative (2). La prédiction de Grimm se réalise, les « capucins athées » sont nés.

Allamand lui répond par VAnti-Bernier {^). C'est le très bon ouvrage d'un esprit modéré qui comprend qu'il y a beaucoup à retirer des philosophes et qui, quoique décidément chrétien, ne défend que l'essentiel avec une parfaite courtoisie (4). Nous retirions de Voltaire et d'Holbach l'impression que la Bible est un recueil abject, voici les choses remises au jioint :

« La Bible est comme la terre, il y a bien des épines et de la bouc, mais « combien de fleurs et de fruits !... Quelque expression qui lui échappe « quand elle met sur la scCmic des juifs ou des arabes morts il y a ;5.00() ans « et qu'elle les fait parler de Dieu, elle ne saurait me faire mépriser celui « dont elle célèbre hautement la souveraine perfection ou haïr celui dont « elle chante sans cesse la souveraine jjonté » (5).

Prenons les Psaumes. « Je plains l'écrivain qui ne trouve que « de « vieilles chansons pour des cuisinières » dans ce recueil « d'hymnes religieux qui, au jugement d'un si grand nombre de « nations et de siècles, fait tant d'honneur à un siècle aussi reculé « et à une nation aussi peu cultivée « (6). Allamand sait bien que les possessions étaient des maladies, réelles comme le mal caduc,

1. II, c. 11. Bergier, dit le Journal de Trévoux, « oppose partout au langage de la prévention et de hv haine celui de l'innocence, de la droiture, de la vtTité » juil. 1769 p. 190. — Son ouvrage est i> soli<le, lumineux et digne de la cause qu'on y défend >. /. de Verdun [12] janv. 17(19 p. 19.

2. « "Il Dictionnaire abréyë de la religion chrétienne, par l'abbé Bernier «, Lond. (Suisse) 8". (irimm la trouvait lourde, VII, 425.

3. " ou \ouveau Dictionnaire de théologie par l'auteur dex P. .1. » (pensées antiphilosophitpu's) s. 1. 1770, 2 v. 8".

4. Il se iierniet seulement une ironie froide : Abnégation de soi-même' : K Le Dictionnaire abrégé n'est pas pour l'abnégation de soi-même ; en elTet, il y aurait là de trop l)elles choses à désavouer ". Abstinence : KUe est ipiehprefois nécessaire • pour s'exercer à prendre sur ses appétits plus d'empire que les bétes n'en ont... L'auteur de notre Dictionnaire abrégé n'est ]r,\s pf)ur l'abstinence ». V. l'art. Amour,

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