‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 317 sur 397 · G. p. liersot, xviii'' siècle [79], I · texte numérisé non relu

G. p. liersot, xviii'' siècle [79], I

3. « Aujourd'liui quo l'impirté n fait un tloriiier flTort, aujourd'hui qu'un « auteur enhardi ))ar l'imjjunité et ayant perdu ioute jHideur, arraehe tous les « voiles, même transparents, comme s'exprime M. le cardinal de Luynes, sous « lesquels elle s'était jusqu'ici cachée... on sent peut être trop tard le danger <> de n'avoir point étoufTé dans sa naissance un feu qui... a enfin produit un K incendie général ». (Trév. mai 1771, p. 219). Le Journal ecclésiastique de l'abbé Dinouart [5.5] essayait de stimuler le zèle apologétique de sa clientèle en lui proposant des questions dont on insérait la réponse au numéro suivant : « Quelles sont les preuves que Moïse est auteur du Pentateuque '.' » (sept, et oct.. 17(>9». — " Quelles sont les objections contre le senlinienti qui allribuc le Pentateuque à Moïse ? )) (nov. et déc. 1709).

4. Pineault : « La nouvelle philosophie dévoilée et pleineniend convaincue de lèse majesté divine cl humaine » (an.) en France 1770, 12. « Pour ne vouloir pas croire des mystères incompréhensibles, ils suivent l'une après l'autre d'incompréhensibles erreurs ». Or. fun. de la Palatine. C'est l'argument populaire : " vous en êtes un autre ».

.'). Camusel : « Principes contre l'incrédulité à l'occasion du « Systcime de la Nature », Paris 1771, 12. L'auteur, professeur au collège Ma/arin, écrivit aussi des Pensées aniiphilosophiques contre Diderot (17701"; De l'architecte des corps humains ou le matérialisme réfuté\ par les sens (1782) ; Pensées sur le théisme, contre C.lootz (178.')).

0. C'est riuillaume de Rochefort. homme de lettres, ancien commis des fermes Ji Cette, dans ses Pensées diverses contre le système des matérialistes à l'occasion d'un écrit intitulé : Système.'.. Paris 1771, 12. Le Journal de Trévoux lui reproche de n'opposer à l'inconséquence des principes impies « que des preuves de sentiment » mai 1771, p. 218.

7. Héflexions philosophi(iues sur le Système de la Nature, Lond. (Neuchâtel) 2 V. 8". 1772 ; rééd. 177:5 et 7.'). L'auteur fut sous-gouverneur des fils du prince de Wurtemberg. Il interrompt parfois sa dialectititie pour s'égayer des exagérations iVIIolbach : ■ A enleiulre parler ce j)hll()Soi)he, on dirait que toutes les

« Vicaire »

Bergier entre en lice à son tour avec un Examen du matéria- Bergier lisme (1), inférieur à ses autres œuvres parce qu'il suit pas à pas contaminé le « Système », prolixe et mal composé. Le roi venait de l'en- par le courager en le nommant confesseur de Mesdames, à la place de l'abbé Clément.

Il voit bien comment le « Système » est l'aboutissement du mouvement philosophique auquel « l'Esprit « avait donné une direction nouvelle, mais il est déconcerté par le langage nouveau d'une philosophie qui n'est ni le mécanisme extérieur de Descartes, ni le panthéisme mathématique de Spinoza, ni le monadisme de Leibniz. Enfermé dans la vieille notion du mouvement non inhérent à la matière, il ne comprend pas cette ébauche de l'évolutionnisme moderne. Il reprend alors les développements tant de fois faits sur les horribles conséquences du matérialisme, sur son mépris de l'expérience interne.

La seule originalité du livre est l'importance donnée aux preuves de sentiment, qui, à défaut de toute autre preuve, suffisent à démontrer Dieu. La victoire de Rousseau est grande, puisque même ceux qui l'ont combattu en viennent à parler sa langue et cèdent au courant qui éloigne les générations nouvelles de l'intellectualisme orthodoxe ou antichrétien.

L'homme « se sent sous la main d'une Providence attentive et prodigue de « ses dons : un moment de retour vers l'Etre suprême répand en lui une « douce émotion, lui fait oublier les maux inséparables de sa nature... Quand « la reconnaissance parle la philosophie doit se taire ; la religion entre « d'elle-même et sans effort dans l'homme sensible. Celui qui croit en Dieu « par sentiment n'a rien à redouter de l'athéisme. Quand ce monstre par- « viendrait à étonner la raison, l'humanité réclamerait toujours ; accablée « du poids de 20 sophismes, elle dirait encore : je sens qu'il y a un Dieu (2) ».

« nuits sont des S. BarthélemS, que les Anglais, les Hollandais, les Danois, les « Suédois, les Suisses etc.. ne font autre chose que se détruire et s'égorger, que « pour ne pas être athées nous sommes tous des cannibales pleins de rage et « de fureur » éd. de 177ô p. 363. Griinm écrit que cet ouvrage « s'est fait remarquer. On dit que ce M. Rolland est un homme de beaucoup de mérite ». X, 194. Riballier fit réimprimer l'ouvrage à Paris avec une magnifique approbation, mais en retrancliant, — • du point de vue catholique, — certaines hérésies. L'auteur protesta dans les journaux. Ib. V. aussi Masson [166] , III, 133 et passim.

1. « ou Réfutation du Système de la Xature >>, Paris 1771, 2 v. 12. « C'est un champion infatigable de la foi ». (Bachaumont, 1 avr. 1771). « Il fait obser- « ver que loin de favoriser les progrès de l'incrédulité, cet écrit (le Système) « est peut être le coup décisif qui doit déconcerter ses projets, que les erreurs « nîonstrueuses qui y sont rassemblées sont un des plus beaux trophées que la « philosophie ait pu élever à la religion ». Tréu. mai 1771, p. 231. Cette vue était juste.

2. 2'' part., p. 211. Au moment où le cœur reprend ses droits, un abbé a l'idée de recueillir les discours et les pensées de St Augustin les plus propres à prémunir les fidèles contre l'incrédulité. « S'il fallait, dit-il, parler à l'esprit et en même temps au cœur... qui pouvait mieux le faire que S. Augustin ? > Abbé d'A... — « Traité contre l'incrédulité », Paris 1769, 2 v 12, p. III,

Cette influence du Vicaire savoyard va plus loin : Bergier recule sur la question du miracle physique. Nous ne demandons pas de miracles à Dieu dans nos prières, mais simplement qu'il agisse sur nos esprits, non que le feu cesse de brûler, mais qu'il nous inspire de n'en pas approcher (1). Enfin l'abbé jette par-dessus bord l'exégèse imbécile qui cherchait sur les lèvres du Christ l'ordre de persécuter (2).

Y. — Apologies générales

Lassitude Epuisement de l'ancienne apologétique, piétinement lassant, et désarroi cH'orts timides pour suivre la voie indiquée par Rousseau, tentatives plus ingénieuses qu'heureuses pour trouver du nouveau, tel est le spectacle que nous olFre désormais la défense du christianisme, particulièrement dans les ouvrages généraux.

François dresse une fois de plus les raisonnements carrés de l'intellectualisme, bâtis sur ce principe faux : « les hommes des « trois premiers siècles de l'Eglise n'étaient pas d'une espèce « différente de ceux d'aujourd'hui » (3). Piètre historien et piètre l)sychologue, il pense qu'une foi austère était faite pour repousser (4), alors que le besoin de l'expiation, du sacrifice, de la sainteté fut le grand adjuvant du christianisme. Pour lui la religion est une morale à suivre, des dogmes à croire, des cérémonies à pratiquer.

Fabrij de Moncaidt rajeunit l'argument de la liaison des faits surnaturels du christianisme avec des faits naturels avérés : la haine des juifs pour les apôtres, le courage des martyrs supposent la résurrection de J.-C. (5). Mais ce système bien lié tombe

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