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3. Confidence philosophique (an.) Lond. 1771, S". V. sur les circonstances de la publication Desnoireterres VII, 150 ; sur le rousseauisme des idées, Masson o. c in. 162 sq.
« On assure, dit-il, qu'elle est l'ouvrage de deux ministres du saint « Evangile, dont l'un, appelé Vernes, est un bel esprit manqué, aussi plat « que rempli de petites prétentions. L'autre, M. Claparède, m'a paru un « homme d'esprit, mais je suis fâché i)()ur lui... qu'il se soit attelé avec un « pareil roquet pour une entreprise si ridicule. Le but de leurs efforts est de « montrer l'intluence funeste des principes de la nouvelle philosophie sur la « conduite des courtauds de boutique : en conséciuence de ce beau plan le « héros de MM. \'erncs et (claparède, commis chez un négociant d'Amster- « dam... attaque le miracle du figuier maudit et celui de la noce de Cana « avec les armes de larsenal de Fernev, pour pouvoir aller en repos de (( conscience faire sa cour à des filles... Malheureusement le commis cite « tout ce qui a été écrit de plus fort par les philosophes modernes et « n'oppose à leurs arguments que sa mauvaise conduite ; de sorte cju'il sullit « d'enfermer le maraud de commis dans une bonne maison de correction et « les arguments restent dans toute leur force. Au lieu de prendre ce parti si « convenable et si simple, son père fait la sottise de mourir de chagrin... ce « qui prouve évidemment que la « Confession de foi du vicaire savoyard », « r « Examen important de Holingbroke », le « Dîner du comte de Houlain- « villiers » et tant d'autres ragoûts sont des œuvres de Satan... Je ne connais « pas de livre plus impertinent ni plus bête » (1).
« Le détail des atrocités est monstrueux », disait de son côté le Journal de Trévoux un peu scandalisé par cet étalage d'horreurs, « toutes cependant sont des conséquences évidentes de « l'infernale doctrine qui se trouve répandue dans tant d'écrits... « La 9" lettre, à quelques passages près... est de toute beauté » (2).
L'œuvre « finit par un morceau du plus grand pathétique sur « le remords que doivent éprouver nécessairement ceux qui, en o arrachant l'évangile à l'homme, lui arrachent toute espèce de (K consolation et de ressource » (3).
Un tel livre conduit le lecteur à la conception manichéenne du monde, chère aux apologistes catholiques, et qui s'étale dans Les f/rands hommes vengés, de Chaudon (4). Tout est bon chez les fidèles ; les infidèles sont forcément i)ervers à moins qu'ils ne soient inconséquents. Rien ne semblait plus révoltant que cette idée contraire aux faits, soutenue par ime Eglise dégénérée, où les vertus languissaient (5). Je me trompe ; plus odieuse encore