‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 337 sur 397 · Les Précurseurs · texte numérisé non relu

Les Précurseurs

D'autres apologistes dédaignent d'opposer aux ouvrages philosophiques de cette période une réfutation particulière. L'apologétique redevient générale et, malgré l'affaissement de la culture biblique et théologique, moins mauvaise que dans les années précédentes. Car les chrétiens ont enfin découvert les sources religieuses encloses dans l'œuvre de Rousseau. La génération nouvelle ne l'attaque plus. La postérité chrétienne de Rousseau surgit en France sous nos yeux.

Elle est double, quoique son principe soit un ; ce principe est — terme moderne, idée ancienne, — une sorte de pragmatisme : la vérité de la religion se prouve par ses bienfaits. Mais les uns sont plus frappés par les bienfaits sociaux et politiques, les autres par les bienfaits individuels et spirituels.

Les premiers, esprits mesurés et positifs, dont le type est Daunou vont des futurs prêtres constitutionnels à Bonaparte, en passant par Necker. Ils représentent le gallicanisme sur lequel le philosophisme a déteint : Constituants, approbateurs de la constitution civile, puis, à défaut, du Concordat, Théophilanthropes. C'est la « troisième France «, qui ne veut ni du gouvernement des prêtres ni de l'athéisme forcené, et qui constitue bien, semblet-il, la masse modérée un peu molle qu'au cours du xix" siècle les minorités extrêmes, bruyantes et actives, entraîneront tour à tour.

Ce premier groupe a des attaches avec Rousseau rationaliste, et son église nationale sort avant tout du vieux gallicanisme, mais aussi de l'Emile et du Contrat social, qui réclame une « religion civile » contrôlée par le Souverain.

Si l'on pouvait classer les âmes, nous dirions que le second tient davantage de Rousseau sentimental, et nous conduit insensiblement à Chateaubriand. Il n'est pas un développement apologétique du " Génie du Christianisme » dont il n'ait fourni le thème, sur lequel le virtuose brodera ses variations prestigieuses. Quelques-uns de ces précurseurs vont plus profond que Chateaubriand,

Apologies générales.

La double postérité religieuse

de Rousseau

1. Analyse et examen de l'Antiquité dévoilée etc. (an.) Paris li fln : Précis raisonné des k systcanes.

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