part., e
« de l'homme qu'il suffît de le proposer à un homme éclairé et de (' bonne foi pour la lui faire embrasser « (1).
La cognée est mise à la racine de l'arbre. Ceux qu'il abrite n'ont plus une entière assurance. L'ouvrage de Groteste de la MoTHE, ministre du Saint Evangile, rend aussi sensible la pénétration des idées nouvelles dans le protestantisme. C'est un Traité de l'inspiration des livres sacrés du Xonueau Testament {2). Tout en annonçant qu'il va défendre l'inspiration « jusque dans les moindres choses » (3), Groteste abandonne la théopneustie et se range à une théorie modérée, qui sera celle de la majorité des protestants français au xviii'* siècle : une petite partie du Nouveau Testament est suggérée par le Saint-Esprit ; la plus grande partie est simplement dirigée, Dieu laissant agir les facultés de l'écrivain, mais dans la bonne direction pour qu'il ne s'égare jamais.
L'auteur se borne au Nouveau Testament parce que « l'on ne demande que de petits livres, surtout en matière de théologie )> (4). Sa verve et son style vif rendent la lecture de son petit livre agréable : Leclerc « pour me servir d'une comparaison qu'un « grand auteur me fournit (Hooker, Préf. Eccl. pol.) ressemble à « ceux qui, à force de vouloir aiguiser un couteau, le réduisent « à rien. Ne pouvait-on se contenter d'ôter la rouille ? » (5). Dire que l'accord exact des évangélistes n'est pas nécessaire pour que nous les croyions, que, dans les épîtres, à côté des doctrines semblables à celle des évangiles et infaillibles, il y a des conjectures et des choses que les apôtres avancent de leur chef, c'est courir au déisme. Car, d'après l'adversaire, les paroles de Jésus-Christ infaillible ne sont connues que par des évangélistes faillibles. Les apôtres écrivent en tant que docteurs et la raison naturelle est la seule lumière en religion.
Mais l'inspiration du Nouveau Testament se prouve : par l'honneur que lui rendaient les anciens, l'appelant l'Ecriture au même titre (jue l'A. T., le plaçant sur un trône dans les conciles et défendant de l'altérer ; par le dessein que Dieu a eu en le donnant, « prendre soin des siècles suivants » (G) qui n'ont pas vu
Chez un
protestant :
Groteste de
La Mothe
2. Amst., 1(1!).'), 8". l'clilioii française de « The inspirulioii of Ihc S'. T. asserted and explain'd in ansiver to some modem wrilers », Loncl., ICOt, 8". L'ouvrage est dirigé contre Leclerc. L'auteur, né à Orléans en 1647, mort à Londres en ITl.'J, fut avocat au Parlement de Paris, puis pasteur à Lisy-en- Brie (S.-et-M.). Après la « Révocation », il devint un des pasteuis de l'église française de la Savoie, à Londres.