‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 36 sur 397 · Préface · texte numérisé non relu

Préface

J.-C. ; par la qualité de ses écrivains, gens incultes, auteurs d'un livre merveilleux ; par la nature de l'alliance qu'il fonde : c'est une économie où Dieu s'est manifesté beaucouj) davantage que sous la loi ; nier l'insijiration de nos livres, c'est nous mettre dans une condition inférieure à celle des juifs possesseurs d'un Testament infaillible ; — par les prérof/atives des apôtres qui ont reçu le Saint-Esprit, comme le prouvent leurs miracles ; par le discernement des esprits accordé aux premiers chrétiens, c'est-à-dire le don de << connaître les jjersonnes et les doctrines véritablement inspirées » (1).

A l'égard des révélations, rins])iration a lieu par des visions, des songes, des voix célestes, des suggestions secrètes. A l'égard des choses que les ai)ôtres avaient ouïes et vues, la logique natulelle suffit « et nous n'avons recours au St-Esprit que pour garantir l'infaillibilité du raisonnement » (2). Sans quoi Dieu serait trompeur. Ici fond et forme sont des apôtres, mais toutes les traces humaines de leur génie i)articulier n'affaiblissent pas leur témoignage.

N'ont-ils pas cependant fait des erreurs criantes, par exemple sur la fin du monde qu'ils croyaient ])roche ? — Non, dans les passages incriminés ils désignent la fin de .lérusalem ou celle de cha(pic homme. Quanti Paul parlant vraiment de la fin du monde dit : « nous (pii vivrons et qui resterons nous serons enlevés dans les nuées )> (3), il pense à ceux des fidèles qui vivront alors, mais il ne s'y comprend ])as. — Matthieu (4) fait prédire la trahison de .ludas par Jérémie et non i)ar Zacharie. — C'est peut-être une faute de copiste ; peut-être aussi la parole raj)portée par Zacharie a-t-ellc été dite par Jérémie et transmise oralement.

Matthieu dit : Judas s'étrangla et Luc : il se ])récipita. — Il a pu se i)endre dans un endroit élevé et le fil cassa. Ou encore il fut étranglé par la tristesse, sun'o(|ué par le chagrin et tomba dans un trou. Car il est inadmissible qu'un collègue de Judas ou un homme (|ui écrivait sous le contrôle de ses collègues aient \)u se tr()mj)er.

I>es faiblesses des apôtres (.')) viennent de ce ([ue le St-Msprit ne les a instruits ([ue i)ar degrés, l-llles sont d'ailleurs i)resque toutes justifiables.

Ces réjjonses sont des défaites, et l'offensive de Leclcrc a pour

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