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2. V. Papns : « Marline.i de Pasqually ., Paris, Chamuel 1895, in-18 ; et l'étude de Ad. Franck sur <■ Lu philosophie mystique en France au xviii" siècle >'.
d'entrer en rapport conscient avec le plan invisible » (1). L'un tracera des cercles et prononcera les mots ou les nombres qui enclosent la puissance, l'autre s'abîmera dans la contemplation, après avoir, pendant de longues années, purifié son âme par cette askèse que l'Orient millénaire a transmise à l'humanité, mais tous croient à VEspril, à son action, à son immortalité.
I^a sagesse du siècle expliquait le supérieur par l'inférieur, l'âme par la matière, les êtres par les phénomènes. Elle souhaitait borner ses investigations à ce qui est mesurable et prévisible ; et voilà (|ue ces hommes, ressuscitant les illusions les plus anciennes, expliquaient les phénomènes par les êtres, derrière les mouvements cherchaient les causes, et quelles causes ! des agents libres qui ne sauraient être objet de science. Ils repeui)laient d'une légion d'esprits mystérieux l'espace que la raison avait enfin laissé lumineux, silencieux et vide.
Saint Martin travaille le mieux à relever les idoles métaphysiques. Il établit contre Garât « l'existence d'un sens moral et la distinction entre les sensations et la connaissance » (2) ; c'est dire qu'il retrouve l'inné en nous. Il restaure l'idée que l'homme peut connaître intimement le principe de son être, cause active et intelligente (3). Il reprend l'idée de la Chute: l'homme, tombé dans la dépendance de la matière et des choses physiques, peut se régénérer grâce au sacrifice du Réparateur, qui a remplacé les expiations anciennes (4).
Et surtout, le Philosophe inconnu ramène des notions et des l)réoccupations oubliées, toute une conception de la vie abolie par le siècle de Diderot. Il développe la vie intérieure chez lui et autour de lui, non seulement la culture morale que connaissait Rousseau, mais la culture spirituelle, efTort admirablement i)atient vers une croissante libération. 11 propage ce sentiment si entièrement étranger au matérialiste : l'amour des âmes. Il inspire le goût des biens spirituels, réhabilite la douleur et la ])auvreté. Enfin, suprême reniement, il combat les passions et l'orgueil de la vie (5).