‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 354 sur 397 · III. — Après la Terreur. — La Renaissance religieuse · texte numérisé non relu

III. — Après la Terreur. — La Renaissance religieuse

Les églises fermées rouvrent leurs portes en 17()G, au lendemain du décret sur la liberté des cultes (2), et l'on compte bientôt 25.000 curés desservant 32.000 paroisses. Dès 1795, la presse religieuse a reparu. Annules de la reli(/ion{3), Annales religieuses (4), Annales catholiques {5), fort occupées du rétablissement du culte cl de la rentrée des prêtres proscrits, rendent compte avec complaisance des ouvrages favorables à la religion et combattent la Décade philosophique, ce réduit des impénitents.

C'est une œuvre catéchétique, l'utilisation du labeur apologétique du siècle, la mise en menue monnaie des ouvrages les ])lus approuvés, pour l'instruction du peuple fidèle qui a beaucoup désappris. On le remet à l'a. b. c, et le caractère élémentaire de cet enseignement montre combien rapidement la culture chrétienne aurait été exténuée, anéantie peut-être, si l'interruption des

raison el de la foi. Paris (Lausanne). 2 v. 8". On sait que le quiétisme s'implanta de bonne heure en pays protestant et qu'il subsiste encore aux Etals- Unis. V. J. Chavannes : « Jean Philippe Dutoit >, Lausanne. Rridel 1865, 12, Bricaud : « Vn disciple de Saint-Martin, Datait Mcmbrini, d'après des documents inédits ». Paris Chacornai- 1001, br. in-18, Masson. o. e., 1, 70.

1. (). e. En 1802 Chassunis dira que le danger vient désormais non plus des incrédules mais des ebrétiens (|ui s'émanci])ent do la soumission due à l'Eglise. Du christianisme et de son culte contre une fausse spiritualité. Paris, 8".

2. <( L'exercice d'aucun culte ne peut être troublé. La République n'en salarie aucun ». .3 ventôse, an III (21 févr. 1795). V. Lavisse et liambaud : Hist. générale. Colin, t. VIII, r)21 sq.

3. « ou Méimoires pour servir à l'hisiioire du wiir siècle, par une société d'amis de lu reliijion et île la patrie », Parisi 8", de mai 1795 à mai 180.1. C'est ini joui'nal " constitutionnel ».

4. ■• l'oliiiqucs cl lilléraires », 1790, 8". rédigées par les abbés Sicard et .Jtiuffrcl « antieonstitutioimels ». L'abbé Jauffrct, futur évêque de Metz, publia la même année son livre Du Culte public ou da la nécessité du culte public en ijénéral, qui fut réédité en 1802.

5. « Pour faire suite aux précédentes » 1790-97, par l'abbé PouUxjne. L'au^ leur, déporté le 18 fructidor pour avoir blâmé un d.iscours antichrétien de La Uéveillèrc, les reprit, de 1800 à 1801, sous le titre iXWnnales philosophiques cl lititéraires [58]. V. AI : <• Les Apoloijistes français au xix'' siècle », p. 31 s<f

oflices, de la prédication et de l'instruction religieuse avait duré quelques années.

En philosophie, — il fallait s'y attendre, — le spiritualisme resurgit. A l'une des conférences de l'Ecole normale. Saint Martin se fait applaudir en demandant au « professeur d'entendement humain », Garât, de ne plus parler à ses auditeurs de matière pensante (1). De Bonald prouve Dieu par les lois du langage, « car, « ou l'inventeur ne se serait jamais entendu lui-même s'il avait « inventé le mot avant d'avoir l'idée, ou il n'aurait jamais été « entendu des autres s'il leur avait adressé des mots auxquels ils « n'eussent pu attacher aucune idée » (2). En 1800, Aiibry publie un Anti-Condillac {3). Un an après « le Génie du christianisme », Maine de Biran portera au sensualisme un coup décisif (4).

L'apologétique est encore faible car tout est à rapprendre (5).

Les évêques réunis à Paris dressent le programme de 5 apologies. Il faut ri" — établir que le fanatisme n'est pas lié au eatholicisme: 2" — justifier la conduite des catholiques français pendant la Révolution ; 3° — prouver la révélation et i" — son accord avec la saine philosophie ; 5° — montrer l'excellence de la morale cvangélique (6). Il se fonde une « Société de la philosophie chrétienne » qui dresse une liste des ouvrages à réimprimer ou traduire, à continuer, — à réfuter, — à composer. L'abbé Servois prépare le premier « numéro » de cette bibliothèque apologétique (7). On mettra au concours les sujets suivants : La considération du monde physique et moral prouve la dégradation primitive de l'homme. — Etablir par la physique du globe, le progrès de la civilisation, les monuments de l'histoire et la généalogie des divers idiomes, la vérité de la chronologie mosaïque (8).

Renaissance du spiritualisme

Faiblesse

des apologies.

Le christianisme antirépublicain

1. V. Arboux, EncycL Lichtenberger [30] , t. XL 415. Le succès momentané des Théophilanthropes s'explique par ce regain spiritualiste.

2. Essai analytique sur les lois naturelles de l'ordre social. 179fi, 8° ; 2" éd. Paris 1817, 8", p. 300. « En un mot une idée sans expression n'est pas une « idée et n'est pas, puisqu'une idée n'est connue, pensée qu'autant qu'elle est « exprimée par une parole. Une parole sans idée n'est pas une expression et « n'est qu'un son puisqu'une parole n'est entendue qu'autant qu'elle exprime « une idée ». Ib.

Page 1