‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 37 sur 397 · Mat · texte numérisé non relu

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5. Pierre dissiniulaiit avec 1rs juifs (C,;\\. 2, 1 U ; Paul disant : « Je ne savais pas (lur ce fût \c grand prctrc » (Act. 23, 5).

résultat définitif de faire reculer Groteste sur la position suivante : « La plus grande partie du Xouveau Testament n'est du « St-Esprit qu'en ce qu'elle a été écrite sous sa direction par des (( hommes dont il laissait agir les facultés en les rendant inva- '( riables dans le chemin de la vérité » (1).

C'est à peu près la thèse vers laquelle semble pencher le pieux Chez un et libéral Uupin dans la Dissertation préliminaire ou Prolégomè- janséniste nés sur la Bible (2). L'inspiration est une « assistance particulière Dupin du St-Esprit qui conduit l'esprit de celui qui écrit en sorte qu'il ne permet pas qu'il se trompe » (3). Pour cela, il lui inspire la volonté constante de dire la vérité et la lumière pour distinguer le faux du vrai. Mais, plus affirmatif que Groteste, Dupin répond oui à la question : tout ce qui est dans l'Ecriture, même les faits et les questions qui ne regardent jîoint la religion et les points de philosophie, est-il divinement inspiré ■?{4). En tout cas, il discute pied à pied tous les arguments qu'on peut apporter contre et ne laisse qu'une part infime à l'erreur.

Cet érudit à l'esprit ouvert et foncièrement droit montre la falsification de presque tous les témoignages profanes allégués en faveur du christianisme. Il rejette les oracles sibyllins, les lettres de Lentulus et de Pilate sur J.-C, les lettres de Sénèque à Paul (5), —

etc., documents que bien des apologistes catholiques exploiteront encore pendant près d'un siècle. On sait comment la probité scientifique dont il usait dans sa Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques le rendirent suspect d'hérésie. Il avouait que l'Eglise primitive avait ignoré : péché originel, jjurgatoire, confession auriculaire, jeûne régulier, monachisme, célibat des diacres, dime ecclésiastique. Il parlait avec indépendance des Pères et de leurs erreurs, afl'aiblissait la vénération due à Marie et l'autorité de Pierre (6). Mais B(jssuet veillait. 11 poursuivit le pieux ami de Racine et du bon Rollin comme il avait poursuivi l'oratorien sar-

2. Paris, 1699, ?> v. 8". icimpr., 1761. Los chapitres I. 2 ; III. 1 cl 7 ont une valeur apologétique. Dupin vise surtout Simon.

4. On connaît la doctrine orihodoxc : « Nel'as oninino fucrit aul inspirationem ad aliquas tantum sacra? Scriptura; partes coanguslare aut concedere sacrum ipsuni errasse auctorem. » — Encyd. do Léon Xlll : « Providentissimus dcus ■, 18 nov. 189.'?. V. le P. Brucker : i> L'Eglise et la crilique biblique r,, Lethielleux, 1908, 8".

5. « Il n'y a presque aucune pensée morale dans celles de Sénèque, ni aucune chrétienne «lans celles de Paul. » III, .'57.").

6. Toutes ces hardiesses étaient relevées dans les « Remarques » du bénédictin Petit Didier « sur la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques >>, Paris, Hortcmcis, 3 v. 8", 1691, 92, 96 et Lecicrc, 2 v. 8", 1701.

castique et équivoque. Il obtint de l'archevêque de Paris un décret, du Parlement un arrêt supprimant l'ouvrage (1).

Mais si Dupin élague les branches basses déjà condamnées par les protestants, c'est pour mieux conserver le tronc, et sur l'authenticité, la canonicité, l'autorité des livres du Nouveau Testament, il maintient les positions rigoureusement orthodoxes (2).

On le voit, si la lutte est engagée entre la critique et la tradition, elle se localise encore entre gens qui s'accordent sur l'essentiel. Baylc ébranlera les fondements de l'édifice en sapant le principe de la révélation, le surnaturel, le spiritualisme même. Avant la tourmente et aussi avant le grand essor de l'esprit scientifique, l'apologie classique, hautaine et encore assurée, va atteindre son apogée avec Huet, Hossuet, Abbadie. C'est l'âge d'or de l'apologétique intellectualiste. Elle livre le grand combat contre les objections venues de la raison, tantôt bon sens, tantôt évidence philosophique, et escarmouche contre l'histoire à ses débuts. Nous n'entendrons plus de ces grandes voix qui ont la sérénité de la force. A mesure (|ue nous entrerons dans le siècle de Bayle, les apologistes ne se battront plus, ils se débattront.

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