‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 6 sur 397 · V. Strowski : « De Montaigne à Pascal », 145 sq · texte numérisé non relu

V. Strowski : « De Montaigne à Pascal », 145 sq

5. " La doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps », 1G2.'Î, 4".

« La Somme Ihcologique des vérités capitales de la religion chrétienne », Paris, 1025, fol.

Y. Strowski: •< Les Provliicinlps el les Pensées ■, 221 sq.

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verve grossière cl pittoresque. Mcrscniic {\) a démontré la Providence, Joseph (le Voisin (2) a mis à la disposition des théologiens chrétiens une partie de la science talmudique.

Surtout Grotius, suivant l'exemple de Diiplessis Moniaij, a donné le modèle de l'apologie sérieuse destinée au grand public. Son traité « de la Vérité de la religion chrétienne » (3) est l'ouvrage capital avant les « Pensées ». On peut considérer ce petit livre populaire et d'une lecture aimable comme le .sommaire de la plupart des apologies qui verront le jour pendant deux cents ans. Plusieurs auteurs tireront même i)lusieurs tomes de tel chapitre de l'écrivain hollandais sur le témoignage des païens en faveur du christianisme ou sur les objections des juifs. C'est le manuel classique, où l'on établit contre les athées la nécessité d'une religion (jui honore infiniment J)ieu, contre les déistes la nécessité d'une religion qui sauve les hommes. Après une médiocre démonstration de Dieu, de la Providence et de l'immortalité, voici les développements désormais de rigueur sur les emprunts faits par tous les i)eui)les anciens à Moïse, sur les miracles, les prophéties, la valeur intrinsèque de la religion chrétienne parfaite en ses préceptes, relevée en sa récompense, admirable dans sa propagation, sur l'authenticité des livres du Nouveau Testament, sur les imperfections du paganisme et du mahométisme, sur .T.-C. consommateur non destructeur de l'ancienne Loi. Quelques traits archaïques datent l'ouvrage, tels que l'utilisation des miracles et des prédictions rapportés par les historiens profanes pour prouver la Providence ; les songes et les ordalies concourent à la même lin. La notion de loi physique est encore mal élaborée et notre auteur ne comprend pas l'objection : Dieu ne s'occupe que de l'ensemble de l'Univers. Mais il excelle dans les démonstrations populaires : l'arrangement du monde, l'excellence de la morale chrétienne. C'est nourri, précis, plein de verve. Et, d'autre ])art, son explication du passage de l'ancienne à la nouvelle alliance et de la révélation ])rogressive, i)ar laquelle Dieu a

1. Quiextiones celeberrimœ in Genesim, 1623 fol. — L'impiété des drisle.i. athées et libertins du temps cambattne et renversée de pomt en point par des raisons tirées de la philosophie et de la ihéolotjie, Paris 162(4, 2 v. 8".

2. Dans son édition du Pmjio fidei christianœ de Raymond Martin. Paris, 16.')!, fol.

3. De veritate religionis christianœ liber, Elzevir, 1636, pet.-in 12. L'ouvrngc, écrit d'abord en vers flamands pour rendre les marins hollandais capables d'évangéliscr les infidèles, fut traduit en anglais, en allemand, en grec, en persan, en arabe, en malais, en chinois. Les principales réimpressions latines avant 1670 jiortent les dates de 16t(), 1602, 1060. Les meilleures traductions françaises sont de Mézeraij. 1010, de licanvoir, lO.IO, de l'oratorien Lejfiinv. 1602 cl 172S. de Tabbé Conjel. 1721 et 1731.

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« départi à un peuple nouveau une plus grande abondance de son esprit » (1), n'a guère été mieux présentée.

Malgré l'allure familière du traité, la grande érudition de l'auteur perce par endroits (2) : l'énumération des rapports des traditions païennes avec la tradition mosaïque fait déjà pressentir le trouble torrent de Huet.

En 1666, Messire Jean Belix, évêque et seigneur de Belley, publiait : « Les preuves convaincantes du christianisme où le christianisme est exposé de telle sorte qu'on ne peut jamais douter de sa vérité et l'on connaît évidemment qu'il faut l'embrasser » (3). C'est un cours scolastique en 13 leçons fait au collège de Cluny, pesant, pédant, ratiocinant, où les syllogismes se rangent sous « 3 objections, 6 chefs principaux, 10 articles ». Toute la suffisance du docteur de Navarre s'y étale. Convaincu de la valeur souveraine de sa démonstration, il estime qu'aucun adversaire ne doit subsister après elle. Et cependant l'idée centrale de ce monument illisible est l'idée forte et féconde que seul le christianisme conduit parfaitement l'homme à sa fin, qui est la claire vision de Dieu par la sagesse et la sainteté. C'est par un côté l'idée de Pascal, mais elle reste ici dans l'abstrait, jamais vivifiée par le drame de l'expérience personnelle et des ailes brisées.

La même année, le P. Paul Beurrier, curé de St-Etienne-du- Mont, mettait au jour un Spéculum christianse religionis, in tripUci lege naturali, mosaïca, et evangelica{i), « carquois plein de traits variés ;> à l'usage des prêtres et des missionnaires. Il y établissait la perpétuité de la foi et de la religion chrétienne, progressivement révélée depuis l'origine du monde et développée dans la loi naturelle, la loi écrite et la loi de grâce. Mais son 4* livre, plus directement apologétique, montrait qu'il n'y a pas de vie meilleure que la vie chrétienne, le christianisme étant la religion la plus propre à donner le bonheur pendant la vie et à la mort. L'ouvrage n'est qu'un assez bon sommaire des arguments anciens, dressé i^ar un homme d'esprit médiocre, très pieux et sans haine. Mais, tout en signalant la multiplication des incré-

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