‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 72 sur 397 · p. 202 et · texte numérisé non relu

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l'âge d'or de l'apologétique classique 109

la succession des empires, que Porphyre déclare supposé le livre qui les contient. Mais jamais aucune secte de juifs ne l'a considéré comme tel. Il fut présenté à Alexandre comme annonçant sa venue. En tout cas, il existait avant J.-C. qui le cite. Or, il prédit la dernière désolation des juifs par les aigles romaines sous Titus.

Ces caractères de la religion judaïque nous permettent d'assurer qu'elle n'est pas essentiellement corrompue, car, si Dieu ne permet pas que le blé devienne un poison, il ne peut permettre » qu'une « révélation destinée à nous procurer la vie serve à nous donner « la mort ». « Quand elle aurait été rétablie par Esdras, il fau- « drait qu'elle l'eût été par l'ordre de Dieu et par l'inspiration du « Saint-Esprit. Un simple homme n'a point mis dans l'Ecriture « des juifs tous ces caractères de divinité que j'y aperçois » (1).

Les voies dont Dieu s'est servi pour la préserver sont bien connues. C'est l'isolement des juifs, leurs privilèges de peuple élu, l'institution des lévites gardiens du dépôt sacré, la lecture publique de la loi tous les 7 ans, les divisions des sectes juives qui se surveillaient mutuellement, les cérémonies qui commémoraient les principaux faits et les miracles de l'âge héroïque. Si l'Ecriture est corrompue dans l'essentiel, les prophéties, elle l'est tout entière, car elle n'est qu'un tissu de prophéties.

Et ici reparaissent les objections de Spinoza, auxquelles notre auteur oppose une longue réfutation, souvent faible faute d'indépendance critique et d'une érudition philologique suftisante. Nous pouvons le suivre quand il dit que Morija (Dieu y pourvoira) fut ainsi appelé en souvenir de la réponse d'Abraham à Isaac demandant où était la victime, et non par anticipation parce que le temple devait s'élever là (2), mais quand il admet la version protestante de son temps : « deçà le Jourdain », pour échapper à la difficulté que présente le sens delà (3), ou qu'il interprète : les Cananéens étaient déjà dans ce pays au lieu d'encore (4), ou transforme les rois en chefs de famille ou de tribu dans la phrase embarrassante : « avant qu'aucun roi régnât sur Israël » (5), son exégèse est complaisante. Quand il considère comme l'objection la plus forte celle tirée du fait que Moïse parle de lui à la troisième personne et se loue, on se demande si ce n'est pas parce qu'elle est la plus facile à réfuter. Se présenter comme homme de Dieu

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