‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 71 sur 397 · p. ins · texte numérisé non relu

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•i. I». lie.

LAGE d'or de l'apologétique CLASSIQUE 107

« qu'ils ne comprennent point » (1). Mais « n'est-ce pas le « comble du dérèglement et de la folie de ne comprendre rien « dans la nature et de vouloir tout comprendre dans la reli- « gion ? » (2). Leurs objections feraient douter aussi bien de l'existence de la matière que de celle d'un Dieu.

La 2' section établit la vérité et la nécessité de la religion contre les déistes.

Une fois prouvée l'existence de Dieu, l'auteur établit l'idée de Dieu par les déductions classiques. Le raisonnement par lequel on fait découler sa justice de sa connaissance et de sa volonté marque, une fois de plus, l'impuissance où nous sommes de concevoir Dieu autrement que sur le modèle du meilleur de nousmêmes.

La nécessité de la religion se confond avec le devoir de reconnaissance envers le Créateur, notre bienfaiteur et notre père. La fin de l'homme est visiblement le bon usage de sa raison, c'est-àdire la connaissance de Dieu. Les hommes ne sont pas faits seulement peur la société, mais aussi pour la religion, « les liens qui (' les attachent à Dieu étant sans comparaison plus forts et plus « naturels que ceux qui les unissent les uns aux autres » (3). Les principes de cette religion naturelle sont gravés en nous : c'est, d'une part, l'aptitude à connaître Dieu par ses oeuvres, et, d'autre ]jart, la conscience morale.

Mais « à quoi sert la révélation naturelle si les hommes n'en font aucun usage ou s'ils n'en font qu'un usage pernicieux » (4) ? Dieu avait manifesté sa gloire dans le soleil, les astres, les plantes; les hommes les ont adorés. Ils connaissent et aiment le bien et ne le suivent pas. De là la nécessité d'une seconde révélation : le critérium pour la reconnaître sera justement si elle rétablit la religion naturelle.

Les déistes (5) disent que cette religion prétendue naturelle est un fruit de l'éducation. Eux qui redoutent beaucoup le préjugé de l'éducation ne redoutent uas celui beaucoup plus fort des passions. Nous demandons qu'on se mette en garde contre les préjugés de toute origine. — La conscience morale est une illusion puisque nos actions sont déterminées. — Personne ne le croit sérieusement. — Dieu est troj) au-dessus de notre petitesse pour

.5. Chez Abbadic ce mot désigne les libertins en généi'nl, non les esprits de la catégorie de Pope et de Voltaire.

réclamer de nous un culte ou des vertus. Un monarque ne s'occupe pas des fourmis. — Ce monarque ne les a pas créées à son image, il a l'esprit borné et sa caractéristique n'est pas la bonté. La fin des fourmis n'est pas l'adoration du monarque. « Le soleil peut éclairer les plus bas lieux de la terre sans s'abaisser » (1). — Un enfant nourri au désert n'aurait pas la religion naturelle. — « Le germe est dans son cœur aussi bien que le germe de la société » (2). Il se dévelopi)era dans une occasion favorable. Les politiques travailleraient en vain si les hommes n'étaient nés sociables et religieux.

La Abbadie sait bien que les peuples anciens les plus civilisés nous

révélation aniigent par leurs supcrtitions, et que les philosophes y sont rares judaïque eJ incertains. Mais, à l'exemple de Pascal, il aperçoit le peuple juif, un des plus grossiers, qui prétend avoir une révélation particulière et qui la conserve pendant des milliers d'années. Examinons-la (3).

Elle a des caractères de divinité qui frappent d'abord la vue.

La Bible qui la contient est avant tout une œuvre honnête d'écrivains modestes. « On voit ici une longue suite d'auteurs qui, « ayant vécu en de très différents siècles, écrivent non pas un « seul livre, mais plusieurs livres où non seulement vous ne trou- « vez aucune trace de faiblesse et des passions humaines, mais (1 où vous voyez régner l'esprit de la douceur, de la i)iété, du « désintéressement et d'une aimable et vertueuse simplicité. » Ils disent des choses sublimes en un langage accessible à tous. — Sublimes, car « on y trouve les doutes de la raison éclaircis et les mouvements de la conscience satisfaits » (4). La Bible confirme les vues de la raison touchant la non éternité du monde, la distinction du spirituel et du matériel, l'impossibilité de faire Dieu auteur de notre corruption. Elle confirme les données de la conscience, règle nos désirs, fait de la i)iété et de la gloire de Dieu la fin de l'homme. « Les hommes s'étaient fait une dernière « fin qui n'était point leur dernière fin... Jamais docteur n'avait « entrepris de corriger ce désordre » (5). Elle renferme enfin des prophéties. Les miracles sont contestés, mais les prophéties accomplies sous nos yeux sont des preuves parlantes. Le songe de Nabuchodonosor et la vision de Daniel ])rédisent si clairement

."î. 3" Spction, «' où l'on iMablit la viriti- dv la ri-Iigion judaïque », p. 193.

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