‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 78 sur 397 · P. 41fi · texte numérisé non relu

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l'âge d'or de l'apologétique classique 117

Mais est-il venu ? Il était annonce pour le temps où les 4 monarchies subsisteraient encore, ou tout au moins aussitôt après leur ruine et avant la consomption de Jérusalem. C'est bien la place de Jésus. Le christianisme s'établit sur les ruines des quatre monarchies qui avaient fait la guerre à Dieu : Syrie, Egypte, Grèce, Perse. La pierre détachée de la montagne, qui brise la statue aux pieds d'argile (1), ce sont les humbles pécheurs galiléens. Le royaume éternel prédit est celui de J.-C. L'auteur n'entrera pas dans la supputation des 70 semaines. « Plusieurs grands « hommes l'ont déjà fait et on n'a en particulier qu'à lire le <> Discours sur l'histoire universelle que M. de Condoni a donné cv depuis peu au public (2). Pour nous qui nous arrêtons aux i)reu- « ves de la religion les plus sensibles et les plus proportionnées « à toutes sortes de personnes, nous aimons mieux raisonner par « le gros de la prophétie que nous dissiper en contestations « chronologiques. » (3). Sans doute, la lumière n'est pas parfaite sur ce point, mais notre foi ne doit pas en dépendre. Jésus-Christ est le seul dont on puisse dire qu'il a expié l'iniquité, amené la justice des siècles, été retranché de la terre, mais non pour soi. C'est 40 ans après lui que les Romains ont désolé Jérusalem. C'est lui qui par son sacrifice fait cesser les sacrifices rituels. Cela est imprévisible par des conjectures.

Enfin le Chapitre 53 d'Esaïe, quelquefois appelé le 5" évangile, dépeint le messie soufi'rant en termes tels qu'on ne peut méconnaître J.-C.

L'homme de douleur dont parle le prophète ne peut pas être Jcrémie qui n'a pas porté les péchés des hommes, ni le peuple juif dans son état actuel, car en quoi ses meurtrissures donnent-elles la guérison aux gentils ? Il n'est d'ailleurs pas comme un agneau sans fraude puisque les rabbins le disent pécheur. Il n'a enfin aucune envie de donner sa vie pour nos transgressions. Si bien que certains rabbins, appliquant la prophétie au Messie, en ont imaginé deux, l'un souffrant, l'autre triomphant. Mais dans Esaïe, c'est le même qui est relevé après avoir été abaissé. Dix caractéristiques du personnage s'appliquent à Jésus ; la terre desséchée dont il sort c'est sa basse origine et la croix, il souffre pour le peuple avec la patience d'un agneau, — destiné à partager la sépulture des malfaiteurs (les brigands) il s'est néanmoins « trouvé avec le riche en sa mort » (4) (dans le tombeau de Joseph d'Ari-

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