‹ De Pascal à Chateaubriand; les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 83 sur 397 · Ib., p · texte numérisé non relu

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LACE d"OR de l'apologétique CLASSIQUE 121

l'apostrophe à sa mère : « femme qu'y a-t-il entre toi et moi », son angoisse à Gethsémané.

Ces hommes incapables de fraude n'ont pas été trompés euxmêmes. Si J.-C. n'a pas fait de miracles, d'où vient le repentir de Pierre et le désespoir de Judas ? Comment avancer les phénomènes effrayants qui accompagnent la mort de Jésus, si personne ne les a notés ? Comment expliquer le rapport des soldats sur l'enlèvement du corps, et le rapport de Pilate à Tibère ?(1).

Ce que les évangélistes disent du caractère de J.-C. n'a pu être inventé. Les héros païens rapportent tout à l'Etat ou à leur orgueil, Jésus rapporte tout à la gloire de Dieu. Les sages antiques étaient des modèles de justice. Jésus donne l'exemple de la charité, plus divine jHiisqu'elle « fait du bien sans devoir rien à personne •>■> (2). Il n'y a pas trace de vice en lui. Si le fils de Dieu est venu au monde, il a dû vivre comme lui. L'inventeur d'un tel portrait serait aussi miraculeux que l'original (3). Jésus prophétise la ruine de Jérusalem. Cette prophétie n'a pas été interpolée, car elle est différente dans les trois évangiles qui la rapportent, et elle parait confondre la ruine de Jérusalem et la fin du monde. Un interpolateur aurait fait disparaître ces ombres.

Les Actes renferment trois faits : l'ascension du Christ, la descente du Saint-Esprit, l'établissement des églises. Tous les « actes » des apôtres supposent l'effusion du Saint-Esprit ; c'est sur elle qu'ils fondent leur vocation, tout dans leurs lettres s'y rapporte. Le succès de la prédication de ces chétifs ne peut s'expliquer que s'ils ont été les témoins oculaires des merveilles qu'ils annoncent. Les épîtres de Paul renferment à leur tour des caractères divins. Sans insister sur la piété et l'humilité de cet homme, sa préférence pour la charité qu'il met au-dessus des dons miraculeux est dans l'esprit de la vraie religion. Son désintéressement, qui le pousse à tout affronter pour courir à la conversion des hommes, sa joie plus que stoïcienne au sein de l'affliction ne peuvent pas être d'un imposteur. Ses continuelles allusions à la mort, à la résurrection, à l'ascension de J.-C. peuvent remplacer l'évangile. Celles qu'il fait sans cesse aux dons du Saint-Esprit embarrassent fort les incrédules, car il faut admettre la réalité de ces dons ou tenir Paul pour un dément.

1. Le fait (|u'Abbadie admet l'authcnticito des Actes de Pilote prouve que sa crititjue est inférieure à celle de plusieurs érudits chrétiens de son temps. V. Dupin. supra 59.

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