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l'âge d'or de l'apologétique classique
sent pas la gravité, parle avec une sereine assurance ; le plus grand ennemi de la foi est encore à ses yeux le mauvais cœur de l'homme. Son œuvre n'en est pas moins le chant du cygne de l'apologétique du grand siècle dont les plus grands penseurs furent chrétiens.
Les apologies mystiques
A côté des apologies rationnelles, quelques irréguliers composent des démonstrations essentiellement fondées sur les preuves de sentiment. Ces mystiques, plus près de Pascal que les intellectualistes, montrent la persistance du courant d'où sortira l'apologétique moderne.
Avant les Pensées, en 1658, Desmarets de St-Sorlin avait écrit Desmarets un ouvrage bizarre, mais non point absurde, que nous signalons de
ici parce qu'il fut réimprimé en 1075 et en 1687, à l'époque même St-Sorlin où nous sommes, et qu'au moins une partie du public put le lire en même temps que les œuvres de Malebranche et d'Abbadie. Les Délices de l'esprit, dialogues dédiés aux beaux esprits du monde (1), prétendent amener les libertins à l'union avec Dieu, laquelle comporte divers degrés, mais où l'on n'accède que par rhumilité. On ne démontre pas Dieu : seuls peuvent parler de lui et des réalités spirituelles ceux qui les ont « goûtés » (2). Mettezvous en état de faire l'expérience que j'ai faite, moi, ancien profane. La foi fait goûter Dieu et le goût le fait connaître. 11 faut distinguer connaître et reconnaître, la créance et la foi, croire Jésus-Christ et en Jésus-Christ. Des sujets rebelles connaissent le roi mais ne le reconnaissent pas. Le second est l'œuvre de la volonté. L'apologie de Desmarets sera donc un appel à l'expérience.
Si tu m'offrais un bon vin et que je te dise : « Je crains qu'il ne me trou- « ble la tête, je crains que ce ne soit un poison, que pourrais-tu faire autre « chose que me dire : crois-moi et tous ceux qui en ont bu, ils te jureront « comme moi qu'il est d'un goût excellent... et que ce n'est point un poison « puisqu'il ne nous a point fait de mal et que, bien au contraire, il nous a « toujours fortifié l'estomac. Si je te disais : Je ne te veux point croire, (( ni ceux qui en ont bu, tu me répondrais: goûtes-en toi-même et tu trou- « veras qu'il est excellent. Je te dirais : je n'en venx point yoùter et je « veux que tu me prounes démonstralivemenl qu'il est bon, tu te mettrais en « colère... Mon ami je te puis dire de même : il y a un Dieu qui est bon, « qui est juste, qui est tout puissant. Tu me dis : je ne te crois point. Je te « réponds : tu dois me croire, parce que je l'ai connu comme plusieurs