Paris, in
2. Expression l)il)liqu(', pleine de sons pour les Aines religieuses : et voyez eonil)ieii le Seignciii- est Ixin. » Vs. 34, 9.
Coûtez
142 DE PASCAL A C.HATF.Al'BRIAND
« autres avec moi, qui ont goûté comme moi sa bonté et qui ont éprouvé « sa justice et sa toute puissance. Si tu me répliques : je ne te veux point « croire ni tous ces autres là, mais je veux que tu me prouves démonstra- (( tivement qu'il y a un Dieu et qu'il est bon... enfin je te dirai : je veux te « prouver par ton goût même qu'il y a un Dieu et qu'il a toutes ces grandes « qualités, (ioûtes-en comme jjlusieurs en ont goûté avec moi; tu le sauras <( aussi bien que nous et tu le publieras par tout le monde. Si tu nvais goûté « Dieu une /'uin, lu sentirais bien que ce n'est pas une cliose inuujinaire, mais « un être réel très parfait et très délicieux ; et pour ce goût, tu quitterais « bientôt tous les goûts des plaisirs de la terre. » (1).
Mais cet appel à rexpéricncc favorise l'individualisme, c'est-àdire l'hérésie. Les hérétiques aussi prétendent goûter Dieu et ils ont une foi ditlerente de la tienne. — Desniarets se débat pour échapjjer à cette objection insoluble. Il frappe sur les hérétiques et leur dénie une vraie expérience, jjarce qu'ils sont orgueilleux et hors de l'Kglise.
Après avoir si nettement indiqué la preuve interne, l'auteur retondie lirudemment dans la démonstration traditionnelle. 11 conduit Philédon non par l'expérience intime mais i)ar des raisonnements scolasti([ues. Il faut lui savoir gré pourtant d'avoir mis les incrédules en garde contre un injuste penchant : ne niez pas ce que vous ne connaissez pas et sur (pioi vous n'avez pas encore de compétence.
Poiret Même sentiment vif des vraies conditions de la foi dans VEco-
nomie divine (2) de Poihkt, sorte de Sonune où le discijjle d'Antoinette de Bourignon expose rationnellement une théologie mystique. Sans être proprement apologétique son ouvrage met fortement en lumière Dieu sensible au cœur et la vérité i)rofonde du : « qui voudra faire, eoumùlra ». La raison n'atteint ([ue l'idée de Dieu, c'est-à-dire un portrait de Dieu, ("est la faculté de créer et de combiner des représentations ; elle se joue à la surface des choses, jongle avec les concepts, disons avec « des tableaux idéels des choses vivantes que la foi montre ». La foi saisit Dieu vivant (3). L'auteur s'est résigné à i)cindre un tableau, pour réveiller chez les hommes charnels <■ (pielques désirs de l'original » (4).
Mais Poiret en veut moins encore aux théologiens qu'aux critiques, qui « cherchent le sens divin de l'Ecriture par des raisonne-
1. 1" éd. fol., p. 23 sq. Qu'on ne soit pas sui-pris de ce langage sensuel, commun à tous les mystiques. Eusèbe entreprend de mener le charnel Philéflnn à la vnaio volupté en le faisant passer par l'échelle des six plaisirs humains ; il lui parle sa langue et tire volontiers ses comparaisons <les i)laisirs de la table ou de l'amour.
2. <. on Système inunerset ... Anisl., lliST, 7 v. 12. V. S.r.l.. IfiHT, p, ftCO,