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Notre auteur reprend une dernière fois sa démonstration de raccord de la raison et de la foi à propos de l'article Pyrrhon et pose les trois principes classiques. 1« — Il faut se servir de la raison pour connaître les preuves de la divinité de la révélation. 2" — L'autorité divine étant infaillible, la raison, qui peut s'exercer sur la vérité ou la vraisemblance des choses révélées (1), doit s'y soumettre en cas de contradiction apparente. 3'' — Dans les matières du ressort exclusif de la raison, ce qui est une fois prouvé reste vrai quoique les conséquences soient parfois incompréhensibles. Exemple : la divisibilité à l'infini.
Il termine par l'exposé d'un Système abrégé de Vâme et de la liberté qui incline vers l'harmonie préétablie.
La Presse « réfugiée » suivait avec passion le débat. Les Nouvelles de la République des lettres approuvaient Jaquelot : « On « ne peut avancer que la religion est contraire à la froide raison « qu'on n'assure en même temps qu'elle est contraire aux perfec- « tions de celui qui en est l'auteur. » (2). Leclerc se fâche contre Bayle qui admet humblement une révélation, — contraire à la bonté de Dieu : « Pour croire ces deux choses à la fois il faut « être fou et non pas humble... car un Dieu mauvais et injuste « n'est pas un Dieu. » Jaquelot « a ramassé tous les principes « nécessaires soit pour établir la conformité de la religion avec « la raison... soit pour répondre aux objections de M. Bayle » (3). Ce dernier inséra ce qu'il avait à dire dans les derniers tomes de la Réponse aux questions d'un provincial (4). Il réduisait la dispute à 3 articles : la liberté d'indifférence, l'origine du mal, les objections du pyrrhonisme à quelques dogmes. Il n'eut pas de peine à montrer que le rationalisme de Jaquelot l'abandonnait bien vite en route, puisque sur la question du mal, la plus épineuse aux théologiens, il abdiquait en se repliant sur les positions orthodoxes, c'est-à-dire derrière l'inintelligibilité de Dieu : sa justice n'est pas la nôtre. L'hypothèse de la liberté de l'homme ne saurait innocenter Dieu, puisque Dieu prévoyait l'abus que l'homme ferait de ce don (5). Touchant les dogmes révélés, pourquoi Jaquelot qui trouve absurde la transubstantiation admet-il l'Incarnation et la
Trinité ?
L'intérêt de la lutte allait grandissant. Basnage de Beauval écrit à ce moment : « Quoiqu'on puisse déjà juger que la cause de « M. Jaquelot est embarrassée de beaucoup de difficultés, ce sera,
1. Voilà un reste du rationalisme scolastique répudié par Leclerc.