‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 107 sur 390 · partie, c · texte numérisé non relu

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3. C. 2. Nous ne marquons, bien entendu, que les articulations de la controverse, ne pouvant pas nous perdre dans le détail des objections.

4. P. 160. On connaît le mot de Pascal : « Dieu a voulu communiquer à ses créatures la dignité de la causalité ».

BAYLE

est nourri de la pensée de Malebranche. Dieu en mettant un être libre au monde a pris une mesure générale utile et sage. Les conséquences de la liberté qui nous offusquent, les péchés, ne compromettent pas plus sa sagesse que la pluie tombant sur l'océan stérile en vertu des lois du mouvement, utiles et sages dans l'ensemble.

Mais l'adversaire insiste : une créature toujours déterminée au bien et heureuse ne serait-elle pas plus digne de Dieu ? Il y en a, répond Jaquelot ; il n'ose pas les proclamer moins dignes, — ce sont les anges, — mais ceux qui croient à la liberté sont enclins à penser que le loup révolté de la fable est peut-être plus noble, plus « excellent » que le chien gras. Bayle n'exige pas assez. Pour créer les hommes heureux « Dieu ne devait leur donner ni <( intelligence, ni sentiment, parce que ces facultés sont cause des « craintes, des inquiétudes et des douleurs qui nous agitent » (1). Et en effet chez l'homme le mal vient de la connaissance autant que de la liberté.

Mais ses craintes concernent le mal physique qui pose un problème nouveau. Les innocents : gens de bien, enfants, bêtes, souffrent ; les méchants souffriront éternellement pour des fautes passagères. Touchant les gens de bien et les enfants, Jaquelot, après le rappel obligé du rôle éducatif de la douleur, retourne aux lois générales de Malebranche : il faudrait les bouleverser pour empêcher les innocents d'être emportés par la peste. Les bêtes sont peut-être des automates ; en tout cas la douleur sert à leur conservation. Celle que l'homme leur inflige résulte de la subordination des êtres. Il n'est pas plus horrible de tuer un chien qu'un pou. Quant aux méchants, nous ignorons la nature de leurs peines éternelles, elles consisteront peut-être dans la simple privation de la gloire des bienheureux.

L'erreur de Bayle, et ici Jaquelot fait un pas vers Leibniz, vient de ce qu'il s'enferme dans notre monde et dans la société humaine comme si c'était l'Univers. Il parle anthropomorphiquement de Dieu, comme d'un maître lié à ses serviteurs par la conformité de la nature humaine. « Donnons lieu un moment à la méthode de « M. Bayle, on trouvera de quoi faire le critique à chaque pas « avec autant de fondement que lui. Dieu, dira-t-on, ne devait « créer que des esprits purs, saints et parfaits. Car dès qu'une « perfection aurait manqué, aussitôt la critique entrerait en « exercice : pourquoi n'avoir pas donné cette perfection à cet « esprit ? » (2). On pourrait plaindre les pierres de n'être pas couronnées de feuilles et de fleurs.

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