‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 121 sur 390 · Continuât, des Pensées, c. 124. O., III, 3G0 b · texte numérisé non relu

Continuât, des Pensées, c. 124. O., III, 3G0 b

5. Au sens biblique et complet du mot : toutes* les vertus du juste.

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Saurin

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Bernard

nation » ; or la religion a pour but la justice. — Mais il y a eu des états païens florissants. — Probablement parce que les plus fausses religions ont certains principes de droiture communs avec la vraie. La religion qui prescrit l'amour mutuel soutient la société en général, formée pour l'aide mutuelle, soutient chaque gouveri.ement particulier puisqu'elle rend le monarque juste, ôte a l'aristocrate le désir de primer, éteint dans les démocraties la haine des supériorités et le goût des factions.

Voilà qui va bien et Saurin prouve agréablement que la vie intérieure d'une société chrétienne serait en effet bien réglée. Puisque les devoirs civiques coïncident ou voisinent avec les lois morales, une religion qui rend l'homme moral en fera un bon citoyen. Mais les difficultés commencent avec les relations extérieures d'un peuple, la société des nations, surtout au temps de Bayle étant livrée à l'anarchie. Si, à la rigueur, une société non menacée n'a pas besoin d'avares et d'ambitieux pour prospérer, une société entourée de rivaux ne peut pas mépriser ses intérêts temporels. De plus Saurin glisse sur une difficulté capitale, celle de la guerre. Il dit que les membres de cette société chrétienne se battront pour être agréables à Dieu. Mais la résistance violente est-elle compatible avec le vrai christianisme ? — Enfin les exemples de nations religieuses et prospères qu'il invoque : Egyptiens, Perses et Romains, ne sont guère valables puisque leur religion ne leur prescrivait pas les vertus de renoncement proprement chrétiennes. ,- ^. X 1

Ainsi le prédicateur passe à côté de l'obstacle. D'autres plus

hardis s'y briseront.

Jacques Bernard avait consacré plusieurs articles des Nonvelles de la république des lettres (1) aux prétendus méfaits des religions en général et particulièrement du christianisme. Ses réponses sont intéressantes et assez fortes. Mais la source des « paradoxes » de Bayle est l'idée que la morale n'est pas fondée sur l'idée de Dieu. Il lui suffisait de confirmer son principe, pour ruiner la réfutation de Bernard qui suppose le principe contraire. Les deux thèses discutées sont : Vathéisme est moins funeste que la superstition ; — une société de vrais chrétiens ne pourrait pas se défendre, La première met en conflit les deux principes de la morale (2), la seconde l'interprétation littérale de certains préceptes de Jésus et celle qui cherche l'esprit sous la lettre.

1 1705, p. 123. 289, 317 ; - 1707, janv., p. 8. juil. f.9, août ^68, sept. 286

2 Ba.^//prétei d quMl on est de la vertu et du vice comme du bon et du mamalrralLnnement. Les athées croient qu'on doit -'-""- ^"fj^"^;^ ^ùe c'est conforme à la nature de l'homme ; il. pratiqueront la vertu par la même raison.

BAYLE

Les athées sont si convaincus que la religion moralise, qu'ils accusent les politiques de l'avoir inventée pour servir de frein (1). Le 6 hvre de l'Ene.de prouve que l'idolâtrie elle-même réprimait les vices Bayle devait comparer à l'athéisme le mélange de bien et de mal qu'elle offrait « et non un extrait pur et simple de tout ce quil y avait chei les païens d'erreurs et de crimes ,> (2). A cote de Venus est Diane. En revanche il suppose bien gratuitement que « les athées ne seraient jamais qu'un coeur et qu'une âme » (3) comme SI les passions humaines ne savaient trouver d'autres prétextes de discorde que les prétextes religieux ! L'athéisme donne

dote 2 . "" ^•"" P°^'°"' '" P^g''"i^'"« «n poison mêlé d'antidote, qui tuera moins sûrement.

Quant à la résignation qui ferait la faiblesse d'une société chrétienne, elle n est recommandée que par certaines expressions manifestement outrées de Jésus. Il reprit celui qui l'avait frappé. En tout cas „ ce serait très mal entendre ses préceptes que de pré-

l ^hIV' "" ''"'" ' ''" ^'' vengeances particulières doive « s étendre jusques aux souverains et aux Etats » (4). Un état Chmien serait fort, ayant moins de guerres qu'un autre, une armée saine et faisant bon marché des biens terrestres et de sa vie, le prestige que donne un gouvernement vertueux. La bonne foi de sa diplomatie le rendrait-elle inférieur? non, la meilleure nnesse est de n'en pas avoir. Jusque là Bernard fait bonne figure

d'hirar?' "^ '''""^ '''' complaisance toutes les varSs d immoralité que la guerre résume et dont un vrai chrétien serait incapable, notre auteur ne trouve' rien à opposer que ce principe malsonnant: les devoirs des états ne sont pas ceux des particu-

ment aux préceptes du Christ pris même dans leur sens le plus métaphorique, et c'est tout ce que Bayle voulait démontrer.

Elie Benoist (5) qui réfute à son tour Bayle à travers Toinnd conteste l'existence de peuples athées que le scep'que a^'S

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