‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 129 sur 390 · Esprits forts 43. vers la fin · texte numérisé non relu

Esprits forts 43. vers la fin

DE BAYLE A VOLTArRE

à la conquête du ciel. Que ne pourront-ils pas désormais ? Nous ^ ne savons pas tout, mais nous savons la vraie méthode

Fontenelle n'apparait guère plus modeste qu'un docteur de Sorbonne, détenteur de la vérité (1).

au-delà des vieux murs du monde. Le triomphant « refert nobis Victor, de Lucrèce exprime le vrai sentiment de nos gens aux yeux de qui l'homme miroir de l'univers grandit, à mesure que D.eu s e o.gne. L'humilité est une attitude essentiellement reh^ gieuse, et quand les hommes de foi reprochent aux autres l'orgueil

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imor^er"'' "1 ''"'"•"'' "'" ''"P'"''^ ' » '^''^ 1"« '^^ ^"«nçes impriment a cet esprit, selon le mot de Jaquelot, « des Ms funestes à la religion y,. . ^ « aes piis

Dans la préface de son Traité de^Vexistence de Dieu (1697) le pasteur de la Haye qui. lui. se sent troublé par l'immensTté du monde, constate que « les mafhématiqaes accoutument Tesprit à « ne se laisser persuader que par une certaine évidence dont les « matières de religion ne sont pas susceptibles. L'astronomTe « étourdit la raison et l'imagination par les idées qu'elle ^ûs « donne de l'étendue presqu'infinie de l'Univers, de la grandeur « démesurée de tant d'astres que nous n'aperce;ons que comme « des étincelles dans les cieux. La Terre s'évanouit quand on fait " '•««f.-'°n que la distance de ces astres se compte par de « millions de heues... C'est un point, c'est un rien que la religion

.TT'l, 'T'' "' '^«"-■'^-- <^omme une partie la pZ « considérable de l'Univers, la plus favorisée du Créateur et Ta « seule qu'il ait honorée de ses grâces et de ses merveiHes les « plus extraordinaires. La philosophie occupée à la recherche « des causes naturelles, croit avoir satisfait pleinement l'esprit « quand elle l'a conduit jusqu'à la première de ces causée e « qu elle nous a donné la connaissance de la nature

« Ainsi on peut dire des sciences qu'elles remplissent un peu « trop l'esprit et qu'elles le façonnent trop à leur mode. ,, (2)

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L'utilisation Le prestige des théories nouvelles est tel, que le besoin s'est fait apologétique sentir d'y harmoniser la Genèse. C'est le travail de Pénélope que des sciences certains croyants reprendront toutes les fois que surgira un nouveau système du monde. Il ne prouve qu'une chose : le désir du savant chrétien d'unifier sa pensée.

Déjà Théodore Barin avait opéré cet ajustement dans Le monde naissant {!), interprétation cartésienne de la cosmogonie mosaïque. On y trouve la formation mécanique de l'Univers, la rotation de la terre. L'auteur s'aide des lumières de Descartes parce que, suivant les principes des disciples d'Aristpte, la création est hérissée de difficultés. Vallade dans un Discours philosophique sur la création et l'arrangement du monde (2) montre aussi tous les êtres, y compris les anges, créés par les lois de la communication des mouvements. Il y joint une explication de la Chute et du désordre de l'homme : l'âme tend aujourd'hui à détruire « la machine » que l'union de l'âme et du corps ne devait pas altérer. Les rapports étroits du fœtus avec la mère rendent inévitable la transmission du péché. Un élève de Rohault, Genest, fit un travail analogue en vers d'une platitude / horrible (3). On ne peut le comparer à VAnti Lucrèce du cardinal de Polignac dont l'exorde et quelques fragments parurent la même année (1716) (4). Ce poème latin, véritable tour de force littéraire du successeur de Bossuet à l'Académie, est la réfutation de l'épicurisme par l'exposé de la physique et, partiellement, de la métaphysique cartésienne. Il porte naturellement contre tous les athées ; Spinoza y est combattu (5). Il devait servir de préface à une défense en vers du christianisme qui est annoncée au livre 9. Mais comme il parut tardivement, à un moment où la physique de Descartes était abandonnée, il est permis de croire que son succès fut un succès de curiosité dû en grande partie à ses qualités littéraires (6).

1 Utrecht 1685, 12. Bayle, qui lui décerne quelques éloges, ajoute sans rire : « Il serait à souhaiter, que l'auteur portât sa philosophie cartésienne jusques à l'histoire de la tentation. >> (.N. r. l. déc 1685. p. 1308). V. Fabriciu^ : « Delectus argumentorum » p. 362. La première tentative de cet ordre est celle de Jean Amerpoel (de Groningue) auteur du « Cartesius mosaisans «. Leovardiae 1069. 12 (V. Hist. rép, let. t. IV, 332). Il y en eut d'autres. V. dans notre bibliographie : St Rambert 1713.

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