Paris Despilly
2. « Si la baleine fait son petit de la grosseur d*un taureau, l'on peut juger... de la capacité de sa gueule, puisqu'elle l'y reçoit tout le temps qu'elle l'allaite... La baleine de Jonas se trompa : elle le prit sans doute pour son baleinon. » Cette dissertation fut publiée dans Mém. Trév. sept. 1719, p. 1468-96.
3. Amst. Humbert 12. Serces, né en 1695 à Genève, mort à Londrrs en 1762, fut pasteur à A;ppleby, chef-lieu du comté de Westmoreland (N. O. de l'Angleterre), avant d'être aumônier de la chapelle royale de St- James à Londres.
4. V. infra § 6 le développement sua- les prophéties et les miracles.
DE BAYLE A VOLTAIRE
son respect, certains théologiens rajeunissent quelques-unes des thèses les plus dures à la raison humaine et creusent le fossé que d'autres, plus modernes ou plus habiles, essayaient de combler par des concessions.
Le problème de la vertu des païens était, chez les libres esprits, un point particulièrement sensible. Dans les interminables controverses sur la grâce, les jésuites inclinaient à croire que les païens vertueux n'étaient point damnés, les jansénistes tenaient l'opinion contraire. En 1701 Dupin publia un traité posthume d'Arnauld : « De la nécessité de la foi en J.-C. pour être sauvé, où on examine si les païens et les philosophes qui ont eu la connaissance d'un Dieu et qui ont moralement bien vécu ont pu être sauvés sans avoir la foi en J.-C. » (1). Cet ouvrage dirigé contre le ministre Montaigu, d'après lequel St-Clément aurait sauvé les païens philosophes, rétablissait naturellement la doctrine la plus rigoureuse d'Augustin. Autre chose est faire une action juste et la faire par esprit de justice. Leurs actions extérieurement bonnes étaient viciées par leur fin vaniteuse. D'ailleurs un seul vice anéantit la sainteté. Or le vice grec était commun parmi les philosophes (2). — Même note chez François Lamy dans ses Lettres théologiques et morales sur quelques sujets importants (1708) (3). Il y soutient, non sans embarras, que l'idéal des héros du stoïcisme est un idéal « créé ».
Loiseleur, dans sa 4* Proposition importante pour l'apologie de la religion (4), concède que les vertus des païens ne sont pas des péchés, mais elles ne méritent que des récompenses temporelles (5). Il enraye tous les eff*orts contemporains tentés pour adoucir le dogme. Avec une superbe insolente il humilie la raison aux yeux des moyenneurs, car J.-C. n'a pas promis l'infaillibilité à la raison mais à l'Eglise. Il maintient âprement l'intolérance, car la diversité est « une peste dans le christianisme et un flambeau de division dans les états politiques » (6). Les intransigeants de sa trempe commencent à faire figure de forcenés.
A côté d'eux, quelques esprits candides font sourire. Le bon Abbadie vieillissant (7) prouve la providence aux baylistes en
1. Paris Osmont 2 v. 8«. V. Hist. ouv. sav. [38] , 1702 p. 76.