Ib. t. II. 2« part
« uns des premiers exemplaires copiés sur Toriginal s'étant trou- « vés défectueux par la négligence ou la précipitation des copistes, « la plupart des copies qu'on en tira... se répandirent parce tout ))(1). Touchant l'antiquité des peuples de l'Orient il est aussi retardataire que Jaquelot. Il lui suffit de constater les divergences d'Hérodote et de Manéthon pour écarter les 36.875 ans auxquels les Egyptiens prétendent, car « la vérité est une et uniforme » (2). Il s'irrite contre les jésuites qui, au lieu de nous embarrasser avec les Annales chinoises, devraient les traduire et les critiquer.
En somme Calmet n'admet les conclusions modernes que dans un petit nombre de cas évidents, — par exemple sur la question des « Actes de Pilate » (3). Trésor de l'érudition catholique jusqu'à la fm du siècle, il sera un obstacle plutôt qu'un secours pour la défense du christianisme, car il s'est contenté de rafraîchir les vieilles démonstrations dont le fondement reste ruineux. Voltaire aura beau jeu à les détruire.
Et cependant Calmet paraîtrait presque un homme d'avantgarde quand on compare son exégèse à celle dont un autre bénédictin, le P. Martianay, donnait la théorie dans son Traité méthodique ou manière d'expliquer l'Ecriture par le secours des trois syntaxes, la propre, la figurée et l'harmonique (i). Cet ouvrage, destiné à combattre le mauvais exemple donné par Leclerc dans ses Commentaires, rétablissait le principe néfaste d'expliquer l'Ancien Testament par le Nouveau et, en cas de doute, de suivre la tradition.
Clairvoyance De son côté, un jésuite merveilleusement clairvoyant, dans un
de livre bien composé et bien écrit comme presque tous les ouvrages
Laubruôsel de la Société à cette époque, adjurait les critiques de s'arrêter au
seuil du terrain réservé. Le Traité des abus de la critique en