‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 144 sur 390 · Dissert. t. III · texte numérisé non relu

Dissert. t. III

4. C'est le S" de s«s Traités de la vérité et de la connaissance des livres de la S. Ecriture, Paris 1694-1704, 4 v. 12 ; rééd. ib. 1718. V. supra p, 52. Martianay a fait de sa méthode une application qui la condamne dans Vllarmonie analytique de plusieurs sens cachés et rapports inconnus de VA. et du N. T. 1709. ^-

Ni le P. Frassen : a Disquisitiones biblicœ y>, Paris 1682. 4«> ; Lucques 1769 fol. ; Venise 1781 ; ni le P. Alexandre : « Selecta historiée ecclesiasticœ capita / 1677-86, rééd. augm- sous le titre d'Historia ecclesiastica V. Novique Testamenti Paris 8 fol. et 28 v. 8», 1699 ; Lucques 1754 ; n'avaient, au direi de Fourmont qui est un juge informé, fait avancer la critique biblique. {Lettre de R. Ismaël ben Abraham à Vabbé Houteville, Paris 1722, 12, Préface).

DE BAYLE A VOLTAIRE

matière de religion (1), par le P. de Laubrussel, ne prétend pas contester les droits de la critique en général, mais elle ne peut s'exercer que sur les matières de sa compétence. Elle est limitée par la tradition de l'Eglise : possession vaut titre (2). Que les critiques s'amusent à des vétilles indifférentes, la numismatique par exemple, mais qu'ils respectent les choses saintes. Expliquez la géographie et la faune de l'Ecriture comme Bochart, fixez les justes dimensions de l'Arche de Noé comme Cunaeus{Z), mais ne touchez pas aux faits révélés comme Van Date, La Peyrère, comme Becker qui a nié la magie et les suggestions du diable. Pourquoi seuls parmi les fidèles les critiques ne feraient-ils pas le sacrifice de leur raison ? Quel mérite leur restera-t-il s'ils éclaircissent tout ? Mais ils n'éclairciront pas tout, et là est le danger le plus terrible : « s'il fallait qu'indépendamment de tout recours à « la Providence ou à l'autorité de l'église la vérité des monuments « de la foi se reconnût et se réglât par les oracles de la critique, « à quelles incertitudes serait-on livré ?^ Il ne resterait plus sans « mélange de doutes ni texte authentique de la Bible, ni dépôt « inviolable de la tradition, ni décrets certains des anciens « conciles, et dès là plus de règle de foi » (4).

En effet les ravages de la critique sont déjà visibles. L'abbé Fleuryib) se plaint « que les protestants l'ont outrée jusqu'à ne « laisser rien de certain et que la mauvaise émulation de paraître « savants a entraîné quelques catholiques dans cet excès ». Voyez le Dictionnaire de Bayle qui « fournit de quoi former le plus monstrueux assemblage d'obscénités, d'hérésies et d'athéisme » (6), l'Art critique de Leclerc qui insinue le mépris des Pères (7), le socinîanisme et la tolérance. « Quelques-uns n'ont-ils pas regardé « la république des lettres comme un pays de franchise où l'on « se permet de tout dire ? » (8). En ce qui touche les origines de l'église, la discipline, les rites, le culte de la Vierge, certains catholiques se sont approprié toute la critique protestante déjà ancienne en ces matières. Un Richard Simon a même pris à son compte la critique de la tradition.

Le jésuite sent admirablement que les ouvrages hérétiques, la

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