‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 163 sur 390 · T. II, p · texte numérisé non relu

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2. Saintyues : « Le discernement des miracles » (Nourry, 1909, 8») montre qu'il faut renoncer au discernement objectif du miracle, car la critique historique, scientifique, philosophique ainsi que la théologie critique ne fournissent aucune pierre de touche de L'action surnaturelle. Wendland : « Der Wunderylaube im Christentum » (Gœttingen 1910, 8«) est du même avis, mais, partisan de la liberté divine et humaine, il n'admet pas qu'on fasse des lois naturelles des entités métaphysiques. — V. comment Le Roy renouvelle cette question dans son profond Essai sur la notion du miracle. Annales de philos, chrét., oct.-déc. 1906.

3. « Véritablement celui dont il s'agit ici est sur le vrai ton de ce qu'on appelle maintenant le bon goût Ceux qui donnent aujourd'hui la loi dans l'empire des lettres ne peuvent proposer un modèle plus achevé dans son genre. » Juil. 1722, p. 1155 et 1181.

et les autres de quoi nourrir leurs préjugés (1). On en fît une parodie en Angleterre. L'auteur fut reçu à TAcadémie le 25 février 1723 (2). En même temps, les critiques élevaient la voix. Le Journal de Trévoux insérait au mois d'août 1722 une Lettre écrite en province, dont l'auteur reproche à Houteville un « laconisme de paroles » avec un « asiatisme de pensées ». L'exposé des objections déistes est inutile : il vaut mieux prévenir que guérir. La doctrine sur le miracle est inquiétante. « J'ai craint de voir l'au- « teur adopter la réalité du spinozisme pour donner au spino- « zisme l'appareil et le langage du christianisme » (3).

Fourmont dans un écrit anonyme (4) relève, sur le ton discourtois propre aux gens d'étude, la nullité de l'érudition juive d'Houteville. Les rabbins sont beaucoup plus forts qu'il ne pense ; ils cnt sur les prophéties des objections redoutables. Mais avec l'enseignement païen des collèges, des hommes comme Pascal n'ont rien de la culture nécessaire pour défendre la religion ; ils tombent dans des mystagogies ridicules. Presqu'aucun catholique français ne connaît les langues orientales et les controverses du judaïsme. Les Pères, fort bons contre les païens, ne valaient rien contre la synagogue. Ils croyaient s'en tirer avec des sens mystiques et des citations mal appliquées. On les imite encore, et surtout Augustin dont l'exemple est néfaste.

Ce sera l'œuvre des apologistes suivants de fortifier ce point faible, car la littérature rabbinique va devenir un arsenal pour les philosophes.

La critique la plus complète fut celle de Hognant et Desfonlaines (5), à qui Houteville répondit dans la préface de sa seconde édition. Elle est juste dans l'ensemble, quoique mesquine dans les détails et sur un ton de magister insupportable. — L'ordre adopté par l'apologiste laisse à désirer, disent ces messieurs : avant d'aborder les miracles qui ne nous sont connus que par l'évangile,

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